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RDC

Un hélicoptère de l'ONU touché par des tirs rebelles dans l'est de la RDC

Des soldats de la Force pour la Mission de stabilisation des Nations Unies au Congo (MONUSCO) photographiés devant un hélicoptère des Nations Unies à Bunagana, Nord-Livu, le 19 mai 2012.

Un hélicoptère de la Mission de l'ONU a été touché jeudi par des tirs des rebelles musulmans ougandais (ADF) dans l'est de la République démocratique du Congo sans faire de victimes parmi les Casques bleus, selon des sources onusiennes.

"Un de nos hélicoptères a essuyé des tirs dans la vallée de Semuliki par des rebelles, nous avons réagi dans le cadre de la légitime défense. L'appareil a pu se poser sans problème mais il a été touché", a déclaré à l'AFP le général Bernard Commins, numéro 2 de la Force de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco).

Des Casques bleus mènent une opération militaire conjointe avec l'armée congolaise contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) depuis le 12 novembre dans la région de Beni, une zone riche en coltan, située dans la province du Nord-Kivu. Les ADF sont des rebelles musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995

Selon l'ONU, huit Casques bleus ont été tués et 12 autres blessés le 14 novembre dernier dans le cadre de cette opération. Douze membres des forces armées congolaises ont également trouvé la mort au cours de cette opération.

En décembre 2017, quinze Casques bleus tanzaniens ont été tués dans l'attaque de leur position à Semuliki (plus à l'est, vers la frontière avec l'Ouganda) par des ADF.

Opposés au président ougandais Yoweri Museveni, mystérieux et repliés sur eux-mêmes, vivant dans la jungle, les ADF n'ont jamais lancé d'attaque d'envergure contre l'Ouganda mais sont tenus responsables de la mort de plusieurs centaines de civils depuis fin 2014.

La Monusco, forte de quelque 17.000 Casques bleus, est l'une des plus importantes missions de paix menées par l'ONU dans le monde.

Avec AFP

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La société civile congolaise veut sa part de la redevance minière

Une mine de cuivre à ciel ouvert à 110 kilomètres au nord-ouest de Lubumbashi, dans le sud de la RDC.

La société civile de la République démocratique du Congo a demandé un meilleur partage des richesses tirées de l'exploitation des mines lors d'une rencontre mercredi et jeudi à Lubumbashi (sud-est), la capitale économique de l'industrie extractive.

Dans la province de Lubumbashi, le Lualaba, "116 millions de dollars (de redevance minière) ont été versées depuis deux ans", a déclaré un représentant de la société civile dans cette région du Katanga première productrice mondiale de cobalt.

Dans son intervention,l'archevêque de Lubumbashi Jean-Pierre Tafunga a constaté que des "entités territoriales décentralisés" utilisaient bien la redevance minière, mais que d'autres l'ont "détourné de son objectif initial, qui est le financement des projets de développement communautaire", selon un résumé de cette rencontre Alternative Mining Indaba lu par un participant.

L'homme d'église a demandé des "solutions concrètes pour faire de la redevance minière une porte de développement réel".

L'église s'était "réjouie" de la révision du code minier en mars 2018, a-t-il rappelé.

En réponse, le ministre des mines Willy Kitobo Samsoni a indiqué qu'un projet de loi était à l'étude pour fixer "les modalités pratiques de gestion" de la redevance minière versées aux provinces.

Les participants ont aussi constaté que la pandémie de Covid-19 "n'a pas eu un impact négatif majeur sur la filière d'exploitation industrielle et sur la redevance minière, à l'exception de la filière diamantifère au Kasaï oriental", selon le résumé de la rencontre.

Le FMI envisage cependant une récession de –2,2% en 2020 pour la RDC, contre une croissance de 4,4% en 2019.

Malgré la richesse des sous-sols de la RDC, "en 2018, 72 % de sa population vivait avec moins de 1,9 dollar par jour, surtout dans les régions du Nord-Ouest et des Kasaï", selon la Banque mondiale.

Encouragé par les Etats-Unis, le président Félix Tshisekedi a promis de lutter contre la corruption et le mauvais "climat des affaires" qui bloquent le développement du potentiel économique du pays. Il s'agit, entre autres, du harcèlement administratif sur les entrepreneurs, des détournement de fonds, et de la multiplication des taxes.

A Goma, un palace et de l'énergie à revendre pour tourner la page des groupes armés

Une vue générale de l'hôtel Serena à Goma le 16 octobre 2020.

Une chambre simple à 250 dollars: c'est le ticket d'entrée pour une nuit au Serena, premier palace cinq étoiles qui vient d'ouvrir à Goma, la capitale du Nord-Kivu dans l'Est de la République démocratique du Congo, qui veut tourner la page de la violence des groupes armés.

Plus de 100 chambres de luxe, avec vue idyllique sur la piscine et le lac Kivu, centre de conférence, restaurants, salle de sport, spas: ouvert mi-septembre, le palace est le premier hôtel géré en RDC par la chaîne panafricaine haut de gamme Serena, dont le Fonds Aga Khan pour le développement économique est actionnaire majoritaire.

"Généralement, les gens perçoivent cette région comme une zone de guerre", regrette le manageur kényan, James Nzavwala, qui mise au contraire sur une clientèle d'affaires et le "potentiel touristique" du parc des Virunga voisins (volcans, gorilles).

Le directeur général kenyan James Nzavwxala fait des gestes à son hôtel Serena à Goma le 16 octobre 2020.
Le directeur général kenyan James Nzavwxala fait des gestes à son hôtel Serena à Goma le 16 octobre 2020.

A la frontière du Rwanda, proche de l'Ouganda et de la Tanzanie, Goma se trouve au coeur des deux provinces du Nord et du Sud-Kivu où des dizaines de groupes armés entretiennent l'insécurité pour le contrôle des ressources (terres, minerais, bois) depuis les deux guerres du Congo (1996-2003).

Epargnée par les milices depuis 2012-2013, Goma connaît des problèmes d'insécurité urbaine dans ses quartiers périphériques, loin des zones résidentielles sur les bords du lac, fief des Nations unies et des ONG.

Politique et business

La construction de l'hôtel Serena a pris dix ans, grâce à l'investissement de l'homme d'affaires le plus influent de Goma: Vanny Bishweka.

Taille moyenne, élégance discrète, cet homme de 55 ans possède déjà un hôtel sur les bords du lac, l'Ilhusi, ouvert en 2002, année d'une éruption du volcan Nyiaragongo qui a fait une centaine de morts.

Ihusi est aussi le nom de sa société de canaux rapides qui traversent en trois heures le lac Kivu jusqu'à Bukavu, via la magnifique île d'Idjwi.

L'homme d'affaires congolais Vanny Bishweka sourit à son hôtel Serena à Goma, dans l'est de la RDC, le 16 octobre 2020.
L'homme d'affaires congolais Vanny Bishweka sourit à son hôtel Serena à Goma, dans l'est de la RDC, le 16 octobre 2020.

Patron de deux stations-service, M. Bishweka est le partenaire d'une firme tunisienne, EPPM, pour exploiter le gaz méthane du lac.

Ancien quincailler, l'homme d'affaires est réputé proche de l'ancien président Kabila, ce qu'il dément: "Il y a la politique, et il y a le business". Une frontière pas toujours si étanche en RDC.

Il y a quelques mois, le magnat de Goma a senti souffler le vent de la lutte anti-corruption revendiquée par le nouveau président Félix Tshisekedi.

Développer les PME

Un de ses associés, le directeur général de la Société congolaise de construction (Sococ, travaux publics), Modeste Makabuza, a été condamné en juin à un an de prison pour détournement de fonds.

"Je ne sais pas si ce sont des détournements", avance M. Bishweka, qui affirme ne pas avoir été inquiété. "Je suis actionnaire à 35%. C'est lui le directeur général".

Plaque tournante de la vie des affaires à Goma, "Vanny" est également actionnaire à 20% d'un nouveau "business" qui change la vie des jeunes entrepreneurs depuis deux ou trois ans: les réseaux locaux de distribution d'électricité.

Sa Société congolaise d'eau et d'électricité (Socodée) achète et distribue une partie de l'électricité produite par Virunga Energie, une filiale du parc des Virunga.

Virunga Energie a construit ces dernières années quatre centrales hydro-électriques dans l'arrière-pays de Goma, avec le soutien de l'Union européenne.

Virunga Energie veut soutenir le développement d'"un réseau de PME", pour "créer des emplois", résume une récente note de l'ambassade de France.

Grâce à l'énergie, une vingtaine de petites entreprises (boulangerie, couveuses d'oeufs de poussins, fabrication de charbon de bois...) se sont installées depuis un an dans la zone d'activité de Shaero, à la sortie de Goma.

"Coquille vide"

Débordante d'énergie, la ville compte aussi plusieurs incubateurs de starts-up comme Kivu entrepreneurs, qui s'enorgueillit de la réussite de Kivu Green (application de mise en relation d'agriculteurs de la région avec des consommateurs de Goma).

"On a besoin de 75.000 dollars d'investissements", a lancé le fondateur, Chris Ayale, mi-octobre lors d'un forum des jeunes entrepreneurs.

Ils ont exposé leurs "business plans" et surtout leurs rêves devant le patron de l'Agence national pour la promotion des investissements (Aanpi), un organisme d'Etat qui promet d'ouvrir très vite une antenne à Goma.

Ouverte il y a trois ans, l'antenne locale de la Chambre franco-congolaise du commerce et de l'Industrie est elle une "coquille vide", soupire un expert.

La région fait encore peur aux investisseurs. Aux portes de l'Afrique de l'Est anglophone, Goma dispose pourtant d'un aéroport international et d'une liaison régulière avec Addis Abeba. "Nous avons besoin de tout le monde pour notre ville", affirme son magnat, Vanny Bishweka.

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