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Togo

Un entrepreneur togolais produit du vin à base de fruits

L'entrepreneur Kanyi Ben (à g.) lors d'une séance de dégustation de son vin à base de fruits à Lomé, Togo, juillet 2022.

Ce vin Made in Togo est obtenu à partir de fruits comme la pastèque, l’ananas, l’orange, le melon. Sa couleur rouge vient des fleurs d’hibiscus.

Au Togo, les jeunes se lancent dans la transformation des produits agricoles. C’est l’exemple du projet de vin à base de fruits porté par le jeune entrepreneur Kagni Ben. Une idée originale, pour lutter contre le pourrissement des fruits en période d’abondance.

C’est un projet qui vise surtout à apporter une valeur ajoutée à l’économie locale. Et pour les amateurs de vin comme Abi Food, ce vin produit localement est sans conteste un pur délice.

"C’est un vin fait à base de fruits. Il a un goût moelleux, ce n’est pas agressif sur la langue. En plus je l’ai bu avec des amis pour mon anniversaire. Il y en a un qui m’a même demandé: c’est possible de faire du vin au Togo ? Je lui ai dit oui, c’est possible !", s’exclame-t-elle.

En effet, le vin togolais est obtenu à partir de fruits comme la pastèque, l’ananas, l’orange, le melon. Sa couleur rouge lui vient des fleurs d’hibiscus. Un vin naturel, avec des ingrédients locaux. Une idée développée par Kangni Ben, depuis plus de 6 ans.

Un entrepreneur togolais fabrique un vin naturel à base de fruits
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"L’idée m’est venue d’une frustration: je devais me prendre en charge. C’est-à-dire concilier l’école et en même temps un business. Je me suis fait former en transformation agricole, notamment en fermentation. La motivation de transformer les fruits est née d’une autre frustration de voir les fruits pourrir en période d’abondance. Je me suis dit: j’ai appris à fermenter des fruits pourquoi ne pas monter un projet? Nous avons commencé l’expérience entre amis à fermenter le bissap. C’est après que nous avons eu l’idée de spécifier avec les fruits", mentionne le jeune entrepreneur.

C’est surtout un vin naturel sans additif ni colorant chimique produit grâce à une technique bien précise, explique Kagni Ben.

"La méthode utilisée est la pasteurisation. Nous faisons une production à chaud, nous conservons le vin à chaud. Après la conservons nous passons à l’étape de refroidissement. Après cela le vin est conservé dans un endroit bien sec et bien aéré. On passe à une étape de refermentation de deux semaines à un mois, avant de commencer la mise en vente", précise-t-il.

En plus d’être produit localement, c’est un vin qui aide à la digestion, selon Amina Ouro-Agoro, qui en a fait un produit indispensable à son alimentation.

"Il me permet de bien diriger, et ça m’aide beaucoup dans mon alimentation. C’est très bon et naturel en plus", se réjouit-elle.

En plus de plaire, l’initiative contribue également à l’économie locale. Comme dit l'adage: à consommer avec modération.

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Le Japon finance l'agriculture togolaise; la Chine se retire de la bourse américaine

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Les Togolais sensibilisés sur les méfaits de la déforestation

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Dans le village d'Ando-Kpomey, au nord de Lomé, pendant des années, les habitants ont coupé les arbres d’une forêt de plus de 105 hectares, pour le bois de chauffage et faire du charbon de bois. Maintenant, les notables de la ville sensibilisent les habitants sur les méfaits de la déforestation.

Safir Kpé, prophétesse du "Femi-slam", prêche la cause féminine à Lomé

Safir Kpé, slameuse togolaise.

Au Togo, le slam se conjugue au féminin grâce à une nouvelle génération de femmes artistes engagées, dont la jeune slameuse Safir Kpé.

La vingtaine, ses rimes sont comme des pistolets chargés pour dire non aux injustices que vivent les femmes. Pour marquer son engagement, la jeune artiste Safir Kpé a lancé le concept "Femi-slam", ou le slam au féminin. Engagée pour la cause féminine, la slameuse togolaise utilise son art depuis quatre ans.

Regard perçant, sourire aux coins des lèvres, dans sa tenue traditionnelle, Safir Kpé n’a aucun mal à retenir l’attention du public lors de ses prestations sur scène.

Mais sous cette apparence simple, se cache une femme de poigne, une femme qui ne mâche pas ses mots. Comme elle le raconte, sa rencontre avec le slam a été la révélation de son talent.

"Une soirée comme par hasard je suis tombée sur une émission radio où des slameurs disaient leurs textes. Je suis tombée amoureuse du slam et je me suis investie une lettre après l'autre poursuivant mon unique objectif : penser, panser nos maux", dit-elle.

"Femislam": à Lomé, le slam se conjugue au féminin
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Amour du verbe

De son vrai nom Misséagbéto Mawuli, Safir Kpé est une amoureuse des mots, convaincue que les rimes, les vers peuvent être des armes idéales pour combattre les maux qui minent nos sociétés. Son nom de scène, Safir Kpé, qui veut dire la pierre de saphir en français, elle l’a choisi pour simplement dire qu’elle est une femme de valeur, une manière à elle aussi de dire que chaque femme prise individuellement est précieuse.

Avec son concept "Femi-slam" qui vise à donner la parole à la femme pour parler de la condition des femmes en Afrique, la jeune artiste ouvre le champ à la féminisation du slam au Togo.

"Fémi-slam, c'est tout simplement du slam au féminin. Autrement des femmes claquant des mots contre leurs maux et les maux de l'univers", explique la slameuse.

Safir Kpé façonne son imaginaire artistique dans la langue Ewe, sa langue maternelle. Langue dans laquelle elle slame pour se faire entendre, marquer sa singularité tout en mettant un caractère identitaire à chacun de ses textes. Mais elle utilise aussi d’autres langues comme le français, l’anglais ou encore l’allemand dans ses créations.

"Le hasard n'existe pas: le slam m'a juste courtisée quand j'étais encore frappée de cécité mais épris de moi, les moyens pour me séduire ne lui ont pas manqué", dit-elle.

Les Togolais aspirent au rapatriement du patrimoine volé durant la colonisation

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Lutter contre la pauvreté et la déforestation, le défi du Togo

"A l’intérieur du pays, il n’y a pratiquement plus de forêt. On a tout détruit pour le bois de chauffage et la fabrication du charbon", s’alarme Sébastien Balouki, de Reboisons vite le Togo (RVT).

Chaque année, 5 millions d'arbres sont détruits au Togo où 90% des ménages utilisent le bois de chauffe et le charbon de bois comme sources d'énergie pour cuisiner, le gaz étant financièrement hors de portée.

Jour et nuit, Komlatsè Koto veille avec un comité de vigilance sur la forêt de leur village du sud du Togo, pour éviter qu'un jour elle ne se transforme en une immense clairière ou ne disparaisse totalement. Car pendant des années, les habitants du village d'Ando-Kpomey, à 65 km au nord de Lomé, ont coupé anarchiquement les arbres de cette sylve équatoriale de plus de 105 hectares, pour le bois de chauffage et la fabrication de charbon de bois.

"Le comité de développement veille au grain. Les notables sensibilisent régulièrement les habitants sur les méfaits de la déforestation", confie Komlatsè Koto, garant de cette forêt qui ceinture ce village de 500 âmes.

Chaque année, le Togo subit une perte de près 3.700 hectares de dégradation des forêts, soit plus de 5 millions d'arbres détruits, selon le ministère de l'Environnement. C'est un taux de déforestation très élevé dans la région ouest-africaine et qui s'est accéléré ces dernières années.

Quelque 90% des ménages au Togo utilisent le bois de chauffe et le charbon de bois comme sources d'énergie pour cuisiner. Financièrement, le gaz leur est hors de portée. Et encore plus depuis l'offensive russe en Ukraine, qui a fait s'envoler son prix.

"La situation est très critique. A l’intérieur du pays, il n’y a pratiquement plus de forêt. On a tout détruit pour le bois de chauffage et la fabrication du charbon. Il faut vite agir", s’alarme Sébastien Balouki, directeur exécutif de l’ONG Reboisons vite le Togo (RVT).

Et pourtant, il existe bien "une loi qui protège nos ressources forestières et les sanctions varient en fonction de l’ampleur de la destruction", explique un cadre du ministère de l’Environnement qui a requis l’anonymat.

Un milliard de plants

Le code forestier voté en 2008 prévoit des peines allant d’un mois à deux ans de prison et des amendes de 20.000 à 1 million de francs CFA (30 à 1.500 euros) en cas d'infractions. Mais dans ce pays où 60% de la population rurale vit dans la plus grande pauvreté et où les sources d'énergie alternatives sont encore peu développées, difficile de faire appliquer la loi, avoue le fonctionnaire.

Le Togo n'est pas une exception sur le continent: près d'un milliard d'Africains n'ont pas accès à une source d'énergie propre pour cuisiner, selon un rapport de la fondation Mo Ibrahim publié en 2022. Selon le même rapport, la pollution de l'air générée par ce manque d'accès est responsable chaque année de la mort prématurée d'un demi-million d'Africains.

Après des années de laisser-aller, "le gouvernement a finalement entendu nos cris de détresse, en décrétant une campagne de reboisement", se réjouit M.Balouki. L’opération de reboisement a démarré le 1er juin et s’étale sur toute l’année. Au moins 23 millions de plants doivent être mis en terre en 2022 sur l’ensemble du pays. Objectif principal visé par les autorités: atteindre d’ici 2030 un milliard de plants.

"Notre ambition est d'atteindre 25% de couverture forestière", a affirmé le ministre des Ressources forestières, Katari Foli-Bazi. Pour motiver les Togolais, le gouvernement a décerné des prix aux trois meilleurs reboiseurs de toutes les régions du pays. Mais reboiser ne suffit pas, il faut surtout ralentir la déforestation. Se tourner vers le gaz reste inabordable pour l'heure, alors il faut trouver des alternatives.

Foyers améliorés

Ainsi, les autorités se sont lancées dans une campagne de vulgarisation des foyers améliorés, des cuiseurs fabriqués localement et très économiques en consommation de charbon de bois.

"Il est aujourd’hui impossible d’interdire l’utilisation du charbon dans les ménages: il faut plutôt une alternative pour réduire l’impact de la déforestation à travers la gestion écologique de l’utilisation du charbon et du bois de chauffe", souligne M.Balouki. "Et l’expérience a montré que les foyers améliorés permettent de réduire considérablement cette pression exercée sur les arbres", ajoute le directeur de l'ONG.

Ces foyers, produits localement et dont les prix varient entre 5.000 et 25.000 F.CFA (8 et 40 euros), sont fabriqués à l’aide de feuilles de tôles galvanisées recyclées et de céramique. En avril 2021, le gouvernement en a distribués 1.500 dans les sept écovillages du pays dont Ando-Kpomey. L'objectif est d'atteindre dix autres villages d’ici 2025 et 500 en 2050.

A Ando-Kpomey, les foyers énergivores d'antan ont été délaissés. Rebecca Agbogla prépare désormais le repas sur son foyer amélioré posé à même le sol devant sa case. "J’utilise deux fois, voire trois fois moins de charbon de bois en une semaine qu'avec notre foyer en terre cuite", se réjouit cette mère de famille. Plus qu'une alternative écologique, pour Rebecca Agbogla, c'est d'abord une source d'économie.

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