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Mali

Un des principaux chefs de l'ex-rébellion malienne assassiné

Sidi Brahim Ould Sidati, membre du Mouvement arabe de l'Azawad, signe la version amendée de l'Accord algérien au nom de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) à Bamako, le 20 juin 2015.

Un des principaux chef des ex-rebelles du nord du Mali, Sidi Brahim Ould Sidati, président en exercice de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), a été assassiné par balles mardi matin à Bamako, ont indiqué le porte-parole de la CMA, un proche et un médecin.

"Nous venons de perdre notre président Sidi Brahim Ould Sidatt (pour Sidati) assassiné ce matin à Bamako", a dit sur les réseaux sociaux Almou Ag Mohamed, porte-parole de la CMA, alliance composée essentiellement d'anciens groupes armés indépendantistes touareg et nationalistes arabes qui ont combattu les forces maliennes dans le Nord à partir de 2012 avant de signer un accord de paix en 2015.

Sidi Brahim Ould Sidati avait signé au nom de la CMA cet accord avec le gouvernement malien et une coalition de groupes armés alliée à ce gouvernement, la Plateforme, pour restaurer la paix. L'application de cet accord est considérée comme capitale pour sortir le Mali de la crise dans laquelle il s'enfonce, mais se fait toujours attendre.

On ignore les causes de son assassinat.

"Mon oncle a été victime ce matin d'un assassinat à son domicile. On a tiré sur lui. On l'a amené dans une clinique, mais il n'a pas survécu", a dit à l'AFP l'un de ses neveux.

Un médecin de la clinique a confirmé sa mort sous le couvert de l'anonymat.

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Le Premier ministre chargé d'une "ouverture" du gouvernement malien

Moctar Ouane, Premier ministre de transition le 16 janvier 2009.

Le Premier ministre malien Moctar Ouane a présenté vendredi la démission de son gouvernement et a été chargé de former un nouveau cabinet de "large ouverture", dans un climat social dégradé et à moins d'un an d'importantes échéances électorales, a-t-on appris auprès de la présidence malienne.

Le Premier ministre, un ancien diplomate qui dirige le gouvernement de transition mis en place fin septembre après le putsch du mois d'août, a présenté dans la matinée la démission de son équipe au président de transition, Bah Ndaw, un colonel à la retraite, a indiqué sur Twitter la présidence.

M. Ouane a été immédiatement reconduit dans ses fonctions, selon la même source.

"Les échanges entre le président et le Premier ministre ont commencé hier soir sur une éventuelle ouverture du gouvernement", a expliqué à l'AFP un conseiller du président s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Moctar Ouane "doit former un gouvernement de large ouverture en tenant compte de certaines recommandations du président, qui a écouté la classe politique, les forces vives et les leaders religieux la semaine dernière", a-t-il ajouté.

"Le Premier ministre vient de commencer les consultations pour la formation de la nouvelle équipe gouvernementale", a confirmé un proche du Premier ministre ayant également requis l'anonymat.

Les militaires qui ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020, et qui continuent à dominer les autorités de transition installées en septembre-octobre, se sont engagés à rendre au bout de 18 mois le pouvoir à des civils élus.

Un calendrier électoral vient d'être annoncé, avec un premier tour d'élections présidentielle et parlementaires le 27 février 2022, ainsi qu'un référendum constitutionnel le 31 octobre précédent.

Le doute persiste toutefois quant à leur capacité à tenir leur programme, a fortiori dans un contexte où les violences jihadistes et autres continuent sans relâche, où la contestation politique se fait jour à nouveau et où s'accumulent les signes de grogne sociale.

Le Mouvement du 5-Juin, collectif qui fut en 2020 le fer de lance de mois de contestation achevés par le putsch, a réclamé la semaine passée la "dissolution" du gouvernement de transition, ou encore la "relecture" d'un important accord de paix avec certains groupes armés.

Le plus grand syndicat du pays, l'UNTM, a pour sa part déposé un préavis pour une grève de quatre jours à partir de lundi prochain, reconductible.

Le médiateur des Etats d'Afrique de l'Ouest au Mali, l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, a indiqué mercredi à Bamako que les autorités risquaient de devoir fixer des priorités étant donné le peu de temps qui leur reste pour mener à bien cette transition.

M. Jonathan a appelé tous les acteurs à travailler "main dans la main". Dans une période aussi délicate, "l'intérêt supérieur du Mali est ce qui doit prévaloir", et "n'adoptons pas des positions extrêmes", a-t-il déclaré.

Des jihadistes accusés de viol près d'Ansongo dans le nord malien

Alhader Ag Almahmoud, un berger touareg de 30 ans dont la main droite a été amputée par un groupe islamiste à Bamako, au Mali, le 20 septembre 2012. (Archives)

La récente amputation par des jihadistes présumés dans le nord du Mali d'hommes accusés de vol "rappelle les horreurs" de la mainmise de groupes liés à Al-Qaïda en 2012, s'est indignée jeudi la Mission de l'Onu (Minusma) qui a offert son aide.

Des hommes armés ont rassemblé la foule le 2 mai lors du marché hebdomadaire de Tin Hama, près d'Ansongo (Nord), et lui ont présenté trois hommes qualifiés de voleurs, auxquels ils ont coupé la main droite et le pied gauche, selon des informations recueillies auprès d'interlocuteurs locaux informés s'exprimant sous le couvert de l'anonymat pour des raisons de sécurité.

Les hommes armés sont présumés appartenir au groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS), une des principales organisations jihadistes du Sahel, a dit la Minusma dans un communiqué.

La Minusma condamne des agissements rappelant "les horreurs qui ont marqué la crise de 2012".

Des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda s'étaient livrés à des amputations, des lapidations, des flagellations et des exécutions publiques au nom d'une interprétation rigoriste de la loi islamique dans les grandes villes du Nord, tombées entre leurs mains en mars-avril 2012 jusqu'à l'intervention militaire française lancée en janvier 2013.

Les jihadistes s'emploient à apparaître auprès des populations comme administrant la justice dans de vastes étendues du territoire malien échappant à tout contrôle de l'Etat, selon les analystes.

Les victimes de cette amputation publique sont présumés être des "coupeurs de route" qui auraient attaqué un camion de transport sur la route Ansongo-Ménaka, selon les mêmes interlocuteurs informés.

"De tels châtiments corporels exécutés par des groupes armés en dehors de tout cadre légal sont de graves atteintes aux droits de l'Homme, y compris le droit de tout être humain à un procès juste et équitable devant un tribunal régulièrement constitué", a dénoncé le nouveau chef de la Minusma, El-Ghassim Wane, cité dans le communiqué.

La Minusma est prête "à soutenir les enquêtes en cours des autorités maliennes pour combattre l'impunité et veiller à ce que les auteurs de ces actes soient traduits devant la justice", dit-il.

La Minusma a ajouté enquêter elle-même sur les faits et déployer des moyens pour renforcer la protection des populations.

Par ailleurs, une attaque par des hommes armés non identifiés contre un détachement de la Force spéciale antiterroriste malienne a fait un mort dans les rangs de cette dernière et trois dans ceux des assaillants mercredi soir près de Tominian (centre), a indiqué un responsable sécuritaire.

Crise malienneL la CEDEAO s'inquiète du retour des crispations politiques

Crise malienneL la CEDEAO s'inquiète du retour des crispations politiques
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Crise malienne : les Etats ouest-africains prônent le réalisme

L'ancien président du Nigéria médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne est à Bamako.

Le médiateur des Etats d'Afrique de l'Ouest au Mali a indiqué mercredi que les autorités risquaient de devoir fixer des priorités étant donné le peu de temps qui leur reste pour mener à bien une transition censée ramener les civils au pouvoir début 2022.

"Un aspect crucial qui devrait guider un gouvernement qui dispose de très peu de temps, c'est la gestion de ce qui est idéal et de ce qui est faisable dans le délai imparti", a dit devant la presse à Bamako Goodluck Jonathan, médiateur de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) dans la crise malienne.

M. Jonathan a mené de dimanche à mercredi une mission d'évaluation de la transition ouverte après le putsch du 18 août 2020. Les militaires qui continuent à dominer les autorités de transition installées en septembre-octobre se sont engagés à rendre au bout de 18 mois le pouvoir à des civils élus.

Les autorités viennent d'annoncer un calendrier électoral, avec un premier tour d'élections présidentielle et parlementaires le 27 février 2022, ainsi qu'un référendum constitutionnel le 31 octobre précédent.

Le doute persiste quant à leur capacité à tenir leur programme, a fortiori dans un contexte où les violences jihadistes et autres continuent sans relâche, où la contestation politique se fait jour à nouveau et où s'agrègent les signes de grogne sociale.

Un membre de la délégation de M. Jonathan et haut responsable de la Cédéao, Francis Béhanzin, a paru envisager que les autorités renoncent à certains objectifs.

La mission leur a demandé "de voir les réformes prioritaires qui pourraient être engagées, parce que 18 mois, c'est très peu (et que) nous sommes déjà au bout de 10 mois", a-t-il dit l'AFP. Il s'agirait de "faire une hiérarchisation des priorités, voir si une révision constitutionnelle est possible, voir si le découpage territorial est possible. Et mettre en place les lois électorales qui pourraient permettre d'avoir une élection crédible", a-t-il dit.

Le communiqué final de la mission exprime la "satisfaction" du médiateur devant "des progrès remarquables réalisés" dans la mise en oeuvre des recommandations de la Cédéao.

Mais, devant la presse, M. Jonathan a exprimé sa préoccupation face à la résurgence de crispations politiques.

Le Mouvement du 5-juin, collectif qui fut en 2020 le fer de lance de mois de contestation achevés par le putsch, a réclamé la semaine passée la "dissolution" du gouvernement de transition, ou encore la "relecture" d'un important accord de paix avec certains groupes armés.

M. Jonathan a appelé tous les acteurs à travailler "main dans la main". Dans une période aussi délicate, "l'intérêt supérieur du Mali est ce qui doit prévaloir", et "n'adoptons pas des positions extrêmes", a-t-il déclaré.

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