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Un défenseur des droits de l'Homme gracié au Soudan, veut poursuivre son combat


Moudawi Ibrahim Adam, minent défenseur des droits de l'homme soudanais et professeur d'ingénierie à l'Université de Khartoum. 2017. (Twitter/#Freemudawi)

Un éminent militant soudanais tout juste libéré de prison après une grâce présidentielle a promis de poursuivre son combat, affirmant que défendre les droits de l'Homme "n'est pas un crime".

Moudawi Ibrahim Adam, professeur d'ingénierie à l'Université de Khartoum, a indiqué dans une interview à l'AFP qu'il avait pu être libéré grâce aux pressions de groupes de défense des droits de l'Homme au Soudan et à l'étranger.

Il avait été arrêté en décembre 2016 dans le cadre d'une campagne de répression visant des militants et des responsables de l'opposition.

A son procès, M. Adam était accusé d'avoir mené des activités d'espionnage au profit d'ambassades étrangères en contrepartie d'argent et d'avoir écrit que les forces de sécurité avaient fait usage d'armes chimiques dans des conflits au Soudan.

"Je crois en la défense des droits de l'Homme, c'est cela qui est important et ce n'est pas un crime", a affirmé M. Adam, lauréat de nombreux prix internationaux, qui s'exprimait chez lui dans la ville d'Omdurman, sur la rive ouest du Nil près de Khartoum.

"Les droits de l'Homme sont violés non seulement par les autorités mais aussi par les groupes armés, et nous devons lutter contre ceux qui commettent ces abus."

M. Adam avait été arrêté en décembre lors d'un coup de filet contre des leaders et des militants de l'opposition, pendant des manifestations contre la hausse des prix. Il a été libéré mardi après une grâce présidentielle dont ont bénéficié cinq autres militants.

"Il est impliqué dans la gestion d'une organisation criminelle et dans des activités d'espionnage au profit d'ambassades étrangères en échange d'argent", avait indiqué en juin le procureur Babikir Abdel Latif dans un communiqué.

M. Adam était également poursuivi pour avoir "publié des mensonges sur l'utilisation d'armes chimiques (par les forces gouvernementales contre les rebelles dans les zones de conflit au Soudan, ndlr) et avoir porté atteinte à l'image de l'Etat", selon le procureur.

Mais le défenseur des droits de l'Homme assure que le parquet n''avait "pas de preuves" contre lui.

"Ils ont exagéré et amplifié les choses. Le seul moyen possible de les faire reculer était une intervention directe du président (Omar el-Béchir)", a affirmé M. Adam qui avait observé une grève de la faim en prison.

M. Adam --qui travaille sur les droits de l'Homme depuis plus de 30 ans-- a été arrêté à plusieurs reprises. Le gouvernement a même fermé une organisation pour le développement qu'il dirigeait en 2009.

Avec AFP

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