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La société civile sénégalaise prévoit de nouvelles manifestations

Les forces de sécurité prennent position le 5 mars 2021 lors d'affrontements avec des partisans du leader de l'opposition Ousmane Sonko, qui a été arrêté suite à des accusations d'agression sexuelle, à Dakar, au Sénégal.

Le Sénégal va au-devant de nouvelles journées à hauts risques à partir de lundi, un collectif formé après l'arrestation du principal opposant au pouvoir ayant appelé samedi à de nouvelles manifestations.

Après avoir connu pendant trois jours ses pires troubles depuis des années, le pays habituellement considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest et sa capitale Dakar ont connu une relative accalmie samedi, jour de relâche d'ordinaire.

Des actes de saccage et de pillage ont cependant continué à être rapportés, y compris contre des enseignes françaises.

La tension n'est pas retombée pour autant. Le collectif Mouvement de défense de la démocratie (M2D), comprenant le parti de l'opposant arrêté, des partis d'opposition et des organisations contestataires de la société civile a appelé "à descendre massivement dans les rues" à partir de lundi.

Le même jour, le député Ousmane Sonko, dont l'arrestation a mis le feu aux poudres mercredi, doit être présenté à un juge. La décision du magistrat de le relâcher ou de l'écrouer s'annonce lourde de conséquences.

Ousmane Sonko, le 3 février 2019.
Ousmane Sonko, le 3 février 2019.

Le collectif réclame "la libération immédiate de tous les prisonniers politiques illégalement et arbitrairement détenus", le rétablissement du signal suspendu de deux chaînes de télévision accusées d'avoir diffusé "en boucle" des images des troubles, et une enquête sur ce qu'il appelle un "complot" du pouvoir.

Usure

Le collectif, donnant lecture d'un communiqué dans les locaux du parti de M. Sonko, s'en est durement pris au président Macky Sall, qualifié "d'apprenti dictateur". Il a perdu "l'autorité morale" pour rester président, a dit un des leaders du mouvement, Cheikh Tidiane Dieye. Il s'en est tenu à ces mots quand la presse lui a demandé si le collectif appelait les Sénégalais à réclamer la démission de M. Sall, président depuis 2012.

Le Sénégal est le théâtre depuis mercredi d'affrontements entre jeunes et forces de sécurité, de pillages et de saccages. L'arrestation de M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024, a provoqué la colère de ses partisans, mais aussi, disent de nombreux Sénégalais, porté à son comble l'exaspération accumulée par la dégradation, au moins depuis le début de la pandémie de Covid-19 en 2020, des conditions de vie dans un pays déjà pauvre.

Un garçon passe devant un graffiti sur un mur d'un supermarché Auchan saccagé, sur lequel on peut lire "Macky dégage", à Dakar, Sénégal, le 5 mars 2021.
Un garçon passe devant un graffiti sur un mur d'un supermarché Auchan saccagé, sur lequel on peut lire "Macky dégage", à Dakar, Sénégal, le 5 mars 2021.

Quatre personnes ont été tuées, disent les autorités, chiffres difficilement vérifiables d'autres sources alors que prolifèrent les informations non-vérifiées.

M. Sonko a été arrêté officiellement pour trouble à l'ordre public, alors qu'il se rendait en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à des accusations de viol portées contre lui par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos.

Personnalité au profil antisystème, le député crie au complot ourdi par le président pour l'écarter de la prochaine présidentielle.

Les manifestations croient au "complot". Ils expriment individuellement l'usure des épreuves quotidiennes et la lassitude vis-à-vis du pouvoir. Un certain nombre montrent la France du doigt, premier partenaire commercial vu comme l'un des principaux soutiens étrangers de M. Sall.

Appels au dialogue

Le Mouvement de défense de la démocratie a désigné les "parrains étrangers" à qui Macky Sall s'emploierait à "faire plaisir".

Le président élu sur la promesse de mettre son pays sur la voie de l'émergence a démenti fin février avoir quoi que ce soit à voir avec les ennuis judiciaires de M. Sonko. Il a depuis gardé le silence, mais la pression augmente pour qu'il prenne la parole.

Samedi, c'est son ministre de l'Intérieur Antoine Félix Abdoulaye Diome qui a tenu un langage vigoureux. ​"Toutes les personnes auteures d'actes criminels seront recherchées, arrêtées, poursuivies et traduites devant la justice", a-t-il menacé.

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a appelé "toutes les parties à la retenue et au calme". L'Union africaine a exprimé sa "préoccupation" et son attachement à un solution "par la voie pacifique, le dialogue et dans le strict respect de l'ordre".

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Un artiste sénégalais appelle à la paix en chantant

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Le Sénégal a enregistré ses premiers cas positifs au variant Omicron

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Le Navetanes, un tournoi de football qui fait polémique à Dakar

Les cages et les filets entièrement détruits à l’issue des violences, à Dakar, Sénégal, le 1er décembre 2021.

Le championnat populaire de football communément appelé "Navetanes" continue à trainer son lot de violences entre les bagarres en tribunes et sur le terrain, les agressions après les matchs et les dégâts collatéraux causés aux habitants.

Les riverains des stades de la banlieue de Dakar crient leur ras-le-bol et appellent les autorités en charge de la question à trouver des solutions pour leur permettre de sauvegarder leur cadre de vie.

La semaine dernière, le préfet du Département de Guediawaye a décidé de suspendre les matchs de Navetanes suite à d’énièmes scènes de violences qui ont abouti à de fortes dégradations dans le seul stade homologué de ce quartier de la banlieue de Dakar. Les riverains, qui subissent des agressions et d’importantes pertes matériels à chaque match, s’en réjouissent.

"On ne dort plus et on ne mange plus a cause des violences dans les Navetanes", se lamente Ndiaye Deme Ndiaye, qui réside dans cette zone​. "Si j'étais le préfet, j'aurais supprimé cette compétition parce que les équipes sont indisciplinées", ajoute-t-il.

Pour Pape, un autre riverain, tous les acteurs sont fatigués par cette situation, particulièrement les forces de l’ordre. "Il faut aussi reconnaître que les policiers sont très fatigués parce que les manifestants n'ont plus peur des grenades lacrymogènes, les autorités doivent prendre les devants sinon ça peut être pire que ce que l’on voit actuellement", dit-il.

Pour Mouhamed Gueye, le chômage et le manque d’éducation sont les principales causes de cette violence.

"Le constat est général, les jeunes n’ont plus une bonne éducation de base. Leurs croyances et le fondement religieux basés sur nos valeurs ne sont plus aussi solides. Les enfants sont de moins en moins éduqués et respectueux et cela se traduit par ce genre de comportements", analyse-t-il.

Pour lui, la solution est d’éliminer les Navetanes "dans les plus bref délai et pour une durée de 10 ans minimum".

Les paris sportifs

Des violences qui reviennent telle une spirale négative et qui sont aggravées par des pratiques plus complexes comme les paris sportifs.

C’est l’avis de Mamadou Ndiaye, habitant de Marché Bubess, qui a subi deux violentes agressions suite aux débordements des matchs de Navetanes.

"La violence dans les Navetanes est une maladie incurable", pense-t-il.

Mamadou indique qu’il y a des "choses qui se passent dans les Navetanes qui ne se voient même pas sur les terrains. Il y a des jeunes qui collectent une somme de 150.000 francs CFA pour le parier sur un match", se désole-t-il.

Face à ces appels répétitifs des habitant de Guédiawaye, le préfet a suspendu le championnat. D'autres préfets sont sur le point de faire de même.

Fin de la grève des transporteurs sénégalais

Un car rapide en circulation à Dakar, 29 août 2018.

Les transporteurs sénégalais ont mis fin tard dans la nuit de vendredi à samedi à leur grève pour protester notamment contre "les tracasseries" des forces de l'ordre et fixé un ultimatum d'un mois au gouvernement pour le respect de ses engagements.

Samedi matin, les véhicules de transport étaient visibles dans les rues de Dakar et à l'intérieur du pays, selon des journalistes de l'AFP et des témoins.

Le mot d'ordre a été levé, malgré "quelques points d'achoppement" dans les négociations avec le gouvernement, a dit Gora Khouma, responsable du Cadre unitaire des syndicats de transports routiers du Sénégal (Custrs), à l'origine de la grève qui a paralysé le pays pendant trois jours.

Deuxième jour de grève des transporteurs au Sénégal
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"Il reste beaucoup de points d'achoppement comme sur les documents administratifs et le transport illégal (...). Nous voulons que tous les problèmes en suspens soient réglés dans un délai d'un mois", a-t-il déclaré à la presse.

Selon lui, la police et la gendarmerie ont reçu des instructions pour trouver des solutions aux tracasseries sur les routes.

Cette grève a paralysé le pays entre mercredi et vendredi. A Dakar et en province, les routes étaient quasiment vidées de véhicules de transports de passagers et de biens.

Dans plusieurs localités, le trafic était notamment assuré par des motos et des véhicules hippomobiles. Des bus de la société de transport ont été empêchés de rouler en province par des transporteurs, selon la presse locale.

Beaucoup de travailleurs n'ont pas pu se rendre sur leurs lieux de travail et des élèves à leur école, comme à Dakar.

Des responsables du Cadre avaient déclenché cette grève pour amener le gouvernement à satisfaire leurs doléances contenues dans une plate-forme en 11 points. Ils protestent notamment contre "les tracasseries" de la police, de la gendarmerie et du service des Eaux et forêts. Beaucoup de chauffeurs ont déclaré à la presse être victimes d'un "racket" de la part des forces de l'ordre.

Ils protestent également contre le transport clandestin et le nombre élevé, selon eux, de points de contrôle.

Deuxième jour de grève des transporteurs au Sénégal

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