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RDC

Un ancien Premier ministre congolais appelle à "faire la guerre au Rwanda"

L'ancien Premier ministre de la RDC Adolphe Muzito à Goma, le 4 novembre 2008.

L'ancien Premier ministre et opposant congolais Adolphe Muzito a appelé lundi Kinshasa à "faire la guerre au Rwanda" et même à "l'annexer" pour mettre fin aux violences qui ensanglantent l'est de la République démocratique du Congo depuis 25 ans.

"Il faut faire la guerre au Rwanda pour rétablir la paix dans la région. Le Rwanda influe sur la politique congolaise. L'Ouganda aussi", a déclaré M. Muzito durant une conférence de presse à Kinshasa.

"Nous ne pouvons faire la paix qu'en menaçant le Rwanda, en occupant son territoire, si possible annexer le Rwanda" à la RDC, a-t-il ajouté.

Deux autres leaders de Lamuka, la principale plateforme politique d'opposition en République démocratique du Congo, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, se sont déclarés "surpris" par "cette thèse perfide" de laquelle ils se "désolidarisent", selon un communiqué parvenu à l'AFP.

Ils ont par ailleurs invité M. Muzito "à revenir sur ces propos".

"Ce propos n'engage que moi", a réagi M. Muzito, interrogé par l'AFP.

L'AFP n'a pu joindre immédiatement le porte-parole du gouvernement pour une réaction.

Premier ministre de 2007 à 2012, M. Muzito occupe depuis début décembre la présidence tournante de Lamuka.

La RDC a été ravagée par deux guerres régionales (1996-1997 et 1998-2003). Le pays entretient des relations en dents de scie avec ses voisins du Rwanda et de l'Ouganda. La RDC accuse ces deux pays de vouloir la déstabiliser, quand ces derniers considèrent la RDC comme une base arrière de milices hostiles à leurs régimes.

Depuis un quart de siècle, la partie orientale du pays (les régions des Kivu et Ituri, principalement) est en proie à l'insécurité en raison de la présence de dizaines de groupes armés locaux et étrangers.

Parmi ces derniers, se trouvent les milices ougandaises des Forces démocratiques alliées (ADF), les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ou les rebelles burundais des Forces nationales de libération (FNL). Ces groupes sont accusés de nombreux crimes en RDC.

En octobre, le président congolais Félix Tshisekedi s'était rendu à Kampala, où, avec son homologue Yoweri Museveni, il avait évoqué la question stratégique de la lutte contre les groupes armés dans l'est de la RDC.

Le réchauffement des relations avec Kampala avait été précédé dès mars-avril par le rétablissement des liens de bon voisinage avec le Rwanda.

Kinshasa et ses voisins ont annoncé fin octobre vouloir mutualiser leurs efforts pour combattre les groupes armés et milices dans la région des Grands lacs.

Samedi, un groupe de 71 rebelles rwandais défaits par l'armée congolaise, et près de 1.500 de leurs proches, ont été rapatriés au Rwanda à partir de la province congolaise du Sud-Kivu.

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La société civile congolaise veut sa part de la redevance minière

Une mine de cuivre à ciel ouvert à 110 kilomètres au nord-ouest de Lubumbashi, dans le sud de la RDC.

La société civile de la République démocratique du Congo a demandé un meilleur partage des richesses tirées de l'exploitation des mines lors d'une rencontre mercredi et jeudi à Lubumbashi (sud-est), la capitale économique de l'industrie extractive.

Dans la province de Lubumbashi, le Lualaba, "116 millions de dollars (de redevance minière) ont été versées depuis deux ans", a déclaré un représentant de la société civile dans cette région du Katanga première productrice mondiale de cobalt.

Dans son intervention,l'archevêque de Lubumbashi Jean-Pierre Tafunga a constaté que des "entités territoriales décentralisés" utilisaient bien la redevance minière, mais que d'autres l'ont "détourné de son objectif initial, qui est le financement des projets de développement communautaire", selon un résumé de cette rencontre Alternative Mining Indaba lu par un participant.

L'homme d'église a demandé des "solutions concrètes pour faire de la redevance minière une porte de développement réel".

L'église s'était "réjouie" de la révision du code minier en mars 2018, a-t-il rappelé.

En réponse, le ministre des mines Willy Kitobo Samsoni a indiqué qu'un projet de loi était à l'étude pour fixer "les modalités pratiques de gestion" de la redevance minière versées aux provinces.

Les participants ont aussi constaté que la pandémie de Covid-19 "n'a pas eu un impact négatif majeur sur la filière d'exploitation industrielle et sur la redevance minière, à l'exception de la filière diamantifère au Kasaï oriental", selon le résumé de la rencontre.

Le FMI envisage cependant une récession de –2,2% en 2020 pour la RDC, contre une croissance de 4,4% en 2019.

Malgré la richesse des sous-sols de la RDC, "en 2018, 72 % de sa population vivait avec moins de 1,9 dollar par jour, surtout dans les régions du Nord-Ouest et des Kasaï", selon la Banque mondiale.

Encouragé par les Etats-Unis, le président Félix Tshisekedi a promis de lutter contre la corruption et le mauvais "climat des affaires" qui bloquent le développement du potentiel économique du pays. Il s'agit, entre autres, du harcèlement administratif sur les entrepreneurs, des détournement de fonds, et de la multiplication des taxes.

A Goma, un palace et de l'énergie à revendre pour tourner la page des groupes armés

Une vue générale de l'hôtel Serena à Goma le 16 octobre 2020.

Une chambre simple à 250 dollars: c'est le ticket d'entrée pour une nuit au Serena, premier palace cinq étoiles qui vient d'ouvrir à Goma, la capitale du Nord-Kivu dans l'Est de la République démocratique du Congo, qui veut tourner la page de la violence des groupes armés.

Plus de 100 chambres de luxe, avec vue idyllique sur la piscine et le lac Kivu, centre de conférence, restaurants, salle de sport, spas: ouvert mi-septembre, le palace est le premier hôtel géré en RDC par la chaîne panafricaine haut de gamme Serena, dont le Fonds Aga Khan pour le développement économique est actionnaire majoritaire.

"Généralement, les gens perçoivent cette région comme une zone de guerre", regrette le manageur kényan, James Nzavwala, qui mise au contraire sur une clientèle d'affaires et le "potentiel touristique" du parc des Virunga voisins (volcans, gorilles).

Le directeur général kenyan James Nzavwxala fait des gestes à son hôtel Serena à Goma le 16 octobre 2020.
Le directeur général kenyan James Nzavwxala fait des gestes à son hôtel Serena à Goma le 16 octobre 2020.

A la frontière du Rwanda, proche de l'Ouganda et de la Tanzanie, Goma se trouve au coeur des deux provinces du Nord et du Sud-Kivu où des dizaines de groupes armés entretiennent l'insécurité pour le contrôle des ressources (terres, minerais, bois) depuis les deux guerres du Congo (1996-2003).

Epargnée par les milices depuis 2012-2013, Goma connaît des problèmes d'insécurité urbaine dans ses quartiers périphériques, loin des zones résidentielles sur les bords du lac, fief des Nations unies et des ONG.

Politique et business

La construction de l'hôtel Serena a pris dix ans, grâce à l'investissement de l'homme d'affaires le plus influent de Goma: Vanny Bishweka.

Taille moyenne, élégance discrète, cet homme de 55 ans possède déjà un hôtel sur les bords du lac, l'Ilhusi, ouvert en 2002, année d'une éruption du volcan Nyiaragongo qui a fait une centaine de morts.

Ihusi est aussi le nom de sa société de canaux rapides qui traversent en trois heures le lac Kivu jusqu'à Bukavu, via la magnifique île d'Idjwi.

L'homme d'affaires congolais Vanny Bishweka sourit à son hôtel Serena à Goma, dans l'est de la RDC, le 16 octobre 2020.
L'homme d'affaires congolais Vanny Bishweka sourit à son hôtel Serena à Goma, dans l'est de la RDC, le 16 octobre 2020.

Patron de deux stations-service, M. Bishweka est le partenaire d'une firme tunisienne, EPPM, pour exploiter le gaz méthane du lac.

Ancien quincailler, l'homme d'affaires est réputé proche de l'ancien président Kabila, ce qu'il dément: "Il y a la politique, et il y a le business". Une frontière pas toujours si étanche en RDC.

Il y a quelques mois, le magnat de Goma a senti souffler le vent de la lutte anti-corruption revendiquée par le nouveau président Félix Tshisekedi.

Développer les PME

Un de ses associés, le directeur général de la Société congolaise de construction (Sococ, travaux publics), Modeste Makabuza, a été condamné en juin à un an de prison pour détournement de fonds.

"Je ne sais pas si ce sont des détournements", avance M. Bishweka, qui affirme ne pas avoir été inquiété. "Je suis actionnaire à 35%. C'est lui le directeur général".

Plaque tournante de la vie des affaires à Goma, "Vanny" est également actionnaire à 20% d'un nouveau "business" qui change la vie des jeunes entrepreneurs depuis deux ou trois ans: les réseaux locaux de distribution d'électricité.

Sa Société congolaise d'eau et d'électricité (Socodée) achète et distribue une partie de l'électricité produite par Virunga Energie, une filiale du parc des Virunga.

Virunga Energie a construit ces dernières années quatre centrales hydro-électriques dans l'arrière-pays de Goma, avec le soutien de l'Union européenne.

Virunga Energie veut soutenir le développement d'"un réseau de PME", pour "créer des emplois", résume une récente note de l'ambassade de France.

Grâce à l'énergie, une vingtaine de petites entreprises (boulangerie, couveuses d'oeufs de poussins, fabrication de charbon de bois...) se sont installées depuis un an dans la zone d'activité de Shaero, à la sortie de Goma.

"Coquille vide"

Débordante d'énergie, la ville compte aussi plusieurs incubateurs de starts-up comme Kivu entrepreneurs, qui s'enorgueillit de la réussite de Kivu Green (application de mise en relation d'agriculteurs de la région avec des consommateurs de Goma).

"On a besoin de 75.000 dollars d'investissements", a lancé le fondateur, Chris Ayale, mi-octobre lors d'un forum des jeunes entrepreneurs.

Ils ont exposé leurs "business plans" et surtout leurs rêves devant le patron de l'Agence national pour la promotion des investissements (Aanpi), un organisme d'Etat qui promet d'ouvrir très vite une antenne à Goma.

Ouverte il y a trois ans, l'antenne locale de la Chambre franco-congolaise du commerce et de l'Industrie est elle une "coquille vide", soupire un expert.

La région fait encore peur aux investisseurs. Aux portes de l'Afrique de l'Est anglophone, Goma dispose pourtant d'un aéroport international et d'une liaison régulière avec Addis Abeba. "Nous avons besoin de tout le monde pour notre ville", affirme son magnat, Vanny Bishweka.

Fin de la 11ème épidémie d'Ebola

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