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Côte d'Ivoire

Un an après son retour, Laurent Gbagbo est un opposant discret

Laurent Gbagbo dans sa ville natale Mama, dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, le 20 juin 2021.

Rentré en fanfare le 17 juin 2021 à Abidjan, après son acquittement par la justice internationale, l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo se positionne pour l'heure comme un opposant discret, tout en gardant un oeil sur la présidentielle de 2025.

Une fois la liesse populaire accompagnant son retour retombée, l'ex-chef de l'Etat (2000-2011), âgé aujourd'hui de 77 ans, a rapidement affiché sa volonté de jouer le jeu de la réconciliation.

En juillet 2021, il s'est d'abord rendu à Daoukro (centre), chez Henri Konan Bédié, ex-président jadis rival et désormais son allié.

Quelques semaines plus tard, il était reçu par le président Alassane Ouattara, une première depuis leur duel à la présidentielle de 2010 qui avait débouché sur une crise meurtrière.

L'accolade chaleureuse entre les deux hommes laissait entrevoir "des lendemains heureux" comme l'espérait alors la presse.

"L'esprit de revanche, pour un républicain, ça ne marche pas. Pour Laurent Gbagbo, la Côte d'Ivoire passe au-dessus de tout", affirme à l'AFP, Justin Koné Katinan, un de ses fidèles lieutenants.

Après des années d'incarcération à la Haye, accusé puis acquitté par la Cour pénale internationale de crimes contre l'humanité, le "Woody" (garçon, un de ses surnoms) a toutefois voulu reprendre toute sa place dans le jeu politique ivoirien.

En octobre, alors qu'il lance le Parti des peuples africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI), une nouvelle formation politique panafricaniste de gauche, il assure vouloir continuer la politique jusqu'à sa mort.

Mais si la plupart des cadres du Front Populaire ivoirien (FPI), son parti historique l'ont suivi dans cette aventure, quelques poids lourds manquent à l'appel: parmi eux, Simone Gbagbo, ex-Première dame dont il a demandé le divorce et Pascal Affi N'Guessan son ancien Premier ministre avec lequel il est en rupture politique.

"On pensait que sa sortie de prison allait le booster, mais ça n'a pas été aussi facile, Il n'a pas su être le rassembleur de la gauche ivoirienne", pointe l'analyste politique Arthur Banga.

Gbagbo appelle à la libération des prisonniers d'opinion
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"Pas à la retraite"

Depuis lors, outre quelques piques contre le troisième mandat controversé de son successeur, M. Gbagbo se garde généralement de tirer à boulets rouges sur le pouvoir actuel.

"A part deux trois saillies lors de visites à l'intérieur du pays, ce n'est pas le foudre de guerre qu'on attendait", confirme Arthur Banga.

Début juin, les députés de son camp ont même voté en faveur d'Adama Bictogo, le candidat de la majorité, à l'élection du président de l'Assemblée nationale.

"Nous ne sommes pas une opposition dogmatique", avait alors justifié Hubert Oulaye, un de ses fidèles lieutenants et patron du groupe PPA-CI à l'Assemblée.

"Il n'y a pas d'incompatibilité à travailler à la réconciliation et être un opposant. Laurent Gbagbo est un homme de l'opposition et nous avons beaucoup de points de divergences avec le pouvoir", assure le porte-parole du parti Justin Koné Katinan, citant pêle-mêle l'endettement, la politique de développement ou encore la politique étrangère.

Pour plusieurs observateurs, cette opposition modérée s'explique aussi par l'épée de Damoclès judiciaire qui plane toujours au-dessus de la tête de Laurent Gbagbo.

Car s'il a été acquitté par la justice internationale, il reste condamné par contumace en 2018 en Côte d'Ivoire à 20 ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

"Cette condamnation le contraint à la discrétion. Le pouvoir peut à tout moment activer la procédure judiciaire", estime le politologue et essayiste ivoirien Geoffroy Kouao.

Alors, un an après son retour, M. Gbagbo a-t-il toujours envie d'être président de la Côte d'Ivoire en 2025?

"Il a encore ses ambitions et nous l'accompagnerons. Il n'y a aucun débat là-dessus", répond M. Katinan, martelant que Laurent Gbagbo n'est "pas à la retraite".

"Son âge avancé constitue un handicap politique dans un pays où les jeunes et l'opinion publique sont de plus en plus hostiles à la gérontocratie. Laurent Gbagbo, aujourd'hui, politiquement, c'est plus un nom, un symbole qu'une réalité", tempère M. Kouao.

Les résultats du PPA-CI aux élections municipales et régionales de 2023 seront un premier indicateur du poids politique que pèse encore M. Gbabgo en Côte d'Ivoire.

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Soldats ivoiriens: arrivée à Bamako d'une mission de médiation de la Cédéao

Le président gambien Adama Barrow s'est rendu au Mali ce jeudi 29 septembre 2022.

Une mission de haut niveau dépêchée par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est arrivée jeudi au Mali pour tenter de dénouer avec la junte au pouvoir la crise diplomatique avec la Côte d'Ivoire, ont rapporté les correspondants de l'AFP.

Le président gambien Adama Barrow, puis son homologue ghanéen Nana Akufo-Addo sont arrivés séparément en milieu de journée à l'aéroport de Bamako et ont pris la route de la présidence malienne.

Initialement annoncé, le chef de l'Etat togolais Faure Gnassingbé s'est fait représenter par son ministre des Affaires étrangères. Ce dernier, Robert Dussey, a confirmé sa présence à Bamako dans un message à un correspondant de l'AFP.

La mission est censée repartir jeudi après-midi.

Elle a été mandatée par les dirigeants des Etats membres de la Cédéao réunis en sommet le 22 septembre pour essayer de trouver une issue à la crise entre le Mali et la Côte d'Ivoire.

Bamako et Abidjan sont en pleine querelle diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet à leur arrivée au Mali.

Ces soldats devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali. Mais Bamako a dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'Etat.

La junte malienne, au pouvoir depuis 2020, a prévenu avant de recevoir la mission qu'elle ne se laisserait pas imposer une solution.

"Nous allons les écouter. Nous avons dit depuis le début que tout ce que le Mali veut, c'est chercher les voies et moyens pour trouver un terrain d’attente entre le Mali et la Côte d'Ivoire. Mais si c'est pour imposer des décisions au Mali, cela ne passera pas", a déclaré en début de semaine le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop.

Soldats ivoiriens: la mission ouest-africaine attendue jeudi au Mali

La mission doit arriver jeudi en fin de matinée et repartir en milieu d'après-midi.

La mission de haut niveau dépêchée au Mali par la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao) pour dénouer la crise diplomatique avec la Côte d'Ivoire est attendue jeudi à Bamako, indique un document du gouvernement malien.

Cette commission est composée des présidents togolais Faure Gnassingbé, ghanéen Nana Akufo-Addo et gambien Adama Barrow, et non plus sénégalais Macky Sall, comme annoncé initialement, précise ce document des Affaires étrangères maliennes consulté mercredi par l'AFP.

Les dirigeants des Etats membres de la Cédéao avaient décidé jeudi dernier, lors d'un sommet extraordinaire à New York, d'envoyer cette mission pour trouver une issue à la crise avec la Côte d'Ivoire.

La mission était d'abord prévue mardi, mais le Mali a fait savoir ne pouvoir la recevoir que jeudi ou vendredi.

Le Mali et la Côte d'Ivoire sont en pleine querelle diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet à leur arrivée à Bamako.

Ces soldats devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali. Mais Bamako a dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'Etat.

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