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Gbagbo insiste pour qu'une centaine de prisonniers soient libérés


L'ancien président Laurent Gbagbo s'adresse aux habitants de son village natal de Mama, dans le centre-ouest de Côte d'Ivoire, le 27 juin 2021, dix jours après son retour à Abidjan à la suite de son acquittement par la justice internationale.
L'ancien président Laurent Gbagbo s'adresse aux habitants de son village natal de Mama, dans le centre-ouest de Côte d'Ivoire, le 27 juin 2021, dix jours après son retour à Abidjan à la suite de son acquittement par la justice internationale.

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, qui a transmis la semaine dernière au chef de l'Etat Alassane Ouattara une liste de 110 détenus, dont certains sont emprisonnés depuis la crise de 2010-2011, a insisté lundi pour que ces prisonniers qu'il qualifie de "politiques" soient libérés.

"Notre combat c'est de les sortir de là-bas. Le point actuel de mon programme, c'est de me battre pour la libération de tous les prisonniers d'opinion", a-t-il lancé, devant une centaine d'épouses de ces détenus qu'il recevait à Abidjan.

La question avait été abordée par M. Gbagbo lors de sa rencontre le 27 juillet avec Alasanne Ouattara, la première depuis la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts.

"Il ne m'a pas dit non, mais il ne m'a pas dit oui! Il va faire tous les efforts pour les libérer le plus tôt possible, c'est la réponse qui m'a été faite", a déclaré lundi M. Gbagbo.

Dans la liste des 110 détenus, figurent à la fois des personnes arrêtées après la crise de 2010-2011, mais aussi des personnes interpellées en 2020 lors de la dernière campagne présidentielle et en juin dernier en marge du retour en Côte d'Ivoire de M. Gbagbo.

Si l'ex-président ivoirien estime qu'il s'agit de "prisonniers d'opinion", certains prisonniers ont été condamnés pour des crimes de sang.

Le général Brunot Dogbot Blé, ex-chef de la Garde républicaine purge par exemple une peine de 18 ans de prison pour le meurtre de quatre personnes, dont deux Français, début avril 2011 au plus fort de la crise post-électorale, dans l'affaire des "disparus du Novotel".

"La vraie réconciliation passe impérativement par la libération des prisonniers", a estimé de son côté Simone Datté, présidente du collectif des femmes et parents des détenus des crises.

La crise de 2010-2011 était née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle face à M. Ouattara.

Laurent Gbagbo avait été arrêté et poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, avant d'être définitivement acquitté en mars dernier et de rentrer en Côte d'Ivoire le 17 juin.

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