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UE: la bataille du budget post-Brexit est lancée

Les drapeaux de l'Union européenne battent au vent devant le siège de l'UE à Bruxelles, le mercredi 10 avril 2019. (AP Photo/Virginia Mayo)

Les négociations sur le budget à long terme de l'Union européenne sont entrées dans le vif du sujet avec la proposition du président du Conseil européen, Charles Michel, dévoilée vendredi, qui augure d'un sommet de confrontation entre les 27 jeudi prochain.

Toujours délicates, les discussions sur le "cadre financier pluri-annuel" qui fixe un plafond budgétaire à long terme, sont compliquées par le départ du Royaume-Uni, qui était le deuxième contributeur net aux dépenses européennes.

Pour atteindre un compromis entre les pays du Nord qui défendent un budget limité à 1% du revenu national brut (RNB) de l'UE d'un côté et les défenseurs des fonds de cohésion et de la politique agricole commune de l'autre, l'ex-Premier ministre belge a mis sur la table une offre de budget 2021-2027 à 1.094 milliards d'euros, soit 1,074% du RNB de l'UE.

Un montant peu ou prou similaire à la proposition fin 2019 de la Finlande qui assurait alors la présidence de l'Union, et avait suscité des critiques tous azimuts.

Charles Michel a consulté tous les leaders européens ces dernières semaines et convoqué un sommet extraordinaire jeudi pour tenter de rapprocher les positions sur un budget qui requiert l'unanimité des 27.

Le départ du Royaume-Uni le 31 janvier représente une perte de 75 milliards d'euros sur sept ans, selon la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Une somme qui doit être compensée en partie par les autres Etats, en particulier l'Allemagne.

La cheffe de l'exécutif européen a appelé mercredi à l'adoption rapide d'un budget suffisant pour financer ses priorités, réclamant "qu'au moins 25%" soit consacré à la lutte contre le changement climatique.

- Pression du Parlement -

Afin de mobiliser 500 milliards d'euros d'investissements supplémentaires pour le climat et le numérique, les deux priorités de la Commission, le président du Conseil préconise d'augmenter le capital de la Banque européenne d'investissement de 100 milliards pour accroître ses capacités de prêt.

Mais le projet de budget de Charles Michel est bien en-deçà de celui de la Commission, qui visait 1,114% du RNB (1.134 milliards d'euros à prix constants de 2018). Et encore plus de celle du Parlement, qui réclame 1,3%, et doit donner son accord par un vote à la majorité.

Vendredi soir, le président du Parlement, David Sassoli, a jugé "insatisfaisante" la proposition de Charles Michel, synonyme à ses yeux de "moins d'Europe".

"C'est une proposition qui risque de laisser l'Europe en retard non seulement sur ses propres objectifs, mais aussi sur d'autres acteurs de la scène internationale, tels que la Chine et les États-Unis", a déploré le responsable italien.

Jeudi les quatre principaux groupes du Parlement européen avaient écrit à Charles Michel pour menacer de mettre leur veto à un budget qui ne serait pas "fort et crédible" - mais sans mentionner de chiffre -, plaidant pour l'introduction de nouvelles "ressources propres" pour l'UE, c'est-à-dire des taxes européennes.

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a réclamé jeudi "les fonds nécessaires aux politiques agricole et de cohésion" (aides aux régions les moins favorisées), "tout en permettant de financer les nouvelles priorités" (sécurité, migration, numérique, climat).

Le président français Emmanuel Macron avait prévenu début février qu'une "Europe qui a un budget autour de 1% (...) n'a pas de vraie politique".

La France, qui sera le deuxième contributeur net derrière l'Allemagne, est le premier bénéficiaire de la Politique agricole commune et soutient un montant inchangé de la PAC.

Une position éloignée de celle du Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui a rencontré vendredi à Paris Emmanuel Macron et dont le pays figure parmi les Etats membres dits "frugaux" (avec l'Autriche, le Danemark, la Suède), défendant un budget limité à 1%.

"Les Pays-Bas considèrent que l'UE doit maîtriser ses dépenses", a tweeté M. Rutte à l'issue de sa rencontre à l'Elysée.

L'Allemagne a jusqu'ici défendu cette ligne de 1% tout en se disant prête à aller au-delà sous certaines conditions.

Ces pays estiment que la part qu'ils doivent payer pour compenser le départ du Royaume-Uni est trop importante, et veulent protéger coûte que coûte leurs "rabais", mécanisme de correction pour récupérer de l'argent.

En face, les "amis de la cohésion", une quinzaine de pays d'Europe du Sud, centrale et orientale, s'inquiètent des coupes annoncées dans les politiques dites traditionnelles dont leurs pays sont bénéficiaires.

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Après 20 ans au pouvoir, Poutine incontournable sur les stands touristiques

Le président russe Vladimir Poutine arrive pour une conférence sur la Libye à la chancellerie de Berlin, en Allemagne, le dimanche 19 janvier 2020. (AP)

Après vingt années de pouvoir, des stands de souvenirs russes aux librairies, des matriochkas aux chocolats, le visage de Vladimir Poutine est omniprésent.

Même si les ventes ne sont pas nécessairement colossales, son profil est devenu un élément incontournable du folklore russe proposés aux touristes russes et étrangers. Particulièrement à Saint-Pétersbourg sa ville natale.

En chef de guerre, caressant des animaux sauvages ou chevauchant un ours, Vladimir Poutine s'affiche sur à peu près tout support pouvant être vendu.

Artiste peintre et homme d'affaires, Alexeï Serguienko ne fait pas exception: dans chacun de ses 64 kiosques à souvenirs, situés autour de la cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé, on retrouve alignées des poupées gigognes à l'effigie du président.

"Le volume des ventes des souvenirs avec Poutine ne représente que 3-4% (du total), mais c'est stable", souligne M. Serguienko, un fan de l'homme fort de la Russie qui lui a consacré une exposition en 2012, intitulée "Président. Un homme à l'âme bonne".

On y voyait un Poutine "pop art", portant un enfant sur ses épaules sur fond de soleil flamboyant, ou arrêtant une météorite en costume de super-héros hollywoodien, des tableaux qui jouaient sur l'imagerie du "sauveur de la Nation" régulièrement mise en avant par les autorités.

-'On s'y est habitués' -

Aujourd'hui encore, des tablettes de chocolat emballées dans du papier représentant ces oeuvres d'Alexeï Serguienko sont vendues 150 roubles (deux euros) dans des boutiques de Saint-Pétersbourg.

Au Dom Knigi (Maison des livres), la plus grande librairie de Saint-Pétersbourg sur la prestigieuse perspective Nevski, les représentations de Poutine sont aussi inévitables.

Du simple aimant vendu une centaine de roubles au mug à 600 roubles (8,5 euros), "ça fait partie de la gamme des souvenirs, on s'y est habitués", constate Natalia, une vendeuse.

Directeur de la société "Che Guevara", spécialisée dans la vente en ligne de souvenirs à forte consonance politique, Alexeï Ivanov explique que Poutine est désormais identifié aux Russes.

"Le principal, c'est (sa) popularité, le fait qu'il soit très reconnaissable et la relation +spéciale+ (des Russes) avec cet homme", dit-il.

Car malgré une récente baisse de popularité due à la stagnation économique et une douloureuse réforme des retraites, pour la majorité des Russes, il reste, 20 ans après son arrivée au pouvoir, celui qui a sorti le pays du chaos post-soviétique, même si ce fut aux prix de libertés publiques et politiques.

Vladimir Poutine est aussi crédité pour avoir réimposé la puissance russe sur la scène internationale, avec notamment la populaire annexion de la Crimée ukrainienne en 2014.

C'est peu après ce tour de force, qu'Alexandre Savenkov, agent immobilier à Saint-Pétersbourg, a acheté son t-shirt noir à l'effigie du président.

"Je le mets de temps en temps, surtout lorsque je suis en vacances à l'étranger", s'amuse le quadragénaire.

"Poutine est un leader fort, je le respecte pour cela", poursuit-il.

-"Jusqu'à la fin de ma vie"-

Pour Andreï Stepanov, un ingénieur péterbourgois de 60 ans, tout ça c'est trop.

"J'ai déjà l'impression d'habiter en Corée du Nord, le Grand Poutine est partout: à la télé, aux journaux, ses portraits sont dans tous les établissements officiels et même sur les souvenirs, c'est trop", regrette-t-il.

Le Kremlin dit aussi trouver qu'il y a des excès. Son porte-parole, Dmitri Peskov a ainsi jugé "inappropriée" la récente mise en vente à l'aéroport de Saint-Pétersbourg d'imitations d'icônes orthodoxes représentant Vladimir Poutine.

"Nous ne l'approuvons pas. Le président lui-même ne l'approuve pas, on peut difficilement appeler ça des icônes", a-t-il déclaré en réponse à une question de l'AFP.

La présidence russe a néanmoins mis en ligne un site entier de photos et vidéos souvenirs retraçant les 20 années au pouvoir de M. Poutine: en compagnie d'homologues, à la pêche, avec un bébé tigre, l'arme à la main, au volant d'une voiture de course ou commandant des unités militaires.

Les bibelots estampillés Poutine risquent en tout cas de rester incontournables longtemps, regrette Sergueï, qui en vend dans le centre-ville de Saint-Pétersbourg.

"Je me demande si je continuerai à les vendre jusqu'à la fin de ma vie et j'ai peur que la réponse soit positive!", dit le jeune homme d'une trentaine d'années.

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La France cesse les forages au large d'îles revendiquées par Madagascar

Situation géographique de Madagascar.

Le gouvernement français a mis définitivement un terme aux forages pétroliers maritimes en France, avec le refus de prolonger un permis de recherches au large des îles Eparses, archipel français revendiqué par Madagascar, et que la France souhaite classer réserve naturelle.

Le gouvernement a "refusé de prolonger le permis exclusif de recherches en mer de +Juan de Nova Maritime Profond+, situé au large des Îles Eparses", ont indiqué dans un communiqué commun Elisabeth Borne et Bruno Le Maire, ministres de la Transition écologique et de l'Economie.

Avec cette décision, qui intervient un an après l'abandon du permis d'exploration offshore "Guyane Maritime", au large de la Guyane, "il n'y aura donc plus en France de forage d'hydrocarbures en mer", ajoutent les ministres.

L'exécutif avait fait voter en 2017 une loi interdisant la délivrance de tout nouveau permis de recherche d'hydrocarbures en France. Le texte n'étant pas rétroactif, cette interdiction ne s'appliquait pas aux permis d'ores et déjà déposés et à l'étude par le gouvernement.

Les îles Eparses, dont les terres émergées représentent environ 7 km2, sont situées entre Madagascar et le continent africain. Présumées riches en hydrocarbures, elles font l'objet d'une vive querelle territoriale entre Paris et Antananarivo.

Une commission réunissant des représentants des deux pays s'est réuni pour la première fois en novembre pour parler de l'avenir de cet archipel, haut lieu de biodiversité marine, que le président Emmanuel Macron entend classer réserve naturelle nationale en 2020.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est à Madagascar et dans d'autres pays de la région entre jeudi et samedi.

Concernant les Eparses, la France "ne transige pas sur la souveraineté" mais se dit "ouverte à des solutions communes sur les autres sujets comme la pêche, la protection de la biodiversité par exemple", selon une source française.

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