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Vers une zone de libre-échange continentale dans l'Union africaine

Des vendeurs au marché central de Bujumbura, le 24 juillet 2015.

Les dirigeants africains se réunissent mercredi à Kigali pour signer l'accord instituant ce qui pourrait à terme devenir la plus vaste zone de libre-échange au monde, mais le chemin est, de l'avis des experts, encore long pour convaincre tous les pays de l'intérêt du projet.

La création de cette Zone de libre-échange continentale (Zlec), qui concerne les 55 membres de l'Union africaine (UA) avec un PIB cumulé de 2.500 milliards de dollars, est l'un des projets phare de l'organisation.

Mais dans un signe que cette zone de libre-échange, qui engloberait quelques-unes des économies les plus dynamiques de la planète, ne fait pas l'unanimité, le président nigérian Muhammadu Buhari a fait savoir qu'il ne ferait pas le déplacement au Rwanda.

Il a accepté de "donner plus de temps aux consultations", après qu'un des plus grands syndicats du pays, le Nigeria Labour Congress (NLC), a dit craindre les effets négatifs de la Zlec pour l'une des premières économies du continent, et demandé à être davantage impliqué dans les négociations.

>> Lire aussi : Le Nigeria suspend sa participation à l'accord de libre-échange de l'Union Africaine

"La signature de la Zlec fait bien pour l'Afrique sur le papier, mais sa mise en œuvre va rencontrer beaucoup de contretemps", estime Sola Afolabi, un consultant nigérian en commerce international.

Quelque 27 chefs d'État sont attendus à Kigali, mais personne ne sait encore combien exactement de pays vont apposer sans attendre leur signature sur l'accord officialisant la création de la Zlec.

L'accord doit être ratifié à l'échelle nationale par 22 pays après la signature pour entrer en vigueur.

Le commissaire de l'UA en charge du Commerce et de l'Industrie, Albert Muchanga, estime que l'industrie naissante africaine et sa classe moyenne vont bénéficier de l'élimination progressive des droits de douane entre membres de la Zlec.

Actuellement, seulement 16% du commerce des pays africains s'effectue avec d'autres pays du continent.

Hausse du commerce intra-africain

"Si nous enlevons les droits de douane, d'ici 2022 le niveau de commerce intra-africain aura augmenté de 60%, ce qui est très, très significatif", fait valoir M. Muchanga dans un entretien avec l'AFP.

"Au final, nous espérons que chaque pays membre de l'Union africaine adhérera à la Zone de libre-échange continentale", dit-il.

Cette Zlec s'inscrit dans le cadre d'un processus devant mener d'ici 2028 à la création d'un marché commun, et d'une union économique et monétaire en Afrique.

Avec des secteurs des services et de l'industrie sous-dimensionnés, les pays africains ont pendant des décennies indexé leurs performances économiques sur le prix des matières premières exportées, comme le pétrole, le cacao ou l'or.

>> Lire aussi : Création d'un marché unique du transport aérien incluant 23 pays africains

Ces dernières années, des pays comme l'Éthiopie ou le Ghana ont tenté de s'extirper de ce cycle néfaste en bâtissant des usines et de nouvelles infrastructures pour les industries locales, ce qui a enclenché une hausse rapide de leur croissance économique.

Pour Landry Signe, un expert en développement à l'université de Stanford aux États-Unis, la Zlec peut aider les industries africaines et offrir au continent une plateforme unique pour négocier de meilleurs accords commerciaux avec l'extérieur.

"Avec la Zlec, le secteur manufacturier serait beaucoup plus diversifié, car le marché ne serait pas constitué par seulement quelques millions de personnes, mais potentiellement par 1,2 milliard", avance-t-il.

Agenda 2063

L'Afrique du Sud, un ardent défenseur de l'accord, considère que les économies africaines sont trop petites pour pouvoir seules se diversifier et s'industrialiser.

Mais tout le monde ne partage pas cet avis. Au Nigeria, le syndicat NLC dit ainsi n'avoir "aucun doute que cette initiative sonnera le glas de l'économie nigériane".

La Zlec est un des projets clés mis en exergue par l'UA dans son Agenda 2063, un programme de développement à long terme qui prévoit de faciliter les flux de marchandises et de personnes sur le continent.

Lors de son dernier sommet, en janvier à Addis Abeba, l'UA avait ainsi annoncé la création d'un marché unique et libéralisé pour le transport aérien, incluant 23 pays du continent.

>> Lire aussi : La Mauritanie signe un accord avec la Cédéao pour les échanges et la sécurité

M. Afolabi pense que les pays les plus développés adopteront la Zlec, car elle permettra d'ouvrir de nouveaux marchés, mais que ceux qui disposent de ports desservant des pays enclavés la rejetteront, de peur de perdre des revenus douaniers.

L'expert nigérian appelle par ailleurs à ce que la Zlec soit accompagnée de mécanismes efficaces permettant de sanctionner le non-respect des règles établies.

Il prend pour contre-exemple les zones régionales commerciales, comme la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), qui "ne fonctionnent pas alors qu'elles sont censées soutenir la (version) continentale".

"Si ceux qui respectent les règles ne sont pas récompensés et si ceux qui ne les respectent pas ne sont pas punis, alors ça va être un accord bien gentil, sans aucune chair", prévient-il.

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

La page des sports du 23 avril avec Yacouba Ouédraogo

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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