Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Le chef de l'opposition poursuivi pour "insulte" au président turc Erdogan

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan

La justice turque a engagé des poursuites contre le chef du principal parti de l'opposition pour avoir traité le président Recep Tayyip Erdogan de "dictateur de pacotille" en dénonçant des arrestations très controversées d'intellectuels.

Le président du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Kemal Kiliçdaroglu, est visé par une enquête du procureur d'Ankara pour "insulte au président", un délit passible d'une peine maximale de quatre ans d'emprisonnement, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

Lors du congrès qui l'a réélu à la tête du CHP samedi, Kiliçdaroglu a accusé Erdogan d'avoir donné l'ordre de placer en garde à vue une vingtaine d'universitaires qui ont signé une pétition pour la paix dans le sud-est à majorité kurde du pays.

"Des intellectuels qui expriment leur opinion sont détenus, les uns après les autres, par un dictateur de pacotille", a-t-il lancé devant ses partisans.

"Comment osez-vous [M. Erdogan] envoyer la police à la porte de ces gens et ordonner leur arrestation ? (...) dites-nous, dictateur de pacotille, ce que signifient pour vous l'honneur et la fierté", a poursuivi le président du CHP.

Les avocats d'Erdogan dénoncent des "insultes d'une gravité extraordinaire" qui "dépassent les limites de la critique et portent atteinte aux droits de notre client", selon Anatolie.

Le ministre de la Justice Bekir Bozdag qui a volé au secours du président turc a commenté lundi sur Twitter : "Seuls ceux qui manquent d'intelligence, de culture et de moralité peuvent insulter ainsi sous couvert de liberté d'expression".

Dans la foulée de l'enquête pénale ouverte contre Kiliçdaroglu, Erdogan a déposé une plainte civile contre son rival politique et exigé 100.000 livres turques (environ 30.000 euros) de dommages et interest.

Ce n’est pas la première fois que Recep Erdogan se sent offensé par les propos d’un compatriote. Depuis son élection à la présidence en août 2014, il a multiplié les poursuites pour "insulte", aussi bien contre ses rivaux et la presse que contre de simples citoyens.

Vendredi, la police a interpellé et placé en garde à vue une vingtaine d'universitaires qui avaient, avec quelque 1.200 autres, signé un texte dénonçant le "massacre délibéré et planifié" de l'armée, engagée dans plusieurs villes dans des opérations contre les partisans des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Les combats ont tué des dizaines de civils, selon les ONG.

A plusieurs reprises, le chef de l'Etat a publiquement accusé les pétitionnaires d'être des "traîtres" et des "complices" du PKK et exigé qu'ils soient poursuivis.

Les arrestations d'universitaires, remis en liberté, mais qui risquent toujours un à cinq ans de prison, ont suscité un tollé dans l'opposition turque et à l'étranger.

Après les vives critiques de Washington et Bruxelles, le ministère français des Affaires étrangères a dit lundi suivre avec "préoccupation" les procédures engagées contre les signataires de la petition.

A la tête de la Turquie depuis 2003, M. Erdogan est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire.

Avec AFP

Toutes les actualités

Un ancien lieutenant-colonel rwandais recherché pour avoir pris part au génocide

Un ancien lieutenant-colonel rwandais recherché pour avoir pris part au génocide
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:40 0:00

Une frange du parti républicains bat compagne contre le président Trump

Une frange du parti républicains bat compagne contre le président Trump
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:29 0:00

Vaccin expérimental anti-COVID-19: le parcours d’un volontaire

Vaccin expérimental anti-COVID-19: le parcours d’un volontaire
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:50 0:00

Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos s'exile

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dans une voiture après qu'il a quitté l'hôpital Quiron une semaine après une chirurgie cardiaque à Madrid, en Espagne, le 31 août 2019. Forta / ReutersTV via REUTERS

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, longtemps révéré pour avoir mené la transition de la dictature de Franco à la démocratie, s'est résolu lundi à l'exil après que la justice de son pays a ouvert contre lui une enquête pour corruption.

L'ancien monarque, âgé de 82 ans, a annoncé sa décision de quitter l'Espagne à son fils, le roi Felipe VI, qui l'a acceptée et l'en a remercié dans un communiqué publié par la Maison Royale.

"Guidé (...) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que Roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne", a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué, qui n'a pas précisé sa destination.

Juan Carlos explique à son fils sa décision par la volonté de "faciliter l'exercice de (ses) fonctions", devant "les conséquences publiques de certains évènements passés de (sa) vie privée", une allusion transparente à l'enquête ouverte contre lui en juin par le parquet de la Cour suprême.

Celle-ci cherche à établir si Juan Carlos s'est rendu coupable de corruption en recevant de l'Arabie saoudite une énorme commission lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

En juillet, le chef du gouvernement Pedro Sanchez s'était dit "troublé" par ces "informations inquiétantes".

L'avocat de Juan Carlos, Javier Sanchez-Junco, a précisé dans un communiqué que l'ancien monarque ne cherchait pas à échapper à la justice en s'exilant mais restait à la disposition du parquet.

- "Il devra payer" -

"Où qu'il aille, il devra payer pour ce qu'il a fait. C'est dommage parce qu'il a fait beaucoup pour l'Espagne, mais il est clair qu'à un moment de sa carrière il s'est corrompu", a déclaré à l'AFP Iñigo Inchaurraga, un publicitaire de 33 ans, qui promenait son chien à Madrid.

Mais Maria Nogueira, une fonctionnaire de 30 ans, s'est dit "un peu fâchée" par cette affaire en pleine pandémie. "C'est une façon de laver l'institution qui ne me plaît pas, c'est seulement un lavage de façade".

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le Roi a souligné "l'importance historique" du règne de son père "au service de l'Espagne et la démocratie".

De fait, Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, avait surpris après la mort du dictateur en 1975 ménageant une transition en douceur vers la démocratie avec son Premier ministre Adolphe Saurez. Il avait ensuite neutralisé une tentative de coup d’État en février 1981.

Cela avait valu au souverain sportif aux nombreuses conquêtes féminines une immense popularité dans un pays où la monarchie est pourtant contestée.

Mais son image avait été progressivement ternie par des rumeurs de corruption du monarque très proche des monarchies du Golfe.

- Dénoncé par sa maîtresse -

En 2012, alors que les Espagnols souffraient de la grande récession, ils apprenaient que leur roi s'était cassé la hanche lors d'un safari de luxe au Botswana payé par un homme d'affaires saoudien en compagnie de sa maîtresse, une femme d'affaires allemande. Le scandale était devenu intenable et le roi avait fini par abdiquer en faveur de son fils.

Cette ancienne maîtresse, Corinne U Sayn-Wittgenstein, a affirmé dans des enregistrements publiés en 2018, que Juan Carlos avait touché une commission lors de l'adjudication de la construction du TGV à un consortium espagnol. Les justices suisse et espagnole enquêtent sur cette affaire.

A la suite de nouvelles révélations cette année du quotidien suisse Tribune de Genève et du journal britannique Daily Telegraph, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194.000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

Le Vatican rassurant sur la santé de l'ancien pape Benoît XVI

L'ancien pape Benoît XVI et son successeur Pape François, le 8 décembre 2015. (L'Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Le Vatican s'est voulu lundi rassurant sur l'état de santé de l'ancien pape Benoît XVI, jugé pourtant "extrêmement fragile", selon le quotidien régional allemand Passauer Neue Presse qui cite un biographe de l'ancien pape, Peter Seewald.

"Les conditions de santé du pape émérite ne sont pas source d'inquiétudes particulières, sinon celles entourant une personne âgée de 93 ans en train de surmonter la phase la plus aiguë d'une maladie douloureuse, mais non grave", a annoncé la salle de presse du Vatican, citant son secrétaire personnel Mgr Georg Gänswein.

Selon le journal Passauer Neue Presse, Benoît XVI souffre d'érysipèle au visage, une maladie infectieuse caractérisée par une tuméfaction rougeâtre qui entraîne de fortes démangeaisons et des douleurs intenses.

"D'après Seewald, le pape émérite est désormais extrêmement fragile (...). Ses capacités intellectuelles et sa mémoire ne sont pas affectées, mais sa voix est à peine audible", a écrit lundi le Passauer Neue Presse.

Peter Seewald a rencontré samedi à Rome Benoît XVI pour lui présenter sa biographie, selon le quotidien. "Lors de cette rencontre, le pape émérite, en dépit de sa maladie, s'est montré optimiste et a déclaré que si ses forces augmentaient à nouveau, il reprendrait peut-être sa plume", a-t-il ajouté.

Premier pape à démissionner en près de 600 ans, Benoît XVI, qui avait invoqué des raisons de santé, mène une vie retirée dans un petit monastère du Vatican depuis sa renonciation en 2013.

Voir plus

XS
SM
MD
LG