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Tunisie

Trois migrants morts noyés au large de la Tunisie

La route de Méditerranée centrale a été empruntée par plus de 42.500 migrants entre janvier et juillet 2022.

Trois migrants sont morts noyés au large de la Tunisie après le naufrage du bateau qui les transportait illégalement vers les côtes européennes, a indiqué mercredi la gendarmerie tunisienne.

La Garde nationale a annoncé que ses unités maritimes avaient repêché les trois corps dans la nuit de mardi à mercredi au large de Gabès (sud), au lendemain d'une opération où quinze autres migrants qui se trouvaient à bord du même bateau ont été interceptés. Deux passeurs présumés ont en outre été arrêtés, selon la même source.

Les autorités tunisiennes ont arrêté ou secouru quelque 500 migrants illégaux lors de plusieurs opérations menées depuis vendredi, selon des chiffres officiels.

La Tunisie traverse une grave crise politico-économique et compte désormais quatre millions de pauvres, sur une population de près de 12 millions d'habitants. La Libye voisine est elle en proie au chaos depuis 2011 avec des milices qui gèrent le trafic juteux des migrants venant de pays d'Afrique subsaharienne.

Au printemps et en été, à la faveur d'une météo plus clémente, les tentatives d'émigration clandestine depuis la Tunisie et la Libye vers l'Europe tendent à augmenter. L'Italie, dont certaines côtes sont à seulement 200 km du littoral tunisien, est l'un des principaux points d'entrée pour les migrants en provenance d'Afrique du Nord.

Selon l'agence européenne Frontex, la route de Méditerranée centrale a été empruntée par plus de 42.500 migrants entre janvier et juillet, soit une hausse de 44% par rapport aux sept premiers mois de 2021. Plus de 2.000 mineurs tunisiens ont rallié clandestinement l'Italie depuis janvier 2022, avait indiqué le 24 août le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).

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Les tatouages berbères à la mode chez les jeunes Tunisiens branchés

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Si les tatouages sont à la mode, ils ne datent pourtant pas d'hier dans des pays comme la Tunisie. Là, la tatoueuse Manel Mahdouani fait revivre les dessins berbères traditionnels, désormais très populaires chez les jeunes branchés.

A Sfax, des policiers tunisiens revendiquent leur droit syndical

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Les policiers tunisiens manifestent pour faire libérer leurs collègues

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En Tunisie, plus de 200 policiers ont manifesté à Sfax pour défendre leur droit syndical et réclamer la libération de huit de leurs collègues, arrêtés il y a cinq jours lors d'un autre mouvement de protestation.

Des policiers tunisiens dans la rue pour réclamer la libération de huit collègues

Des membres des forces de sécurité font face à des manifestants antigouvernementaux tunisiens lors d'une grève générale le 10 novembre 2021.

Plus de 200 policiers ont manifesté mercredi à Sfax, dans le centre-est de la Tunisie, pour défendre leur droit syndical et réclamer la libération de huit de leurs collègues, arrêtés il y a cinq jours lors d'un autre mouvement de protestation.

A l'appel du Syndicat national de la sûreté intérieure (SNSI), des policiers en civil se sont rassemblés au centre de Sfax, la deuxième plus grande ville de Tunisie, pour demander que leurs collègues soient relâchés.

Arrêtés vendredi, les huit agents ont été placés en détention sur ordre d'un tribunal militaire après avoir participé à un sit-in à Sfax, organisé par le SNSI pour "des revendications professionnelles et sociales", a indiqué à l'AFP son porte-parole Chokri Hamada.

Le syndicat qui avait installé 32 tentes sur l'ensemble du territoire tunisien a refusé d'obtempérer aux ordres de policiers déployés par les autorités pour disperser le mouvement.

Des affrontements ont alors opposé les policiers syndicalistes et les forces de l'ordre à Sfax, au cours desquels les huit policiers syndicalistes ont été arrêtés. Ils sont accusés notamment d'"atteinte à la sécurité publique", selon M. Hamada et des médias locaux.

Les manifestants de mercredi ont dénoncé une volonté de "harcèlement" et d'étouffer le droit syndical.

"Le ministère de l'Intérieur ne veut pas travailler en respectant la loi, il travaille sous les instructions" du président Kais Saied, a lancé un membre du syndicat, devant la foule.

"Non aux instructions", "le syndicat est libre", ont alors scandé les manifestants.

Le président Saied a appelé pendant l'été à rassembler les syndicats policiers en un seul, ce que le SNSI dénonce comme une tentative d'"oppression" du travail syndical, "un droit chèrement acquis", selon M. Hamada.

Depuis la chute du régime de Zine el Abidine Ben Ali en 2011, les policiers ont le droit de s'organiser en syndicats. Plusieurs organisations ont vu le jour, dont le SNSI.

Héritière d'une tradition de répression, la police fait l'objet de critiques récurrentes en Tunisie pour un usage de la force excessif. Selon la Ligue tunisienne des droits de l'homme, 14 jeunes ont été tués ces dernières années lors d'interventions policières, sans que les auteurs ne soient sanctionnés.

Des ONG et l'opposition ont aussi accusé les services de sécurité de recourir à des méthodes rappelant celles de l'Etat policier sous la dictature Ben Ali, depuis que le président Kais Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021.

Un maire tunisien arrêté après le suicide d'un vendeur ambulant

Un policier se tient à l'entrée du tribunal de l'Ariana près de Tunis, la capitale tunisienne, le 6 juin 2022.

Le maire d'une localité tunisienne a été placé en garde à vue lundi après le suicide d'un vendeur ambulant dont la balance a été saisie par les services municipaux, a indiqué un porte-parole judiciaire.

Selon les médias locaux, Mohamed Amine Dridi, 25 ans, s'est pendu samedi dans la localité de Mornag, à une quinzaine de km au sud de Tunis, deux jours après la confiscation par des agents municipaux de la balance électronique dont il se servait pour peser les fruits et légumes qu'il vendait sur un étal.

Le maire de Mornag a été placé lundi en gade à vue dans le cadre d'une enquête en lien avec ce suicide, a indiqué à l'AFP le porte-parole du tribunal du gouvernorat de Ben Arous.

Ce geste fait écho à celui de Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant qui s'était immolé par le feu le 17 décembre 2010 pour protester contre la confiscation de sa marchandise par la police, déclenchant la révolution tunisienne qui a mis fin au règne du président Zine el Abidine Ben Ali et donné le coup d'envoi aux révoltes du Printemps arabe dans la région.

Dimanche soir, des affrontements ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre à Mornag, selon des médias locaux et des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Scandant des slogans dénonçant le chômage et la cherté de vie, ces manifestants ont brûlé des pneus et bloqué l'artère principale à Mornag. Les policiers ont tiré du gaz lacrymogène pour les disperser.

Selon le ministère de l’Intérieur, le vendeur qui s'est donné la mort souffrait de "graves problèmes familiaux", ce que son frère a démenti dans une interview à une radio lundi.

Cet incident survient alors qu'une grogne sociale couve en Tunisie, pays confronté à une grave crise économique qui se traduit par des pénuries récurrentes de denrées de base et une forte inflation.

Des ONG et l'opposition accusent les services de sécurité de recourir à des méthodes rappelant celles de l'Etat policier sous l'ancienne dictature, depuis que le président Kais Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021.

Une autre manifestation contre la dégradation des conditions de vie, lors de laquelle des pneus ont été incendiés, a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, dans le quartier populaire de Douar Hicher dans le nord de Tunis, ont rapporté des médias locaux.

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