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Trump relâche la pression commerciale sur la Chine et le consommateur américain

Le gouvernement américain a donc annoncé reporter au 15 décembre l'instauration de tarifs douaniers supplémentaires de 10% sur les produits électroniques chinois qui était prévue pour le 1er septembre.

Donald Trump a relâché mardi la pression contre Pékin en retardant l'imposition de tarifs douaniers punitifs sur une série de produits de grande consommation, un geste aussi adressé au consommateur américain avant les achats de fin d'année.

Cette initiative saluée avec enthousiasme par les marchés et des importateurs apparaît en effet comme un cadeau aux consommateurs américains qui craignaient des hausses de prix autour des fêtes à cause des tarifs douaniers.

"Nous faisons ça pour Noël juste au cas où cela aurait un impact sur le consommateur américain", a reconnu Donald Trump, ajoutant: "nous les avons reportés (les tarifs) pour qu'ils n'aient pas d'influence sur les fêtes de fin d'année".

C'est la première fois que le président reconnaît aussi clairement que l'économie américaine --dont le consommateur est le principal pilier-- pourrait pâtir de la guerre commerciale qu'il a déclenchée contre la Chine il y a un peu plus d'un an.

Il s'est d'ailleurs empressé de souligner que "pour l'instant" les taxes qu'il a imposées aux importations chinoises n'avaient eu "aucun effet". Une majorité d'économistes et le FMI insistent au contraire sur l'effet funeste de la guerre commerciale qui oppose les deux premières puissances économiques du monde sur la croissance mondiale.

Pour tenter de sortir de l'impasse, Américains et Chinois ont repris langue. Les responsables des négociations ont eu un entretien téléphonique mardi qualifié par le président américain de "très productif".

Le gouvernement américain a donc annoncé reporter au 15 décembre l'instauration de tarifs douaniers supplémentaires de 10% sur les produits électroniques chinois qui était prévue pour le 1er septembre.

Cette décision, qui retarde de deux mois et demi la taxation d'une grande partie des 300 milliards de dollars d'importations chinoises concernées par ces tarifs --sur un total de quelque 550 milliards de biens chinois importés chaque année aux Etats-Unis--, a été fêtée par les marchés.

Wall Street qui avait démarré dans le rouge mardi, inquiète de la crise politique à Hong Kong, a terminé en hausse de 1,48% mardi. Le soulagement a également gagné les Bourses asiatiques mercredi matin. Hong Kong gagnait 1,26% à l'ouverture, et Tokyo 0,98%.

Donald Trump veut forcer Pékin non seulement à réduire son excédent commercial avec les Etats-Unis mais aussi à mettre fin à des pratiques qu'il juge déloyales, comme le vol de propriété intellectuelle par exemple.

Déjà 250 milliards de dollars de marchandises et matériaux chinois sont taxés par les Américains depuis un an.

Dans un communiqué, les services de l'ambassadeur américain au Commerce USTR précisent que le report annoncé mardi touche les téléphones portables, les ordinateurs portables et autres consoles de jeux made in China.

Plusieurs valeurs d'entreprises qui s'approvisionnent largement en Chine ont bondi peu après la publication du communiqué de l'USTR: l'action du géant informatique Apple, qui joue gros avec son iPhone, prenait ainsi plus de 4,3% à la mi-journée.

- Coups de téléphone -

"On est certainement soulagés qu'une grande partie des marchandises ne soient pas affectées durant la saison des fêtes", a réagi pour l'AFP Rebecca Mond, vice-présidente de l'Association professionnelle du jouet. "Mais on aimerait que ces tarifs douaniers disparaissent complètement", a-t-elle ajouté.

La Fédération du commerce de détail s'est elle aussi réjouie, mais a exhorté le président à trouver un autre moyen que les tarifs "qui tuent des emplois américains et affectent les consommateurs" pour faire plier la Chine.

D'autres produits, qui sont liés à la santé ou à la sécurité notamment, seront en outre exemptés de tarifs, a indiqué l'USTR. Les bibles imprimées en Chine en font partie, a précisé l'administration.

Ce geste du gouvernement Trump intervient alors que les tensions commerciales entre Pékin et Washington s'étaient aggravées lorsque Washington a officiellement accusé la Chine de manipuler sa monnaie la semaine dernière pour en tirer un avantage compétitif sur le front des exportations.

Même si l'initiative de la Maison Blanche de retarder les nouveaux tarifs offre un répit dans l'escalade des tensions, il n'est pas clair si la session de discussion commerciale du mois prochain est maintenue.

L'USTR a précisé mardi que le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer avait eu une conversation téléphonique avec le vice-premier ministre chinois Liu He qui mène les négociations pour Pékin. Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a participé à ces entretiens, a-t-on indiqué de source informée.

Un autre contact téléphonique est également prévu dans deux semaines.

Pour sa part, le président Donald Trump a continué à reprocher dans un tweet à la Chine de ne toujours pas avoir acheté de produits agricoles américains, comme promis. Il a aussi affirmé mardi que les Etats-Unis pourraient quitter l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qu'il critique parce qu'elle accorde, selon lui, un traitement de faveur à la Chine au détriment des Etats-Unis.

Avec AFP

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Un commandant américain limogé après avoir alerté sur le Covid-19 à bord d'un porte-avions nucléaire

Le USS Theodore Roosevelt à l'entrée du port de Da Nang, au Vietnam, le 5 mars 2020. (Photo: Reuters)

Le commandant du porte-avions nucléaire américain USS Theodore Roosevelt, qui avait lancé un appel aux accents dramatiques pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus, a été démis de ses fonctions, a annoncé jeudi le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly.

"Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent", avait écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier dans une lettre à sa hiérarchie publiée mardi par le San Francisco Chronicle.

"Nous ne sommes peut-être pas en guerre dans le sens traditionnel du mot, mais nous ne sommes pas non plus complètement en paix", a noté M. Modly au cours d'une conférence de presse. "Et nous demandons à nos commandants de faire preuve de jugement, de maturité, de leadership et de calme sous la pression."

Or le commandant Crozier a "fait preuve d'un très mauvais jugement en période de crise", a-t-il jugé.

Il sera remplacé par son prédécesseur immédiat, le vice-amiral Carlos Sardiello, qui lui avait transmis le commandement du Theodore Roosevelt en novembre dernier et qui connait donc parfaitement le navire.

"Le commandant Crozier a laissé la complexité du défi posé par l'épidémie de Covid à bord prendre le dessus sur son professionnalisme, au moment où le plus urgent était d'agir avec professionnalisme", a estimé M. Modly.

"Je ne doute absolument pas que le commandant Crozier ait fait ce qu'il croyait nécessaire pour le bien-être de son équipage", a-t-il poursuivi.

Mais cette lettre et l'écho qu'elle a recueilli ont "alarmé inutilement les familles de nos marins", a-t-il regretté. Elle a aussi "semé le doute sur les capacités et la sécurité opérationnelles du navire, ce qui aurait pu encourager nos adversaires à en profiter".

"C'est pour ces raisons que j'ai perdu confiance dans sa capacité à continuer à commander ce navire de guerre alors qu'il combat ce virus pour remettre l'équipage sur pied", a-t-il conclu.

Le secrétaire à l'US Navy a souligné que ce n'était pas le fait que le commandant du porte-avion ait lancé une alerte qui méritait son limogeage, mais le fait qu'il ait envoyé un e-mail aussi alarmiste au commandement régional avec une trentaine de personnes en copie.

C'est ce qui a apparemment permis que la lettre soit parvenue au San Francisco Chronicle, a-t-il ajouté sans accuser directement le commandant de l'avoir fait fuiter lui-même.

L'US Navy a commencé à évacuer les trois quarts de l'équipage du Theodore Roosevelt, un porte-avions nucléaire immobilisé à Guam depuis le 28 mars.

Les marins malades ou testés positifs seront placés en quarantaine sur la grande base navale américaine de Guam, qui abrite plusieurs milliers de marins et leurs familles, et ceux qui ne sont pas atteints par le coronavirus dans des hôtels de l'île, pour donner plus d'espace au millier de marins restant à bord et leur permettre de respecter une certaine distanciation sociale.

Le nombre de marins testés positif au Covid-19 est désormais de 114 et "il y en aura probablement des centaines", a indiqué M. Modly, soulignant qu'aucun des marins n'était gravement malade.

Le coronavirus représente un dilemme pour l'armée américaine, qui est fortement mobilisée aux Etats-Unis, où elle participe aux efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie, mais qui veut rester opérationnelle pour continuer à démontrer la puissance militaire des Etats-unis à l'étranger.

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