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Trump lance un appel à l'unité mais reste ferme sur l'immigration

Donald Trump lors du discours sur l'etat de l'Union, Washington, le 30 janvier 2018

Face au Congrès, le président des Etats-Unis a lancé un appel au rassemblement à l'issue d'une première année au pouvoir marquée par les divisions et une avalanche de polémiques et de scandales.

"Ensemble, nous construisons une Amérique sûre, forte et fière", a-t-il lancé lors de son premier discours sur "l'état de l'Union" suivi en direct par des dizaines de millions de téléspectateurs.

Dans un long discours maigre en détails ou en annonces, le locataire de la Maison Blanche a adopté un ton plutôt conciliant sur nombre de sujets même s'il a, fidèle à sa rhétorique, décrit l'immigration d'abord sous le prisme de la violence, de la drogue ou du terrorisme.

"Ce soir, je veux vous parler (...) du type de pays que nous allons devenir. Nous tous, ensemble, comme une seule équipe, un seul peuple et une seule famille américaine", a affirmé le président septuagénaire, régulièrement accusé d'attiser les tensions par ses piques moqueuses voire méprisantes et sa rhétorique enflammée.

Sur Twitter, le vice-président Mike Pence a écrit : "@POTUS a réduit les impôts, fait croître notre économie et a chassé l'EI - et nous commençons à peine. Nous construisons une Amérique sûre, forte et fière!".

Au plus bas dans les sondages, sous la menace de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'interférence russe dans la campagne, M. Trump s'est tenu à l'écart des critiques frontales de ses adversaires. Et a esquissé des pistes de coopération avec les démocrates, de l'immigration aux infrastructures.

Preuve des divisions qui marquent le Congrès: la moitié de l'hémicycle se levait régulièrement comme un seul homme durant le discours, tandis que l'autre restait uniformément assise.

Si ce rendez-vous annuel très prisé du tout-Washington a perdu son effet "mobilisateur" de jadis, il reste chargé en symboles.

Des dizaines d'élues et élus démocrates étaient vêtus de noir en l'honneur des victimes de harcèlement sexuel. Une vingtaine d'élus démocrates noirs portaient une écharpe, une cravate ou un noeud papillon de motif africain coloré Kenté, en soutien aux "pays de merde", expression qui aurait été employée par Donald Trump lors d'une réunion à la Maison Blanche.

Au-delà de la mise en avant de chiffres de croissance encourageants (2,3% en 2017 contre 1,5% en 2016), le président républicain, chantre de la dérégulation, a mis en exergue les bons chiffres de l'emploi. "Pendant des années, les entreprises et les emplois nous quittaient. Aujourd'hui, ils reviennent", a-t-il martelé.

L'exubérant président a aussi appelé démocrates et républicains à travailler main dans la main, pour financer "les infrastructures sûres, rapides, fiableset modernes dont l'économie a besoin et que le peuple mérite". Et appelé de ses voeux un grand plan d'investissement de 1.500 milliards de dollars.

L'immigration figurait en bonne place dans ce discours auquel assistaient un nombre record de "Dreamers", ces "rêveurs" entrés illégalement sur sol américain avec leurs parents lorsqu'ils étaient encore mineurs.

"Ce soir, je tends la main aux élus des deux partis, démocrates comme républicains, pour protéger nos citoyens, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau ou leur religion", a déclaré le président américain, avant de fustiger "les frontières ouvertes" qui ont coûté de "nombreuses vies innocentes".

Mais les débats s'annoncent âpres. L'administration Trump a évoqué une voie d'accès à la citoyenneté pour 1,8 million de sans-papiers si ses adversaires acceptent de débloquer 25 milliards de dollars pour la plus emblématique de ses promesses de campagne: la construction d'un mur à la frontière du Mexique.

Sur le front international, il a appelé à poursuivre avec détermination la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. "Il reste beaucoup à faire. Nous allons poursuivre notre combat jusqu'à ce que l'EI soit défait", a-t-il affirmé.

Le dirigeant américain a par ailleurs signé un décret visant à laisser ouverte la prison de Guantanamo, créée par George W. Bush dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 et que Barack Obama souhaitait fermer.

Pour assurer la "puissance" de Washington, il a exhorté le Congrès à voter les crédits nécessaires pour "moderniser et reconstruire" l'arsenal nucléaire américain afin de "le rendre si fort et si puissant qu'il dissuadera toute agression".

Dans un discours dans lequel il a à peine effleuré ses objectifs diplomatiques, M. Trump a par ailleurs mis en garde contre "la complaisance et les concessions" à l'égard de la Corée du Nord.

Vêtue d'un tailleur pantalon blanc, Melania Trump a fait son retour en pleine lumière après avoir fait l'impasse sur Davos et sur fond d'interrogations sur de possibles tensions au sein du couple présidentiel. Rompant avec la tradition, elle s'est rendue seule au Capitole, avant son mari.

C'est un jeune Congressman au nom chargé d'histoire, Joseph Kennedy III, 37 ans, petit-neveu de l'ancien président John F. Kennedy, qui s'est chargé de donner la réplique au discours présidentiel au nom des démocrates.

Rejetant l'idée selon laquelle les tensions de l'année écoulée résultaient du jeu politique traditionnel, il a dénoncé avec force une administration "qui ne s'attaque pas seulement aux lois qui nous protègent mais aussi à l'idée même que nous sommes tous dignes de protection".

A ceux qui prédisent un "tournant" ou un "nouveau chapitre" de la présidence Trump, nombre d'observateurs rappellent que si, il y a un an, son premier discours devant le Congrès avait été salué pour sa tonalité "présidentielle", la rupture avait été éphémère.

Quelques jours plus tard, le milliardaire accusait dans une salve de tweets --sans la moindre preuve à l'appui-- son prédécesseur Barack Obama de l'avoir placé sur écoutes.

Avec AFP

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Le chef du Pentagone disculpé de toute faute dans ses liens avec Boeing

Le ministre de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, au centre, accompagné du Chef d'état- major, le général Joseph Dunford, à gauche, et du secrétaire en charg de l'armée de l'Air (Air Force), Heather Wilson, devant le Comité des services armés du Sénat.

Le ministre américain de la Défense par intérim Patrick Shanahan a été disculpé jeudi de toute violation des règles d'éthiques du Pentagone à l'issue d'une enquête interne sur ses liens avec son ancien employeur Boeing, chez qui il a passé 30 ans.

M. Shanahan "a pleinement respecté ses engagements et ses obligations éthiques en ce qui concerne Boeing et ses concurrents", a indiqué dans un communiqué l'Inspecteur général du ministère de la Défense, un organisme indépendant chargé des enquêtes internes sur cette administration tentaculaire.

Cette annonce ouvre la voie à une éventuelle nomination par le président Donald Trump de M. Shanahan au poste de ministre de la Défense, qui devra être confirmée par le Sénat.

Dans une plainte déposée en mars, l'organisation Citoyens pour la responsabilité et l'éthique à Washington (CREW) avait demandé à l'Inspecteur général d'ouvrir une enquête à la suite d'informations rapportées par le site d'informations Politico sur des propos que M. Shanahan aurait tenus en privé en faveur de Boeing et au détriment de son concurrent Lockheed Martin.

"Par sa conduite et ses commentaires, le ministre par intérim pourrait avoir violé les règles d'éthique du Pentagone", indiquait le groupe.

A son arrivée en juin 2017 en tant que numéro deux du ministre de la Défense Jim Mattis, M. Shanahan avait signé un accord avec le Pentagone par lequel il s'engageait à ne participer à aucune discussion concernant Boeing.

Outre M. Shanahan lui-même, l'inspecteur général a précisé avoir entendu 33 témoins, consulté 5.600 pages de documents publics et 1.700 pages de documents classés secret-défense.

"Nous n'avons confirmé aucune des allégations", précise le rapport. "Nous avons déterminé que M. Shanahan n'a pas fait les commentaires qui lui étaient attribués, n'a pas fait la promotion de Boeing, et n'a pas dénigré ses concurrents".

"Le bureau de l'inspecteur général a pris ces accusations au sérieux", a souligné l'inspecteur général Glenn Fine. "Les témoignages démontrent que M. Shanahan a pleinement respecté ses obligations et ses engagements éthiques à l'égard de Boeing et ses concurrents."

M. Shanahan a été propulsé à la tête du Pentagone lorsque M. Mattis a démissionné avec fracas en décembre pour protester contre le retrait de Syrie décidé unilatéralement par le président Donald Trump.

M. Trump n'a toujours pas nommé de candidat pour succéder à Jim Mattis.

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