Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Présidentielle 2020

Trump-Biden: un débat chaotique et contentieux

Le président américain Donald Trump et le candidat démocratique Joe Biden à Cleveland, le 29 septembre 2020.

Le président américain Donald Trump et son challenger, l'ancien vice-président Joe Biden, se sont affrontés mardi soir dans un débat chaotique et controversé.

Candidats respectivement des partis républicain et démocrate, Donald Trump et Joe Biden ont tenté pendant 90 minutes de convaincre les électeurs américains que l'autre n'était pas en mesure de diriger les États-Unis pour les quatre prochaines années.

Les deux hommes ont croisé le fer sur plusieurs thèmes, dont: le nombre de morts liés au coronavirus, l'intégrité du vote du 3 novembre prochain, la nomination par Trump de la juriste conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour suprême, les tensions raciales, entre autres sujets.

Le président sortant, Donald Trump, a nié les révélations d'une enquête du New York Times qui affirme qu'il n'a payé que 750 dollars d'impôt fédéral sur le revenu en 2016 et en 2017. M. Trump, candidat à un second et dernier mandat, a déclaré qu'il avait payé "des millions de dollars".

Son adversaire, Joe Biden, l'a accusé de payer "moins d'impôts que l'instituteur moyen".

Présidentielle américaine: premier débat entre Joe Biden et Donald Trump
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 1:51:19 0:00

Insultes et attaques personnelles

La plupart du temps, ils se sont insultés en se lançant des piques, des insultes et des attaques personnelles.

"Il est le pire président que l'Amérique ait jamais eu", a soutenu Joe Biden lors du débat organisé dans une université de la ville du Midwest de Cleveland, dans l'Etat de l'Ohio. Il a également qualifié son adversaire de "clown".

Pour sa part Donald Trump a lancé: "J'ai accompli plus de réalisations en 47 mois [en tant que président] que vous n'en avez fait en 47 ans".

Donald Trump a fait valoir que si Joe Biden remporte la présidence, "vous vivrez une dépression comme personne n'a jamais vu" en raison du plan du démocrate d'augmenter les impôts sur les bénéfices des entreprises de 21% à 28% et sur les individus qui gagnent plus de 400.000 dollars par an.

Lors du débat à Cleveland, le 29 septembre 2020.
Lors du débat à Cleveland, le 29 septembre 2020.

Les deux candidats, tous deux âgés de plus de 70 ans, se sont aussi affrontés sur la manière de contrôler la pandémie aux États-Unis.

"Le président n'a pas de plan", a affirmé son adversaire. "Il savait que c'était mortel et ne vous en a pas parlé."

Joe Biden, faisant allusion aux fréquentes sorties de golf de Donald Trump, a déclaré que le président "devrait arrêter de faire l'autruche" et stopper l'avancée de la pandémie.

Il a aussi fait référence à la récente remarque de Trump selon laquelle le nombre de morts aux États-Unis "ce qu'il en est", ajoutant que c'était parce que "vous êtes ce que vous êtes".

Donald Trump a répondu: "Nous avons fait un excellent travail. Nous sommes à quelques semaines d’un vaccin".

Le président Trump a accusé Joe Biden de l'avoir qualifié de xénophobe pour avoir imposé des restrictions initiales sur les voyages en provenance de Chine, pays d'origine du virus. Il a déclaré que s'il n'avait pas agi, plus de 2 millions de personnes seraient mortes aux États-Unis.

C'était la première fois où les deux candidats se rencontreraient face à face pour débattre. Deux autres débats sont encore prévus. Le vice-président Mike Pence et la candidate démocrate à la vice-présidence, Kamala Harris, auront leur débat le 7 octobre.

Lors de la rencontre de mardi, Donald Trump et Joe Biden se sont fréquemment interrompus.

Traduit et adapté de l'anglais par VOA Afrique. Lire l'article original: Trump, Biden Clash in Chaotic, Contentious Debate

Toutes les actualités

Plainte contre Donald Trump, Rudy Giuliani et deux groupes d’extrême droite

Le président américain Donald Trump (à dr.) embrasse l'ancien maire de la ville de New York, Rudolf Giuliani, lors d'un rassemblement de campagne à Greenville, N.C., le 6 septembre 2016.

Un élu américain et un groupe de défense des droits ont déposé mardi une plainte contre l'ancien président Donald Trump devant un tribunal fédéral, selon un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Les parties plaignantes exigent une compensation financière non spécifiée pour le rôle présumé de l’ancien chef de l’État dans l'attaque du Capitole le 6 janvier, lit-on dans une copie de la plainte qui est parvenue à VOA Afrique.

La plainte, qui a été déposée devant un tribunal fédéral de première instance pour la ville de Washington, où se trouve le Capitole, a été portée par le représentant Bennie Thompson, un démocrate du Mississippi. Ce dernier est appuyé par la National Association for the Advancement of Colored People, NAACP, l'une des plus anciennes organisations de défense des droits des minorités ethniques.

"Ku Klux Klan Act"

En plus des dommages et intérêts, la plainte demande au tribunal de déclarer que M. Trump, qui a quitté ses fonctions le 20 janvier, est coupable d'avoir violé une loi fédérale.

Cette loi, connue de façon informelle sous le nom de "Ku Klux Klan Act", avait été promulguée en 1871 par le président Ulysses Grant, un ancien général qui avait vaincu la rébellion pro-esclavagiste du sud, sous le président Abraham Lincoln lors de la Guerre civile américaine.

La loi interdit tout "complot" visant à empêcher que les membres du Congrès s'acquittent de leurs fonctions officielles, selon la plainte.

Tout comme ce fut le cas dans les deux procès de l'ancien chef d'État devant le Sénat - où il a été acquitté en bonne et due forme - les plaignants tiennent M. Trump pour responsable d’avoir incité une foule enragée à prendre d'assaut le Capitole. Une attaque qui a entraîné, directement et indirectement, la perte de six vies humaines.

Outre le 45e président, sont également accusés son avocat Rudy Giuliani et deux groupes d’extrême droite : les Proud Boys (garçons fiers) et les Oath Keepers (gardiens du serment), accusés d’avoir organisé les aspects tactiques de l’attaque contre le siège du Congrès.

M. Giuliani, 76 ans, est l'ancien maire de la ville de New York. Il est devenu célèbre au niveau national pour sa gestion -- au niveau local -- du lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Il s'était porté candidat lors des primaires du parti républicain à la présidentielle de 2008, mais n'a pas réussi, n'ayant remporté aucun État. Il retire sa candidature et au final c’est l'ancien sénateur de l’Arizona, John McCain, qui gagne. L'élection générale avait finalement été remportée par le démocrate Barack Obama.

Dans leur action en justice, les plaignants soutiennent qu'un "plan commun" a été ourdi par M. Trump, 74 ans, et M. Giuliani pour empêcher le décompte des votes du Collège électoral, qui donnaient Joe Biden vainqueur.

Décrit dans le procès comme une "organisation fraternelle pro-occidentale pour les hommes qui refusent de s'excuser d'avoir créé le monde moderne ; alias les chauvinistes occidentaux", le groupe Proud Boys est accusé d'avoir "organisé et mené l'insurrection au Capitole le 6 janvier 2021".

L'autre entité poursuivie en justice est le groupe des Gardiens du serment (Oath Keepers), qui est décrit comme "une milice" basée à Las Vegas, dans l'État du Nevada. Selon les documents du procès, ce groupe est composé "de militaires et d’agents de la force publique, actuels et anciens".

Immunité présidentielle

Le procès de mardi s'appuie fortement sur les déclarations faites sur les réseaux sociaux par les accusés et des tiers.

"Trump, Giuliani, Proud Boys et Oath Keepers ont planifié, coordonné et exécuté un plan commun pour empêcher le Congrès de remplir ses fonctions officielles en certifiant les résultats de l'élection présidentielle", écrivent les plaignants.

Selon la jurisprudence américaine, les procès en procédure civile ne conduisent généralement pas à l'emprisonnement.

D'après le quotidien USA Today, en général les présidents américains bénéficient d'une vaste immunité contre toutes poursuites judiciaires pour les actes qu'ils ont commis dans le cadre de leurs fonctions officielles. Mais la plainte déposée mardi a été déposée contre M. Trump en tant qu’individu, et non comme président. La partie plaignante affirme que les faits qui sont reprochés à Donald Trump ont été commis hors du cadre de ses fonctions officielles, ce qui engage sa responsabilité individuelle.

Il revient désormais à un ou plusieurs juges de trancher.

Le parti républicain survivra-t-il à l'ère Trump?

Le parti républicain survivra-t-il à l'ère Trump?
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:49 0:00

Une photo de Bernie Sanders fait le tour du monde

Une photo de Bernie Sanders fait le tour du monde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:38 0:00

Un procès "stupide": des ténors républicains contre la destitution de Trump

USA-TRUMP/

La perspective d'une condamnation de Donald Trump dans son procès en destitution paraissait très incertaine dimanche, plusieurs sénateurs républicains se disant fermement contre à la veille de la transmission au Sénat de l'acte d'accusation de l'ex-président pour "incitation à l'insurrection".

"Je trouve ce procès stupide. Je pense que cela va être contre-productif", a tonné le sénateur républicain Marco Rubio dimanche sur Fox.

"Le pays est déjà en flammes et cela revient à verser de l'essence sur ce feu."

Sur fond d'appels au rassemblement lancés par le nouveau président démocrate Joe Biden, plusieurs ténors républicains mettaient ainsi en garde contre les "divisions" que risquerait de creuser encore un tel procès historique.

Si les langues se sont déliées et que même des fidèles, comme Marco Rubio, reconnaissent ouvertement que le milliardaire "porte une part de responsabilité" dans l'assaut meurtrier du Capitole le 6 janvier, plusieurs estiment, comme M. Rubio dimanche, que "remuer tout cela" risquerait de nuire encore plus au pays.

Des sénateurs républicains déclarent même anticonstitutionnel de juger en destitution un ex-président, et cherchent une voie pour empêcher la tenue même du procès, sur cette base.

Plongé dans un silence inédit depuis son bannissement de Twitter, installé dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago, en Floride, Donald Trump continue d'exercer une profonde influence sur son parti.

Et les figures républicaines, plus rares, qui ont vivement dénoncé son rôle dans les violences tombent sous le feu des critiques de la base républicaine.

Mais pas question pour elles d'en démordre, à l'image du sénateur Mitt Romney qui a défendu la tenue d'un procès en destitution dimanche.

"Si nous voulons que ce pays se rassemble, il est important de reconnaître que la responsabilité, la vérité et la justice sont nécessaires", a déclaré le conservateur sur Fox, en laissant entendre qu'il pourrait juger coupable le magnat de l'immobilier, accusé d'avoir incité ses partisans "à l'insurrection" lors des violences du 6 janvier, qui ont fait cinq morts.

Cet ex-candidat à la présidentielle fut le seul sénateur républicain à condamner Donald Trump lors de son premier procès en destitution, en février 2020 dans l'affaire ukrainienne. Le président avait alors été acquitté par un Sénat à majorité républicaine.

Depuis mercredi, les démocrates ont pris le contrôle de la chambre haute mais leur majorité est extrêmement fragile: ils occupent 50 sièges, contre 50 sièges pour les républicains.

En cas d'égalité parfaite dans un vote, la nouvelle vice-présidente Kamala Harris a le pouvoir d'ajouter sa voix pour faire pencher la balance du côté démocrate.

Procès le 9 février

Mais il auront besoin des deux tiers du Sénat pour condamner Donald Trump, soit 17 voix républicaines si l'ensemble des démocrates votent pour. Un nombre qui semble aujourd'hui difficile à atteindre, même si leur puissant chef, Mitch McConnell, a indiqué qu'il n'excluait pas de voter pour sa condamnation.

Avec sa mise en accusation pour "incitation à l'insurrection" votée à la Chambre des représentants le 13 janvier, le républicain est devenu le premier président des Etats-Unis à tomber deux fois sous le coup d'un "impeachment".

Lundi, l'acte d'accusation de la Chambre sera transmis au Sénat à 19H00 (00H00 mardi), marquant l'ouverture formelle du procès. Mais il ne démarrera en plein que deux semaines plus tard, le 9 février.

"Je m'attends à ce que cela aille plus vite" que le premier, qui avait duré 21 jours, a indiqué dimanche l'élue démocrate Madeleine Dean, l'une des "procureurs" de la Chambre.

S'il s'est bien gardé de peser dans les débats sur le bien-fondé de cette procédure, ce délai soulage certainement Joe Biden, qui pourra voir plus de membres de son cabinet confirmés par le Sénat d'ici là. Et espère faire adopter rapidement des mesures phares au Congrès, avant que la chambre haute ne soit monopolisée par le procès.

Mais sa pièce maîtresse, un plan titanesque de relance de l'économie et de lutte contre la pandémie, de 1.900 milliards de dollars, pourrait avoir du mal à rassembler assez de voix au Sénat à en croire les premières oppositions de républicains.

Le "montant total est assez choquant", a ainsi déclaré Mitt Romney dimanche, tout en se montrant ouvert à négocier sur certains points du plan, comme l'aide aux chômeurs ou aux Etats et collectivités locales.

Le 46e président des Etats-Unis lance un appel à "l'unité"

Le 46e président des Etats-Unis lance un appel à "l'unité"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:05 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG