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États-Unis

Trump accusé de racisme par la Chambre des représentants

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, à Washington, le 11 juillet 2019

La chambre basse du Congrès américain a adopté mardi une motion condamnant les "commentaires racistes" du président américain, une accusation dont il s'était plus tôt défendu tout en continuant d'attaquer violemment quatre élues démocrates issues de minorités.

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, "condamne fermement les commentaires racistes du président Donald Trump légitimant et accentuant la peur et la haine des nouveaux Américains et des personnes de couleur", déclare le texte, pour lequel ont également voté quatre élus républicains.

Dans une série de tweets, le tempétueux milliardaire républicain avait conseillé dimanche à plusieurs élues, dont trois sont nées aux Etats-Unis, de "retourner" dans "ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent".

Il avait intensifié ses attaques le lendemain, les accusant de "haïr" l'Amérique.

Donald Trump avait appelé mardi les élus de son parti à ne pas tomber dans le "piège" tendu, selon lui, par ses adversaires.

"Ces tweets n'étaient PAS racistes. Il n'y a pas une once de racisme en moi!", a-t-il martelé, évoquant ses attaques visant Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan).

Puis, fidèle à sa stratégie consistant à alimenter les controverses qu'il a lui-même créées, le milliardaire républicain a pris soin de répéter son message: "Notre pays est libre, magnifique et prospère. Si vous détestez notre pays, ou si vous n'êtes pas heureux ici, vous pouvez partir!"

A l'approche de la présidentielle de novembre 2020, il semble plus déterminé que jamais à galvaniser sa base électorale --très majoritairement blanche-- et à tout faire pour alimenter les divisions chez ses adversaires politiques.

- Prudence -

M. Trump sait qu'il peut compter sur le soutien des ténors républicains du Congrès.

Car si, ici et là, des élus du "Grand Old Party" ont dénoncé les tweets présidentiels, ils sont dans l'ensemble très prudents dans leurs critiques envers celui qui sera --sauf énorme surprise-- leur candidat en 2020.

Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, s'en est tenu à une déclaration très générale. "Nous avons tous une responsabilité (...), nos mots sont importants", a-t-il simplement affirmé, avant d'ajouter, en réponse à une question, que le président n'était, à ses yeux, "pas un raciste".

Pour Kevin McCarthy, chef de la minorité républicaine à la Chambre, toute la polémique "n'est qu'une histoire politique".

Les quatre femmes visées ont répliqué ensemble lundi soir, affichant leur détermination à ne pas céder face aux attaques venues de la Maison Blanche.

Donald Trump "ne sait plus comment défendre sa politique, donc il nous attaque personnellement", a lancé Rashida Tlaib. Ses attaques "sont dans la continuité de sa partition raciste et xénophobe", a-t-elle ajouté.

- "Ignobles et insultantes" -

Pour l'ancien sénateur républicain de l'Arizona Jeff Flake, qui a de nombreuses prises de bec avec le président, le silence des membres de son parti ne peut, dans un cas pareil, se justifier.

"J'ai souvent dit qu'on ne pouvait attendre des élus républicains qu'ils répondent à toutes les déclarations du président. Mais il y des moments où elles sont si ignobles et insultantes qu'il leur appartient de les condamner", a-t-il tweeté.

Chuck Schumer, chef des sénateurs démocrates, a une nouvelle fois déploré le silence dans les rangs du parti présidentiel.

"C'est effrayant de constater à quel point, de manière répétée, nombre de mes collègues républicains laissent juste passer l'orage sans dire le moindre mot", a-t-il lancé. Et de s'interroger sur les raisons de ce silence: un "accord" avec le président ou de la "gêne" face à ses propos.

"Dans les deux cas, c'est inexcusable", a-t-il estimé.

Pour Joe Biden, vice-président sous Barack Obama et candidat à l'investiture démocrate pour 2020, aucun président dans l'histoire américaine "n'a été aussi ouvertement raciste que cet homme".

"Pouvez-vous imaginer un président conservateur comme George W. Bush faire des telles déclarations racistes?", a lancé Bernie Sanders, qui espère lui aussi porter les couleurs démocrates lors de la prochaine présidentielle.

Avec AFP

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Accord sur un fonds de 19 millions de dollars pour indemniser des victimes d'Harvey Weinstein

L'actrice Louisette Geiss lors d'une conférence de presse du groupe de femmes "Silence Breakers", qui ont dénoncé le comportement prédateur sexuel du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, à l'hôtel de ville de Los Angeles, le 25 février 2020. (AP Photo/Chris Pizzello)

Les femmes harcelées ou agressées alors qu'elles travaillaient pour Harvey Weinstein et sa société de production devraient bientôt pouvoir être indemnisées, suite à un accord censé mettre fin à deux actions en justice et annoncé mardi par la procureure de l'Etat de New York.

Selon la procureure Letitia James, l'accord doit encore être validé par deux juges - le juge des faillites qui supervise la liquidation de la Weinstein Company et un juge fédéral new-yorkais.

S'il est accepté, il mettra fin à une action en nom collectif intenté devant la justice civile fédérale contre l'ex-producteur d'Hollywood -qui purge actuellement une peine de 23 ans de prison- ainsi qu'à la plainte déposée en février 2018 par la procureure de New York contre Weinstein, accusé d'avoir notamment exigé des faveurs sexuelles de certaines employées avec la complicité de sa société.

"Après tout le harcèlement, les menaces, les discriminations, ces victimes vont enfin voir justice rendue", s'est félicitée la procureure.

Louisette Geiss, l'une des femmes à l'origine de la plainte en nom collectif contre l'ex-producteur, s'est félicitée de la création d'un fonds qui permettra d'indemniser "beaucoup de victimes qui ont perdu leur carrière, et beaucoup plus".

Les avocats Douglas Wigdor et Kevin Mintzer, représentant six victimes présumées d'Harvey Weinstein, ont cependant dénoncé un projet d'accord "profondément injuste".

Ils ont notamment souligné qu'Harvey Weinstein n'y acceptait aucune responsabilité pour ses actes, qu'il ne contribuerait pas financièrement au fonds, et que les victimes qui voudraient poursuivre les compagnies d'assurance du producteur et de sa société ne le pourront plus car elles seront libérées de toute obligation par l'accord.

Le communiqué de la procureure mardi ne mentionne pas un autre projet d'accord annoncé en décembre, qui prévoyait le versement de quelque 25 millions de dollars aux victimes présumées dans le cadre d'un accord global qui solderait l'ensemble des dettes, contentieux et obligations de la Weinstein Company.

Plusieurs accords distincts sont négociés entre avocats pour solder une série de procès intentés au civil dans le sillage de l'affaire Weinstein, qui a éclaté en octobre 2017 et donné naissance au mouvement #MeToo, mouvement de dénonciation des agressions sexuelles souvent impunies perpétrées par des hommes de pouvoir.

Accusé d'agressions sexuelles et de harcèlement par une centaine de femmes, Harvey Weinstein, 68 ans, a été jugé coupable d'un viol et d'une agression sexuelle par un jury new-yorkais en février dernier.

New York revoit le budget de sa police

Des agents de police de New York arrêtent un homme sur une promenade à New York, le 21 juin 202

La ville de New York a adopté dans la nuit de mardi à mercredi un budget annuel réduisant les fonds alloués à ses services de police, illustration de l'impact des manifestations antiracistes même si la mesure a été critiquée de toutes parts.

Le budget de la première métropole américaine pour l'année fiscale 2021 qui s'ouvre ce 1er juillet rogne les dépenses policières de plus d'un milliard de dollars, par rapport à un budget opérationnel de la police new-yorkaise - la plus importante des Etats-Unis avec quelque 36.000 agents - de quelque 6 milliards, selon le maire de New York Bill de Blasio.

Selon lui, ces coupes répondent aux exigences de réformes des manifestations antiracistes portées par le mouvement #BlackLivesMatter qui ont suivi la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

A New York comme ailleurs, les demandes de transfert des fonds alloués à la police municipale au profit des minorités défavorisées ont été une revendication phare des manifestants.

M. de Blasio souligne avoir renoncé à embaucher 1.100 policiers qui devaient commencer leur formation en juillet. Et assure que son budget répond aux demandes pour plus de justice sociale comme au "désir profond" de sécurité des 8,5 millions de New Yorkais.

Mais les mesures ont été jugées insuffisantes, voire purement cosmétiques, par l'aile gauche du parti démocrate, et ont été critiquées par les républicains qui voient dans une récente augmentation des fusillades à New York la preuve que la police doit être soutenue.

Donald Trump a ainsi accusé dans un tweet mercredi le maire de "neutraliser et mépriser" une police qu'"il déteste".

Le président américain s'en est aussi pris à la décision du maire de placer prochainement un panneau à l'emblème de "Black Lives Matter" devant la tour Trump, sur la 5e Avenue, où habitait le milliardaire jusqu'à son élection.

Après que le maire eut déclaré sur la chaîne MSNBC qu'il voulait ainsi que le président "entende (...) trois mots pour lesquels il n'a jamais montré aucun respect", M. Trump a estimé que la police ne devrait "peut-être" pas laisser apposer "ce symbole de haine sur la plus prestigieuse rue new-yorkaise".

Le budget new-yorkais 2021 s'inscrit dans un contexte de coupes budgétaires imposées par la pandémie, avec la crise économique et le manque à gagner fiscal qu'elle a générés.

Il atteint 88,1 milliards de dollars, soit sept milliards de moins qu'une version préliminaire adoptée en février, un mois avant que la pandémie ne mette la capitale économique américaine à l'arrêt.

Le maire explique depuis plusieurs semaines que si le gouvernement fédéral n'accorde pas d'aide substantielle à la ville ou si l'Etat de New York ne l'autorise pas à recourir à l'emprunt, quelque 22.000 postes municipaux devront être supprimés le 1er octobre, affectant tous les services de base.

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