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Trois morts au Darfour où le président Béchir est en visite


Des militaires effectuent une patrouille dans le village de Tabit au Darfour-Nord, le 20 novembre 2014.

Trois personnes ont été tuées vendredi au Darfour lors d'affrontements entre forces gouvernementales soudanaises et des résidents d'un camp de déplacés, a indiqué l'ONU, alors que le président Omar el-Béchir est en visite dans cette région meurtrie par la guerre.

M. Béchir est recherché par la Cour pénale internationale pour des accusations de génocide et de crimes de guerre au Darfour (ouest) où des insurgés issus de minorités ethniques, s'estimant marginalisés, ont pris les armes en 2003 contre le pouvoir de Khartoum, aux mains de la majorité arabe.

Ce conflit a fait près de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l'ONU.

Le dirigeant soudanais affirme que la guerre est aujourd'hui terminée au Darfour, ce que contestent des organisations de défense des droits de l'Homme.

Vendredi, des habitants du camp de déplacés de Kalma, dans le Sud-Darfour, qui protestaient contre la visite du président soudanais ont affronté les forces gouvernementales, a indiqué la mission conjointe de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine au Soudan (Minuad).

Trois personnes ont été tuées et 26 autres blessées, selon la Minuad.

Le chef de cette mission, Jeremiah Mamabolo, a appelé à un "retour au calme le plus rapidement possible".

Une épaisse fumée était visible au-dessus du camp et des effectifs de police anti-émeute étaient déployés à l'extérieur alors que des ambulances de l'ONU évacuaient des blessés, selon un photographe de l'AFP accrédité par les autorités pour suivre la visite de M. Béchir.

Non loin de ce camp de Kalma, où s'entassent plus de 125.000 déplacés par les combats, le président Béchir a appelé à la réconciliation lors d'un discours dans le village de Shattaya, théâtre de plusieurs batailles depuis le début du conflit.

"Je veux remercier le peuple de Shattaya pour la réconciliation", a-t-il dit. "Je veux que le monde sache que nous sommes ici, avec vous. Nous continuerons à vous soutenir jusqu'à ce que le dernier déplacé retourne chez lui, dans sa ferme".

Mercredi, il avait pressé les habitants du Darfour de rendre leurs armes volontairement, dans le cadre d'une collecte menée par le gouvernement.

M. Béchir est en tournée dans cette région à quelques semaines de la décision du président américain Donald Trump concernant la levée définitive des sanctions de son pays contre le Soudan, attendue le 12 octobre.

Les Etats-Unis avaient imposé ces sanctions au Soudan en 1997 pour son soutien présumé à des groupes islamistes et les a laissées en place notamment à cause du conflit au Darfour et de violations des droits de l'Homme.

Washington a indiqué qu'il basera sa décision de lever les sanctions sur plusieurs points, dont l'amélioration de l'accès à l'aide humanitaire au Darfour.

Avec AFP

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