Liens d'accessibilité

Quatre morts à Bouaké après des affrontements


Des soldats mutins ont pris le contrôle de la ville de Bouaké, Côte d’Ivoire, 6 janvier 2017.

Quatre ex-rebelles "démobilisés" ont été tués et au moins une quinzaine blessés mardi lors de la dispersion de leur attroupement par les forces de sécurité à Bouaké, deuxième ville de Côte d'Ivoire et épicentre des mutineries de soldats en janvier et mai.

Trois corps ensanglantés ont été amenés au Centre hospitalier universitaire de Bouaké, a constaté le journaliste, peu après l'assaut des forces de police qui ont dispersé vers 7 heures (locales et GMT) les manifestants bloquant depuis la veille l'entrée sud de la ville.

Une quatrième personne gravement blessée est décédée vers midi à l'hôpital, a appris l'AFP de source hospitalière sous couvert de l'anonymat.

Les démobilisés, dont le nombre est estimé à environ 6.000 (pour ce mouvement qui réclament des primes) à travers le pays, sont d'anciens rebelles qui n'ont pas été intégrés à l'armée, contrairement aux mutins. Lors de la mutinerie mi-mai, un démobilisé avait été tué à Bouaké par des soldats révoltés qui estimaient que les revendications des démobilisés mettaient en péril le paiement de leurs primes.

Le gouvernement accuse les démobilisés d'être responsables

Les trois décès pendant l'opération de dispersion des ex-rebelles démobilisés qui bloquaient l'entrée sud de Bouaké (centre) sont dus à l'explosion d'une grenade dégoupillée par des manifestants, affirme le ministère de l'Intérieur dans un communiqué mardi après-midi.

"Les forces de sécurité ont déployé les moyens conventionnels, (...) certains des manifestants armés ont dégoupillé une grenade offensive qui a explosé en leur sein", selon le texte du communiqué signé du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko.

"Le bilan à cette heure est de trois personnes décédées suite à l'éclat des fragments de grenade, quatorze blessés dont quatre cas graves".

"Du côté des forces de l'ordre, trois éléments de la Gendarmerie et deuxéléments de police ont été blessés par des projectiles", précise le texte.

"Le Gouvernement appelle au calme et invite nos concitoyens à poser leurs préoccupations aux autorités dans le calme et dans le respect des lois", conclut le communiqué.

La ministre de la Solidarité Mariatou Koné, qui s'était rendue à Bouaké lundi, avait affirmé brièvement au téléphone mardi matin, avant que le bilan des victimes soit connu : "J'appelle au calme car la violence ne règle rien". "Il faut que la paix règne en Côte d'Ivoire", a-t-elle dit prônant "la voie de la négociation et du dialogue".

Bouaké, centre des violences

Le défunt devait être enterré lundi et les démobilisés avaient appelé à une journée d'action pour ses funérailles. Ils ont bloqué l'entrée sud à Bouaké et l'entrée nord de la ville de Korhogo (nord) dans la journée alors qu'une cinquantaine d'entre eux ont vainement tenté de bloquer l'entrée nord d'Abidjan.

Les démobilisés réclament "18 millions de FCFA de primes" (27.000 euros) alors que les mutins ont obtenu 12 millions (18.000 euros) après avoir mené deux mouvements de janvier et mai.

A Bouaké, ancienne "capitale" de la rébellion ayant soutenu le président Alassane Ouattara pendant la crise électorale de 2010-2011, les forces de l'ordre sont intervenues pour déloger les démobilisés de l'entrée sud de la ville qui se situe sur le principal axe du pays, reliant Abidjan au nord du pays et au Burkina Faso.

Cette route vitale avait déjà été bloquée pendant plusieurs jours lors des mutineries de la semaine dernière. Plus de 500 camions avaient été quasiment immobilisés pendant la crise de quatre jours, les mutins contrôlant alors les entrées sud et nord de Bouaké. Dimanche, le trafic n'était toujours pas revenu à la normale. Un important contingent de forces de l'ordre étaient positionné à l'entrée sud de Bouaké mardi.

Un accord conclu entre le gouvernement et les mutins avait permis de mettre fin au mouvement lancé le 12 mai à Bouaké.

Les mutins ont obtenu satisfaction en quelques jours à la pointe du fusil alors que les fonctionnaires ivoiriens font régulièrement grève depuis des mois, réclamant augmentations de salaires et paiement d'arriérés de primes estimés à plus de 200 milliards de FCFA (300 millions d'euros).

L'économie ivoirienne connaît une croissance soutenue mais la forte baisse des cours du cacao, produit d'exportation vital pour la Côte d'Ivoire, a obligé le gouvernement à revoir son budget à la baisse.

Avec AFP

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG