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Trois femmes journalistes sur quatre victimes de violences en ligne, selon l'Unesco

Des journalistes philippines, dont Maria Ressa (2ème à droite), lauréate 2021 du Prix mondial de la liberté de la presse Unesco/Guillermo, dénonçant les attaques contre la presse lors d'un rassemblement à Quezon City aux Philippines, le 15 février 2019.

Près de trois femmes journalistes sur quatre affirment avoir été victimes de violences en ligne et 20% d'avoir souffert du prolongement de ces attaques dans leur vie, selon une étude de l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture.

La violence en ligne envers les femmes journalistes varie entre "des attaques à grande échelle ou des menaces extrêmes à un moment donné" et "des agressions constantes d'un niveau inférieur" sur les réseaux sociaux, constate l'Unesco dans une vaste étude publiée vendredi.

Celle-ci comprend une enquête mondiale menée auprès de 901 journalistes originaires de 125 pays étayée par 173 entretiens approfondis, 15 études de cas par pays et l'analyse de plus de 2,5 millions de messages Facebook et Twitter visant deux journalistes d'investigation, la Britannique Carole Cadwalladr et l'Americano-philippine Maria Ressa, lauréate 2021 du Prix mondial de la liberté de la presse Unesco/Guillermo Cano.

Les attaques subies par les femmes journalistes sont "soit sexistes, soit sexualisées", elles sont "très souvent axées sur des caractéristiques personnelles comme leur physique, leur origine ethnique ou culturelle plutôt que sur le contenu de leur travail", précise Saorla McCabe.

Ces cyberviolences rejaillissent aussi dans le monde physique: 20% des journalistes interrogées affirment avoir subi des agressions, injures et harcèlement hors ligne liés aux cyberattaques. Ce taux bondit à 53% pour les femmes journalistes arabes, d'après l'Unesco.

A la clé aussi, un impact sur la santé psychique pour 26% des journalistes interrogées (certaines souffrent de stress post-traumatique) et le risque d'auto-censure sur les réseaux sociaux (30% des journalistes interrogées).

D'où la question de la responsabilité des réseaux sociaux, identifiés dans l'étude comme "les principaux vecteurs" de cette cyberviolence, Facebook et Twitter étant les plus utilisés par les journalistes.

"Une plus grande transparence" sur la manière "dont ces attaques sont gérées par les processus de modération" des différentes plateformes et sur les algorithmes "serait nécessaire", conclut Saorla McCabe.

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Un journaliste français porté disparu dans le nord du Mali

Un soldat français se tient à l'intérieur d'un hélicoptère militaire à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai 2017.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le journaliste français Olivier Dubois dit avoir été enlevé le mois dernier dans le nord du Mali par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une branche locale d'Al-Qaïda.

Dans la vidéo, le journaliste est assis sous une tente et demande aux autorités et à ses proches de faire "tout ce qui est en leur pouvoir pour me faire libérer".

Il précise que c'est dans la ville de Gao qu'il a été enlevé, le 8 avril 2021.

La disparition du journaliste a été confirmée mercredi à l'agence Reuters par une source au ministère français des Affaires étrangères.

La source a ajouté que le ministère était en contact avec la famille du journaliste, effectuant des vérifications techniques sur l'authenticité d'une vidéo vue en ligne.

Sur Twitter, Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), a demandé la libération d'Olivier Dubois, exhortant les autorités maliennes et françaises à tout faire pour obtenir sa libération.

Il ajoute que l'ONG avait été informée de la disparition d'Olivier Dubois deux jours après son enlèvement mais elle avait décidé, en concertation avec les rédactions qui emploient habituellement le journaliste, de ne pas rendre l'événement public, afin, dit-il, de ne pas entraver une éventuelle résolution rapide.

Olivier Dubois travaille habituellement pour l'hebdomadaire Le Point et le quotidien Libération.

La France est intervenue au militairement au Mali depuis 2013 pour, dit-elle, lutter contre les islamistes armés qui menaçaient alors la capitale Bamako après avoir pris le contrôle du nord du pays. Cette intervention s'inscrit désormais dans une coalition plus large de cinq pays sahéliens confrontés à des degrés divers à une menace djihadiste.

Le GSIM a revendiqué en décembre et janvier la mort de cinq soldats français dans deux attaques distinctes au Mali.

La France confirme la "disparition" du journaliste Olivier Dubois

Des soldats de la force conjointe du G5 Sahel assistent à l'inauguration du nouveau quartier général de Bamako le 3 juin 2020.

Un journaliste français, Olivier Dubois, collaborateur de différents médias, affirme avoir été kidnappé début avril au Mali par des jihadistes affiliés à Al-Qaïda, dans une vidéo à la provenance indéterminée circulant sur les réseaux sociaux mercredi.

Un responsable aux Affaires étrangères françaises à Paris a confirmé à l'AFP la "disparition" d'Olivier Dubois, qui a coopéré avec des médias français comme le Point Afrique ou le quotidien Libération.

Dans un brève vidéo d'une vingtaine de secondes, Olivier Dubois explique avoir été enlevé le 8 avril à Gao (nord) par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), principale alliance jihadiste au Sahel.

Assis par terre, les jambes croisées sur une toile de couleur verte, dans ce qui semble être une tente, il dit s'adresser à sa famille, à ses amis et aux autorités françaises "pour qu'elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour me faire libérer".

Le journaliste, vêtu d'un costume traditionnel rose clair, la barbe bien taillée, regarde fixement la caméra et s'exprime d'une voix ferme. Les mouvements de ses doigts et d'une jambe semblent néanmoins traduire une certaine nervosité.

"Nous confirmons la disparition au Mali de M. Olivier Dubois. Nous sommes en contact avec sa famille ainsi qu’avec les autorités maliennes. Nous procédons aux vérifications techniques d’usage", a assuré à l'AFP un responsable du ministère français des Affaires étrangères.

Le quotidien Libération, pour lequel il travaillait régulièrement depuis avril 2020, a indiqué ne pas souhaiter faire de commentaire dans l'immédiat.

Il n'y avait plus de Français otage dans le monde depuis la libération en octobre 2020 de Sophie Pétronin, une septuagénaire enlevée près de 4 ans plus tôt, par des hommes armés à Gao également, où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance.

Mme Pétronin avait été libérée en même temps que l'homme politique malien Soumaïla Cissé, décédé depuis, et que deux Italiens, Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli, également enlevés par des jihadistes.

Malgré des conjectures persistantes, le gouvernement malien n'a jamais confirmé le paiement d'une rançon, en plus de la libération de 200 prisonniers, dont un certain nombre de jihadistes, contre la liberté de ces quatre otages.

En octobre 2020, la Suisse avait été informée que le GSIM) avait exécuté Béatrice Stöckli, une missionnaire évangélique, qui avait été enlevée en janvier 2016 à Tombouctou. En mars dernier, le ministère suisse des Affaires étrangères avait indiqué que son corps avait pu être retrouvé et formellement identifié.

Le Mali est en proie depuis 2012 à une poussée jihadiste partie du Nord, qui a plongé le pays dans une crise sécuritaire et s'est étendue au centre du pays. Les violences se sont également propagées au Burkina Faso et au Niger voisins.

Les violences - jihadistes, intercommunautaires ou autres - ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, malgré l'intervention des forces de l'ONU, française et africaines.

Une assurance maladie pour les journalistes du privé au Togo

Le SG du SYNJIT, Isidore Kouwonou, remettant la carte d’assuré au journaliste Kossi Balao, à Lomé, 14 avril 2021. (VOA/Kayi Lawson)

Un syndicat de journalistes s'est associé à une compagnie d'assurance pour fournir une assurance maladie à ses membres, une première dans le pays.

Les journalistes togolais vivent dans une précarité quasi-absolue. Pour rendre leur travail un peu plus décent, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT), a pu décrocher une assurance maladie pour la corporation auprès de l’Institut national d’assurance maladie (INAM).

Depuis le 1er avril dernier, ces journalistes, du moins ceux qui y ont souscrit, et leurs ayant droits bénéficient d’une assurance maladie. Offrir de la protection sociale aux journalistes est l’une des priorités que s’est fixée le SYNJIT.

"Au Togo, peu sont les journalistes qui ont un salaire dans leurs organes. Presque tous les journalistes ne sont pas assurés, ne sont pas déclarés à la caisse nationale de sécurité sociale. Et étant conscient de cette situation, nous avons jugé bon de souscrire à l’assurance maladie", a expliqué Isidore Kouwonou, secrétaire-général du SYNJIT.

"Cela participe aussi à la liberté de la presse. Parce qu’un journaliste qui ne se sent pas à l’aise dans son travail, ne peut pas travailler en toute liberté", a précisé le syndicaliste.

La protection sociale est l’un des critères qui évalue la décence d’un travail ou sa précarité, rappelle Gilbert Adomey, coordonnateur à l’Institut national d’assurance maladie (INAM) pour la région de Lomé.

"Tout emploi qui n’a pas de protection sociale est un emploi précaire. Donc ça veut dire que jusqu'à aujourd'hui, votre emploi n’était pas vraiment un emploi très solide. Maintenant, vous évoluez vers l’emploi décent", a indiqué ce responsable de l’INAM.

Avec des cotisations mensuelles allant de 2.500 francs CFA, (moins de 5$) à 4.000 francs CFA (moins de 8$), selon la taille du ménage, les journalistes togolais assurés à l’INAM espèrent pouvoir mieux vivre.

"Ça relève d’une importance très capitale pour nous. Dans la mesure où ça permet à des journalistes qui ne sont pas payés, qui ne sont pas rémunérés, de pouvoir prendre en charge leur famille, de ne pas paniquer lorsqu’un membre de leur famille ou eux-mêmes tombent malade dans l’exercice de leur métier", a laissé entendre le journaliste Kossi Balao.

Son confrère Patrick Dégbévi estime qu’il pourra désormais se donner totalement à son travail.

"Quand votre enfant est couvert par l’assurance maladie, quand vous-même vous avez de petits soucis de santé, vous êtes couvert par l’assurance maladie, ça nous permet de nous donner à 100% sur le terrain, en réalité", a souligné Patrick Dégbévi.

La spécificité de l’assurance maladie pour ces journalistes togolais du privé est que ces derniers assument entièrement leurs cotisations. En tant qu’employés, une partie de ces cotisations devrait être supportée par les patrons de presse. Mais ce n’est pas le cas.

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