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Trente-trois candidatures invalidées pour les législatives au Gabon


La présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise Marie Madeleine Mborantsuo arrive à la cérémonie d'investiture au Palais présidentiel de Libreville, au Gabon, le 7 mai 2018.

Trente-trois candidatures aux élections législatives et locales d'octobre au Gabon ont été invalidées par la Cour constitutionnelle, parmi lesquelles celle de l'opposante de poids Chantal Myboto-Gondjout.

"Plus de trente invalidations!", titrait lundi matin le quotidien national L'Union rapportant un communiqué de la Cour constitutionnelle, qui a par ailleurs validé 17 candidatures et décidé de 9 remplacements.

En amont d'élections prévues début octobre, la Cour, chargée de valider les résultats des élections, devait statuer sur près de 175 recours déposés pour invalider des candidatures ou en valider d'autres rejetées par le Centre gabonais des élections (CGE), l'organe organisant les scrutins.

Une seule liste de candidatures du parti au pouvoir a été invalidée, a confirmé à l'AFP la porte-parole du PDG, Flore Angangou.

La candidate du premier parti d'opposition, l'Union nationale Chantal Myboto-Gondjout, dans le 1er arrondissement de Libreville, avait fait l'objet d'une requête auprès de la Cour introduite par son rival du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Gabriel Mouelet Malonga, disant que le suppléant de Mme Myboto, Lambert Assang, n'aurait pas démissionné du PDG.

Mme Myboto s'était défendue avec un document signé d'un représentant du PDG et attestant que M. Assang n'est pas membre du PDG.

L'invalidation de la candidature de Mme Myboto n'est "pas une surprise", selon son avocat Eric Moutet.

Selon lui, une rivalité personnelle opposerait même la présidente de la Cour, Marie-Madeleine Mborantsuo, à Mme Myboto, les deux femmes étant d'anciennes compagnes d'Omar Bongo, père de l'actuel président Ali Bongo.

Les élections législatives et locales - les premiers scrutins d'importance depuis les présidentielles de 2016 - sont prévues le 6 octobre. Un second tour pour les législatives sera organisé le 27 octobre.

Lundi, plusieurs intellectuels gabonais ont publié une tribune dénonçant une nouvelle mesure de la Cour instaurant un coût pour les recours allant jusqu'à 5 millions de FCFA (7.623 euros) pour contester une présidentielle.

Plusieurs intellectuels dont l'économiste Mays Mouissi, proche de l'opposition, s'insurgent également contre le découpage électoral, datant de janvier, qui favoriserait le pouvoir.

"Un électeur du département de la Lekoni-Lékori dans le Haut-Ogooué (fief de la famille présidentielle) a un poids électoral 8,5 fois supérieur à celui d'un électeur de la ville de Port-Gentil (la capitale économique)" pour un député, a calculé l'économiste.

Avec AFP

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