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Côte d'Ivoire

Changer la Constitution pour rester au pouvoir, une pratique courante en Afrique

Les manifestations des Guinéens contre le 3ème mandat du président Alpha Condé, le 7 novembre 2019.

Le projet de nouvelle Constitution du président guinéen Alpha Condé vise, selon l'opposition, à lui permettre de briguer un troisième mandat, un procédé utilisé par de nombreux chefs d'Etat africains avant lui pour se maintenir au pouvoir.

- Tentatives réussies -

- COMORES: en 2018, un référendum constitutionnel a renforcé les pouvoirs du président Azali Assoumani, l'autorisant notamment à accomplir deux mandats au lieu d'un. Il a été réélu en mars 2019, lors d'un scrutin entaché de fraudes selon des observateurs internationaux.

- RWANDA: fin 2015, les Rwandais ont voté massivement en faveur d'une révision de la Constitution permettant à Paul Kagame de se présenter pour un nouveau mandat en 2017 et de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034.

- CONGO: une nouvelle Constitution adoptée lors d'un référendum controversé en 2015 a fait sauter les verrous qui interdisaient à Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat: la limite d'âge et celle du nombre des mandats. Il a été réélu en mars 2016.

- BURUNDI: en 2015, la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat a plongé le pays dans une grave crise. En mai 2018, les Burundais ont approuvé par référendum une réforme de la Constitution permettant à M. Nkurunziza de rester en poste jusqu'en 2034. Mais celui-ci a surpris en assurant qu'il ne serait pas candidat à sa succession en 2020.

- ZIMBABWE: une nouvelle Constitution approuvée par référendum en 2013 a permis à Robert Mugabe de se porter candidat à la présidentielle, qu'il a remportée. Mais il a été contraint à la démission en novembre 2017, après 37 ans de règne. Il est mort en septembre dernier à 95 ans.

- DJIBOUTI: en 2010, le Parlement, entièrement acquis à la cause d'Ismaël Omar Guelleh, a adopté une révision constitutionnelle supprimant toute limitation du nombre de mandats présidentiels. Au pouvoir depuis 1999, Omar Guelleh a pu briguer de nouveaux mandats en 2011 et 2016.

- ALGERIE: le Parlement a supprimé en 2008 la limitation à deux mandats présidentiels en plébiscitant un projet de révision de la Constitution. Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a été réélu en 2009 puis en 2014. Il a toutefois démissionné en avril 2019 sous la pression d'une contestation inédite.

- CAMEROUN: l'Assemblée a adopté en 2008 une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a été réélu pour un septième mandat en octobre 2018.

- OUGANDA: une réforme de la Constitution a supprimé en 2005 toute restriction du nombre de mandats pour le chef de l'Etat. Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, a été réélu en 2006, 2011 et 2016.

- TCHAD: en 2005, une révision constitutionnelle adoptée lors d'un référendum controversé a supprimé la limitation à deux quinquennats présidentiels. Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, a été réélu en 2006, 2011 et 2016.

- TOGO: en décembre 2002, un amendement à la Constitution a fait disparaître la limite de deux mandats présidentiels, permettant à Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis 1967, de briguer un nouveau mandat en 2003. En 2015, son fils, Faure Gnassingbé, qui lui avait succédé après son décès en 2005, a été réélu pour un troisième mandat.

- Tentatives avortées -

- BURKINA FASO: la volonté de Blaise Compaoré de modifier la Constitution afin de briguer un nouveau mandat après plus de 27 ans de pouvoir a été à l'origine du soulèvement populaire qui l'a contraint à l'exil, fin octobre 2014.

- ZAMBIE: Frederick Chiluba a vainement essayé en 2001 de changer la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat, mais a dû y renoncer sous les protestations de l'opinion.

- MALAWI: le Parlement s'est opposé en 2002 à ce que Bakili Muluzi brigue deux ans plus tard un troisième mandat, auquel l'opposition et les Eglises étaient hostiles.

- REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: le maintien au pouvoir de Joseph Kabila après la fin de son second mandat fin 2016 a provoqué une crise politique émaillée de violences. Après trois reports de l'élection présidentielle depuis 2016, l'opposant Félix Tshisekedi lui a succédé en janvier 2019.

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Soro porte plainte à Paris contre le procureur ivoirien

L'ex-président de l'Assemblée National Guillaume Soro

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt sous l'accusation d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire", a déposé plainte à Paris contre le procureur d'Abidjan, ont fait savoir jeudi ses avocats.

"Les avocats de M. Guillaume Soro (...) ont déposé, une plainte auprès du Procureur de la République de Paris (...) pour des faits de captation illicite de la vie privée, diffusion illégale, de montage illicite et de tentative d'escroquerie au jugement", selon son cabinet de communication qui a également transmis le certificat de plainte déposée mercredi.

Ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, M. Soro, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle d'octobre 2020, avait tenté le 23 décembre de revenir en Côte d'Ivoire, après six mois à l'étranger. Mais, après avoir appris qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt, Soro était reparti en avion vers l'Europe. Plusieurs de ses proches dont des députés ont été ensuite arrêtés.

"Cette plainte fait suite à la diffusion d'un enregistrement par le procureur de la République, Richard Adou, lors d'une conférence de presse au tribunal de première instance d'Abidjan, le 26 décembre et qui a motivé par ce dernier l'émission d'un mandat d'arrêt international contre M. Guillaume Soro", dit le communiqué.

Selon le certificat daté du 22 janvier, M. Soro a porté plainte "contre X" et contre le procureur Richard Adou mais aussi contre trois autres personnes qu'il soupçonne d'avoir participé à l'enregistrement de ses conversations.

Longtemps allié au président Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Abidjan détaille les chefs d’accusations contre Guillaume Soro
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M. Soro, figure de la vie politique ivoirienne et populaire parmi la jeunesse, ambitionnait de bousculer l'échiquier politique ivoirien pour la présidentielle de 2020.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3.000 morts, le scrutin s'annonce tendu. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés
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Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Le parlement ivoirien à Abidjan, le 9 janvier 2017.

L'Assemblée nationale ivoirienne, où le pouvoir dispose d'une majorité absolue, a annoncé mardi avoir voté la levée de l'immunité parlementaire de cinq députés pro-Soro arrêtés après le retour avorté le 23 décembre de l'ex-chef rebelle Guillaume Soro, dont l'immunité a également été levée.

"L'immunité parlementaire des députés est levée suite à un vote au scrutin secret des membres du bureau de l'Assemblée nationale", selon le texte daté de lundi.

La levée d'immunité de Loukimane Camara, Kando Soumahoro, Alain Lobognon, Mamadou Soro, Soumaila Yao ainsi que de Guillaume Soro, a été votée après "une requête du groupe RHDP" (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), coalition soutenant le président Alassane Ouattara, précise le communiqué.

La justice ivoirienne accuse l'ex-Premier ministre et ex-président de l'Assemblée nationale d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire" pour s'emparer du pouvoir. M. Soro avait appris le 23 décembre qu'un mandat d'arrêt avait été lancé à son encontre alors qu'il était dans un vol le ramenant en Côte d'Ivoire après six mois d'absence à l'étranger. Il avait alors fait demi-tour tandis que les forces de l'ordre avaient arrêté certains de ses proches dont les cinq députés.

"C'est une situation totalement ubuesque. On baigne dans le non-droit, dans les vices de procédure. Un groupe parlementaire ne peut pas demander la levée de l'immunité de députés et encore plus le bureau de l'Asssemblée ne peut pas statuer sur la levée de l'immunité", a réagi Louis Ouattara, un proche de M. Soro.

Longtemps allié d'Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Jusqu'à cette affaire, M. Soro était considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Les évêques ivoiriens "préoccupés" avant la présidentielle

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