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Génocide au Rwanda: Macron reçoit une association de soutien aux rescapés

Une photo prise le 30 avril 2018 montre des personnes qui ramassent les ossements des victimes dans une fosse commune à Kabuga, dans la banlieue de Kigali au Rwanda. Selon l'association principale des survivants du génocide, IBUKA, le mot signifie «souviens-toi» en kinyarwanda /

A la veille des cérémonies dimanche pour le 25e anniversaire du génocide au Rwanda, où il ne sera pas présent, Emmanuel Macron reçoit vendredi à Paris des représentants de l'association Ibuka France, dédiée au "soutien aux rescapés" et à la "mémoire" de cette tragédie.

Le président français pourrait également dévoiler vendredi la composition d'un "groupe de chercheurs" chargé d'examiner les archives françaises sur la période du génocide au Rwanda et sur la période d'engagement de la France de 1990 à 1994 dans ce petit pays d'Afrique des Grands Lacs.

"Après la venue à Paris en mai dernier" du président rwandais Paul Kagame et "à l'issue d'une rencontre bilatérale avec M. Macron, ce dernier avait pris plusieurs engagements dont celui de nommer une commission d'historiens pour travailler sur les archives françaises sur la période d'engagement de la France au Rwanda entre 1990 et 1994", a rappelé jeudi à l'AFP une source à l'Elysée.

Les zones d'ombres sur le rôle de Paris avant, pendant et après ce génocide - qui fit selon l'ONU au moins 800.000 morts d'avril à juillet 1994, essentiellement au sein de la minorité tutsi - restent une source récurrente de polémique en France.

Parmi les points les plus disputés figurent l'ampleur de l'assistance militaire apportée par la France au régime du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana de 1990 à 1994 et les circonstances de l'attentat qui lui coûta la vie le 6 avril 1994, élément déclencheur du génocide.

Convié très officiellement par M. Kagame, M. Macron sera le grand absent des cérémonies de commémoration du génocide à Kigali dimanche. Il a décliné l'invitation en invoquant des problèmes d'agenda. Soucieux des symboles, M. Macron y dépêchera le député Hervé Berville, orphelin tutsi rwandais adopté par une famille française en 1994.

"Le sujet de l'engagement de la France au Rwanda a fait l'objet de plusieurs tentatives d'analyse et d'élucidation", relèvent des sources diplomatiques.

"Les rescapés ne sont pas ceux qui s'expriment le plus à ce sujet, mais ce sont les plus exaspérés et les plus touchés par ce sur-place et cet engrenage de polémiques" sur la période d'engagement de la France au Rwanda entre 1990 et 1994. "Ils sont demandeurs d'une démarche sincère et efficace", ont renchéri ces sources diplomatiques auprès de l'AFP.

- "Signe positif" -

Ibuka France, fondée en 2002, est le pendant français d'Ibuka ("Souviens-toi"), principale organisation de survivants du génocide au Rwanda.

"Ibuka - Mémoire, Justice et Soutien aux rescapés" est une ONG oeuvrant "pour la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, la justice envers les responsables de crimes génocidaires et le soutien aux rescapés des massacres", précise le site internet d'Ibuka France.

Interrogé par l'AFP avant cette rencontre au palais de l'Elysée, Marcel Kabanda, président depuis 12 ans d'Ibuka France, a déclaré y aller "en toute confiance". "C'est bien qu'un président de la République s'intéresse à nous, surtout dans le contexte de la commémoration de ce 25e anniversaire. C'est un signe positif".

"Nous espérons que cette rencontre traduira une volonté de changement" dans l'attitude de l'Etat français, en particulier sur la "prise en compte de cette mémoire" et vers "davantage d'investissement dans la recherche des génocidaires et de la vérité", a-t-il relevé.

Il estime qu'il "faut avoir le courage d'ouvrir les fameuses boîtes des archives" françaises. "Il faut tout montrer, cela apaisera les esprits et les interrogations (...) Sinon, les soupçons se transforment en vérité".

Ces polémiques récurrentes "c'est angoissant pour les Français, c'est frustrant pour les rescapés. C'est un poison. C'est comme un abcès, et on ne peut pas vivre longtemps avec un abcès", ajoute le président d'Ibuka France.

Avec AFP

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Assassinat de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana: non-lieu prononcé en France

Un rebelle du Front patriotique rwandais (FPR) passe sur le site de l'accident d'avion du 6 avril qui a tué le président rwandais Juvenal Habyarimana, le 23 mai 1994, à Kigali. (AP Photo/Jean Marc Bouju/Archives)

La Cour d'appel de Paris a confirmé vendredi le non-lieu rendu après vingt ans d'enquête sur l'attentat contre l'avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, épisode déclencheur du génocide de 1994 au Rwanda, ont annoncé à la presse les avocats des parties.

Après six mois de délibérations, les magistrats de la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel ont confirmé la décision des juges antiterroristes qui ont ordonné, le 21 décembre 2018, d'abandonner les poursuites contre neuf membres ou anciens membres de l'entourage de l'actuel président rwandais Paul Kagame.

Les avocats de la famille Habyarimana et de celles de l'équipage français de l'avion ont immédiatement annoncé qu'ils formaient un pourvoi en cassation contre cette décision.

A défaut d'un procès immédiat, ils espéraient a minima que la Cour ordonne la réouverture des investigations, afin que la justice française se fasse communiquer un rapport secret de 2003 du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui attribuait la responsabilité de l'attaque au clan Kagame.

"C'est une décision qui ne nous surprend pas, malheureusement" mais "ça ne met pas fin au combat des parties civiles, le combat d'une vie", a réagi à la sortie de l'audience Me Philippe Meilhac, l'avocat d'Agathe Habyarimana, la veuve de Juvénal Habyarimana.

Il a dénoncé une "chape de plomb" et "une connotation politique omniprésente" dans ce dossier, citant des propos récents du président Kagame.

"Vouloir rouvrir un dossier classé, c’est vouloir créer des problèmes", avait mis en garde cette semaine le président rwandais dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique, au sujet de cette affaire qui empoisonne les relations diplomatiques franco-rwandaises depuis plus de 20 ans.

Pour les avocats de la défense, Me Léon-Lef Forster et Bernard Maingain, cette décision de 64 pages, qui n'a pas encore été communiquée aux parties, "est une étape fondamentale".

"Parler de satisfaction serait aller trop loin, mais c'est déjà une étape qui est une forme de soulagement", a déclaré Me Forster, déplorant un pourvoi en cassation qui constitue, selon lui, une nouvelle "manoeuvre dilatoire" des parties civiles.

Le 6 avril 1994, l'avion transportant Juvénal Habyarimana, un Hutu, et le président burundais Cyprien Ntaryamira avait été abattu, durant sa phase d'atterrissage vers Kigali, par au moins un missile. Cet attentat est considéré comme le déclencheur du génocide qui fit plus de 800.000 morts au cours des trois mois suivants, selon l'ONU, principalement dans la minorité tutsi.

Qui est l'auteur du tir fatal contre l'avion présidentiel ? Les enquêteurs français ont longtemps privilégié la responsabilité des rebelles tutsis, menés par Paul Kagame devenu président du pays en 2000, avant de s'orienter -sans davantage aboutir- vers une implication d'extrémistes hutus, soucieux de se débarrasser d'un président trop modéré à leurs yeux.

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Abandonnés par l'ONU, les réfugiés rwandais vivent le calvaire au Congo-Brazzaville

Les réfugiés rwandais, ici au camp de Kintele, redoutent de rentrer, le 15 juin 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Quelque 8.400 réfugiés rwandais sont sans statut depuis fin décembre 2018. Cette situation les expose à de nombreuses tracasseries et les enfants n'ont pas le droit d'étudier au-delà des classes primaires.

Situé à une trentaine de kilomètres au nord de Brazzaville, le camp de Kintélé accueille des réfugiés rwandais depuis 23 ans. Près de 500 personnes y vivent.

Dans l'ensemble du territoire congolais, ils sont environ 8.400 à vivre comme des clandestins. Depuis 2018, ils n'ont plus droit à la protection car le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le gouvernement congolais ont invoqué la clause de cessation de statut des réfugiés dans ce pays.

Au quotidien, ces ressortissants rwandais font face à diverses tracasseries policières.

Théogene Akim Rukundo, un habitant du camp, estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour leur retour au Rwanda.

"Ces cabanes sont érigées depuis 23 ans. Le processus enclenché par l'Etat congolais et le HCR pour la cessation de notre statut n'a pas respecté les conventions internationales en matières de droits de réfugiés", affirme-t-il.

Retourner au Rwanda relèverait du suicide, explique-t-il, car les ex-rebelles qui les avaient forcés à l'exil sont toujours au pouvoir à Kigali.

Plus de 8000 réfugiés rwandais sont sans statut depuis 2018
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Le président de la Communauté rwandaise au Congo, Aloyse Bayounga, qui habite le même camp, se plaint des tracasseries policières. "Nous sommes devenus comme le marché de la police. Lorsqu'un réfugié est arrêté, on lui demande sa carte qui en fait est déjà périmée. On le menace avant de lui demander de l'argent, parfois on le dépouille de tous ses objets de valeur", décrit-il.

Les enfants nés sur cette terre de refuge sont sous une forme d'ambiguïté juridique.

"En principe, il fallait que nos enfants aussi aient les droits comme un enfant qui est né au Congo. A cause du problème de cartes, nous n'avons plus de liberté pour exercer une activité. Nos enfants aussi n'ont pas de cartes parce qu'ils sont nés de parents rwandais", déplore Angélique Karuyonga, mère de famille.

A Brazzaville, plusieurs associations suivent la situation de ces réfugiés et appellent les autorités à faire preuve d'empathie.

Alain Kombo est le président de l'Association pour les droits de l'homme et l'univers carcéral (ADHUC), qui s'est saisie de l'affaire depuis 5 ans. Il demande la mise en place d'une commission indépendante qui assurera la confiance entre les réfugiés et les autorités actuelles du Rwanda, "et ainsi, ils vont rentrer chez eux".

Plus de 8000 réfugiés rwandais sont sans statut depuis 2018

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