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Un Touareg islamiste devant la CPI pour destruction de mausolées à Tombouctou

Ahmad Al Mahdi Al Faqi, à gauche, entre dans la salle du tribunal pour sa comparution initiale devant la CPI à La Haye -30/09/15

Un chef touareg d'un groupe islamiste malien lié à Al-Qaïda, soupçonné d'avoir dirigé la destruction en 2012 de mausolées à Tombouctou, a comparu mercredi devant la Cour pénale internationale, une première à plusieurs égards pour l'institution.

Ahmad Al Faqi Al Mahdi est de fait le premier jihadiste devant la CPI, le premier suspect arrêté dans l'enquête de la Cour sur le Mali et le premier poursuivi par la CPI pour destructions d'édifices religieux et monuments historiques.

Sa comparution dite "initiale", expédiée en une trentaine de minutes, fait suite à son transfèrement dans la nuit de vendredi à samedi au centre de détention de la CPI, à La Haye. Il était précédemment détenu au Niger.

Épaisse chevelure frisée, barbe, lunettes rectangulaires, le suspect, habillé d'un costume bleu foncé, chemise claire et cravate rouge, s'est adressé en arabe à la Cour.

"Mon nom est Ahmad Al Faqi Al Mahdi, je suis de la tribu touareg Al Ansar, je suis né il y a environ 40 ans", a-t-il dit au juge qui lui demandait de s'identifier. "J'étais un fonctionnaire dans l'éducation dans le gouvernement malien en 2011".

Le juge Cuno Tarfusser a ensuite demandé au greffe de lire les crimes de guerre retenus contre le suspect, avant de lui lire ses droits : "Vous êtes présumé innocent jusqu'à preuve du contraire".

Il a finalement fixé au 18 janvier le début de l'audience de confirmation des charges, étape de la procédure durant laquelle la procureure doit convaincre les juges que son dossier est assez solide pour mener à un procès.

- 'Cité des 333 saints' -

Selon l'accusation, M. Al Mahdi était un des chefs d'Ansar Dine, un groupe islamiste radical associé à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

En tant que tel, il aurait dirigé la destruction de dix édifices religieux dans la vieille ville de Tombouctou, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.

Fondée entre le XIe et le XIIe siècles par des tribus touareg, Tombouctou a été un grand centre intellectuel de l'islam et une ancienne cité marchande prospère des caravanes.

La CPI avait ouvert en 2013 une enquête sur les exactions commises au Mali par les groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Ces derniers avaient pris le contrôle du nord du Mali en mars-avril 2012, après la déroute de l'armée face à une rébellion à dominante touareg. Tombouctou était restée sous leur contrôle entre avril 2012 et janvier 2013.

Considérant la vénération des saints comme de l'"idolâtrie", les islamistes avaient défiguré la Cité des 333 saints", notamment en visant les mausolées.

La Fédération internationale des droits de l'Homme a salué le transfert de M. Al Faqi à la CPI, mais, dit-elle, "le bureau du procureur doit prendre en compte de graves allégations sur la responsabilité pénale de M. Al Faqi pour d'autres crimes contre des civils, dont le viol, l'esclavage sexuel et le mariage forcé".

- Brigade des moeurs -

C'est en tant que chef présumé de la "Hesbah", la brigade des moeurs, que M. Al Faqi a dirigé et participé personnellement aux attaques contre les monuments, affirme le mandat d'arrêt délivré à son encontre.

L'accusation liste neuf mausolées et une des trois plus importantes mosquées de la ville, Sidi Yahia. Il participait en outre à l'exécution de décisions prises par le Tribunal islamique de Tombouctou, selon l'accusation.

Le juge Tarfusser lui a demandé s'il souhaitait s'exprimer quant aux charges retenues contre lui, M. Al Faqi a dit: "Je ne souhaite pas faire de déclarations, je vais consulter mon avocat et son équipe".

Également connu sous le nom d'Abou Tourab, M. Al Faqi est originaire d'Agoune, à 100 kilomètres à l'ouest de Tombouctou. Aucune indication n'a été donnée sur la date et les circonstances de son arrestation.

Les jihadistes qui contrôlaient le nord du Mali en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

L'Unesco a lancé en 2014 un vaste programme de reconstruction de Tombouctou et notamment de ses mausolées.

Avec AFP

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Les résultats de la présidentielle au Malawi retardés pour cause de litiges

Un policier au centre Tally à Blantyre, le 24 mai pendant un briefing May 24, 2019,

La Commission électorale du Malawi (MEC) a suspendu vendredi la publication des résultats des élections présidentielle et législatives disputées mardi, le temps de régler les nombreux recours et plaintes déposés par les partis politiques.

Diffusés jeudi après le dépouillement de trois-quarts des bureaux de vote du pays, les derniers chiffres provisoires accordaient un clair avantage au président sortant Peter Mutharika, crédité de 40,49% des suffrages, devant le chef de l'opposition Lazarus Chakwera avec 35,44% des voix.

"La Commission ne donnera pas de nouveaux résultats à ce stade parce que leur publication est soumise à la résolution des litiges", a indiqué vendredi la présidente de la MEC, Jane Ansah.

"La Commission travaille sans relâche, jour et nuit, pour faire en sorte de fournir des résultats crédibles au processus électoral", a-t-elle poursuivi devant la presse à Blantyre, "nous nous assurons que chaque bulletin décompté dans les bureaux de vote l'est également au centre national".

Selon Mme Ansah, les services de la MEC ont reçu un total de 147 requêtes concernant les scrutins présidentiel, législatif et locaux qui se sont déroulés mardi.

La plupart concernent des bulletins annotés ou recouverts de "blanc" ou des accusations de falsifications de procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote.

Mercredi soir, M. Chakwera avait affirmé être "très largement en tête", selon des chiffres compilés par son propre état-major, et accusé le pouvoir de préparer des fraudes.

De nombreux incidents avaient émaillé les élections générales précédentes en 2014.

La société civile malawite et les observateurs se sont cette année félicités du bon déroulement, jusque-là, du scrutin, largement reconnu comme libre, transparent et équitable. Certains d'entre eux redoutent toutefois des tensions à l'approche des résultats.

La prochaine conférence de presse de la Commission électorale a été annoncée pour samedi.

Au pouvoir depuis 2014, Peter Mutharika a fait campagne pour un second mandat en louant son action au pouvoir pour améliorer les infrastructures du pays, notamment les routes, mais son règne a été terni par des scandales de corruption.

Ebola en RDC : quatre morts et 132 attaques contre des équipes médicales

L'équipe médicale au centre de traitement contre Ebola (ETU).

Le ministère congolais de la Santé a recensé 132 attaques contre les équipes sanitaires depuis le début de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo il y a dix mois, avec un bilan humain de quatre morts.

"Entre le 1er aout 2018 et le 20 mai 2019, 132 attaques contre des formations sanitaires ont été enregistrées dans le cadre de l'épidémie d'Ebola, causant quatre morts et 38 blessés parmi les agents de santé et les patients", a indiqué le ministère dans son dernier bulletin quotidien diffusé vendredi.

Des infirmiers "ont dénoncé les menaces de mort et de destruction des structures sanitaires qu'ils reçoivent ces derniers jours en raison de leur rôle dans la riposte contre Ebola", ajoute le ministère.

"A cause de cette violence ciblée, plusieurs médecins et infirmiers des territoires de Beni et Lubero ont dû déménager ou quitter temporairement leur habitation, forçant ainsi certaines structures sanitaires à fermer leurs portes", ajoute-t-on.

Les infirmiers lors d'une assemblée générale jeudi ont demandé aux autorités "de s'impliquer pour mettre fin à ce phénomène de violence contre les agents de santé car, si les menaces ne cessent pas, ils envisagent de faire une grève sèche".

"Au total, il y a eu 1.248 décès (1.160 confirmés et 88 probables) et 490 personnes guéries" depuis le début de l'épidémie le 1er août, selon le ministère.

Les Nations unies viennent de nommer jeudi un "coordinateur de l'intervention d'urgence" contre l'épidémie d'Ebola.

Il s'agit de l'actuel représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'ONU, David Gressly, qui doit donner une conférence de presse lundi à Kinshasa.

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Kenya : 14 corps, dont des bébés, retrouvés dans les rivières de Nairobi

Une aire de jeux pour enfants située sur les rives de la rivière Nairobi, dans un parc de micro-loisirs créé par des jeunes des taudis et située sur une partie de la rive des eaux très polluées du fleuve à Korogoc. Photo : le 17 mai 2019 à Nairobi

Les corps de 14 personnes, pour la plupart des bébés ou enfants, ont été découverts depuis le début de l'année dans le cadre d'une opération d'envergure pour nettoyer les rivières de Nairobi, a-t-on appris vendredi auprès de l'administration kényane.

Le corps d'un garçon de huit ans qui avait été étranglé et abandonné près de la Nairobi River, le principal cours d'eau de la capitale, a été trouvé vendredi. Quelques jours auparavant, deux bébés jumeaux avaient été découverts dans un sac plastique.

"Les jeunes du comté de Nairobi qui s'occupent du nettoyage de la Nairobi River ont aujourd'hui (vendredi) trouvé un nouveau corps d'un garçon étranglé et jeté près de la rivière", a déclaré un porte-parole du comté, Elkana Jacob.

"Cela fait un total de 14 corps d'adultes et de bébés retrouvés dans les rivières de Nairobi depuis que le gouverneur Mike Sonko a lancé la campagne de nettoyage", a-t-il ajouté.

Fredrick Okinda, président de l'association environnementale Komb-Green Solutions, qui participe au nettoyage, a dénoncé les cliniques illégales pratiquant l'avortement, certains des corps découverts semblant, selon lui, être ceux de foetus.

"Certains hôpitaux font avorter de jeunes filles et ils n'ont aucun endroit pour jeter les corps", a-t-il déclaré à l'AFP. L'avortement est illégal au Kenya, à moins que la femme ne soit en danger de mort.

D'autres de ces bébés semblent avoir été "jetés après être nés", a souligné M. Okinda. Son organisation a enterré certains bébés près de la Nairobi River.

Le nom Nairobi vient de la langue maa, le langage des Maasai, signifiant "l'endroit de l'eau fraîche". Mais les cours d'eaux de la capitale n'ont pas échappé aux méfaits de l'industrialisation et d'une urbanisation débridée.

Des usines déversent des déchets industriels dans ces rivières, et les habitants de dizaines de bidonvilles dépourvus de tout système de traitement des eaux usées ou des déchets y jettent leurs ordures ménagères.

Les opérations de nettoyage ont commencé au début de l'année. "Le nombre de corps retrouvés dans les rivières est inquiétant", avait réagi samedi M. Sonko dans un communiqué. "Nous avons demandé à la police d'enquêter sur ces cas. Qui sont les gens derrière ces meurtres insensés ?”

"Une fois que les rivières auront été nettoyées, personne ne jettera plus rien à l'eau sans qu'on le voit faire", avait-il affirmé. "Mes équipes travaillent jour et nuit pour s'assurer que nous réussissions à faire ce que nous avons décidé."

Outre huit bébés et le jeune garçon trouvé vendredi, les corps de cinq adultes ont été trouvés dans ces opérations de nettoyage depuis le début de l'année, dans la Nairobi River et ses affluents, la Ngong River et la Mathare River.

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