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Economie/ Société

Total annonce une découverte "importante" d'hydrocarbures en Afrique du Sud

Le groupe français Total a annoncé jeudi une découverte "importante" d'hydrocarbures au large de l'Afrique du Sud, aussitôt saluée par le gouvernement de Pretoria comme un "coup de pouce" potentiel à son économie en difficulté.

Dans une déclaration publiée à Paris, le pétrolier a précisé avoir identifié ce gisement de condensats - des hydrocarbures à l'état gazeux et liquide - dans le bassin de l'Outeniqua, à 175 kilomètres au large de la côte sud du pays.

"Il s'agit d'un gisement qui pourrait représenter un volume d'environ 1 milliard de barils, du gaz et des condensats", a commenté devant la presse le PDG de Total, Patrick Pouyanné, qui présentait les résultats 2018 de son groupe.

"C'est probablement un gros gisement", a-t-il ajouté, "mais dans une région où l'exploitation s'annonce difficile, avec de fortes vagues et une météo pas très facile".

Ces conditions météo difficiles avaient contraint Total à suspendre une précédente campagne de recherches dans ce même secteur en 2014.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s'est réjoui de la découverte du groupe français, une première pour son pays.

"Elle pourrait bien changer la donne pour notre pays et aura des conséquences significatives pour notre sécurité énergétique", a déclaré M. Ramaphosa lors de son discours annuel devant le Parlement.

L'Afrique du Sud traverse depuis la crise financière de 2008 une passe difficile, caractérisée par une faible croissance et un fort taux de chômage (près de 28%).

Au pouvoir depuis un an, le président Cyril Ramaphosa a promis de relancer l'économie, sans résultats tangibles jusque-là, et d'éradiquer la corruption qui a éclaboussé le règne de son prédécesseur Jacob Zuma.

"Cette découverte est une bonne chose pour l'Afrique du Sud car elle coche toutes les cases", a commenté pour l'AFP l'analyste Makwe Masilela, "des emplois vont être créés, les investissements après lesquels le pays court vont arriver".

Ce gisement, si son importance se confirme, permettra aussi au pays de réduire ses importations de gaz.

"L'Afrique du Sud importe l'essentiel de son gaz du Mozambique et cherche depuis longtemps à en trouver (...) pour ne plus dépendre d'un autre", a ajouté M. Masilela.

La découverte doit désormais être confirmée par une campagne d'étude sismique puis le forage de quatre puits.

"L'importance réelle du gisement reste encore inconnue et de nombreuses données doivent encore être évaluées pour déterminer s'il pourra être commercialisé", a mis en garde Ben Payton, du cabinet Verisk Maplecroft.

Le bloc où le gisement a été découvert est géré par Total (45%), avec Qatar Petroleum (25%), le canadien CNR International (20%) et le consortium sud-africain Main Street (10%).

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Angola : annulation d'un méga-contrat immobilier piloté par Isabel dos Santos

Le nouveau président angolais Joao Lourenço, aux côtés de sa femme, salue la foule lors de sa prestation de serment à Luanda, Angola, 26 septembre 2017.

Le président angolais Joao Lourenço a annulé l'attribution de contrats de plus d'un milliard d'euros pour un projet immobilier piloté par Isabel dos Santos, la fille de son prédécesseur José Eduardo dos Santos, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

"Après avoir établi des surfacturations (...) les contrats sont annulés", a annoncé un décret présidentiel qui dénonce aussi la "violation de principes de moralité" dans ce dossier.

En janvier 2016, le président dos Santos avait approuvé un contrat attribué à plusieurs sociétés, parmi lesquelles Urbinveste dont sa fille Isabel est la principale actionnaire pour la construction d'un nouveau quartier dans la capitale Luanda.

Isabel dos Santos a jugé "infondées" les accusations de surfacturation.

"Il y a une volonté délibérée de discréditer, de viser des gens et des projets antérieurs, mais pour quel objectif ?", s'est-elle demandé sur Twitter.

Dans un communiqué, Urbinveste a accusé l'Etat angolais d'avoir annulé le contrat sans présenter de "preuves de surfacturation", jugeant la décision de Joao Lourenço "incompréhensible (...) et incohérente".

La société affirme avoir "suivi les procédures de passation des marchés publics et obtenu la validation du prix (...) par des institutions telles que la Cour des comptes".

Les relations entre la famille dos Santos et le président Lourenço sont exécrables depuis que le premier a passé le relais au second en 2017, après trente-huit ans de règne.

Le nouveau président, issu du même parti, a lancé une purge de grande ampleur dans l'administration et les entreprises publiques qui a visé les proches de l'ancien chef de l'Etat.

Symboles de ce nettoyage, sa fille Isabel a été évincée en 2017 du poste de PDG de la compagnie pétrolière Sonangol et son fils José Filomeno dos Santos démis de ses fonctions à la tête du Fonds souverain en 2018.

La plupart des membres de la famille dos Santos se trouvent désormais à l'étranger.

Un ramadan frugal pour des Syriens au pouvoir d'achat érodé par la guerre

Des civils syriens attendent leur évacuation par le Croissant-Rouge syrien dans l'enclave de la Ghouta orientale, Syrie, 22 mars 2018,

Dans le souk de Bab Srijeh, l'un des plus réputés de Damas, Abou Anas al-Hijazi scrute les étals de produits alimentaires mais renonce à acheter. Ses revenus ayant fondu avec la guerre, ce Syrien est contraint à un ramadan frugal.

"Nous avions l'habitude de convier six ou sept fois la famille et les amis à des repas copieux" pour l'"iftar", la rupture du jeune au coucher du soleil, se souvient cet homme de 45 ans, chanteur dans un groupe se produisant lors de mariages.

"Mais maintenant, j'invite une ou deux fois, tout au plus", ajoute-t-il.

Pour beaucoup en Syrie, pays à l'économie dévastée par plus de huit ans de guerre, les célébrations du ramadan ont dû se faire de plus en plus modestes.

Selon l'ONU, 83% de la population vit aujourd'hui sous le seuil de la pauvreté, contre 28% avant la guerre qui a éclaté en mars 2011 et fait plus de 370.000 morts.

Et 80% des ménages peinent à assurer leurs besoins alimentaires de base, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

"Cette année, nous offrons de petites portions à la place des festins", explique Abou Anas.

"Plus rien n'est pareil" qu'avant, regrette-t-il.

- "Pas assez d'argent" -

A l'instar d'Abou Anas, Rabbah Ammar souffre également des retombées socio-économiques de la guerre et contrôle strictement chaque dépense.

"Je viens au souk de Srijeh (...) car les prix y sont plus abordables", explique cette femme de 52 ans habitant au sud de Damas.

Elle a économisé des mois durant en prévision du ramadan et doit adapter les ingrédients qu'elle utilise pour respecter son budget.

"Nous avons remplacé les petits pois par les fèves car elles sont moins chères et les courgettes sont désormais farcies au riz à cause du prix élevé de la viande", raconte Mme Ammar.

A proximité, Abou Imad vaporise de l'eau sur les tomates charnues de son étal de primeurs pour leur donner belle allure.

Il affirme que les prix ont fortement baissé cette année.

"Le prix d'un kilogramme de concombres était de 700 livres syriennes (1,5 euro) l'année dernière (...) Aujourd'hui, il se vend à 200" livres (40 centimes d'euros), précise-t-il.

Assis à côté de cagettes de légumes, Talal Chawkal observe passer les clients devant son petit magasin.

Il explique que la baisse des prix cette année était liée à une hausse de l'offre. Les fermes de la Ghouta orientale, une région proche de Damas que le régime a reprise aux rebelles l'an dernier au terme d'une offensive militaire meurtrière, ont en effet recommencé à produire.

Mais la demande n'est pas au rendez-vous car "les gens n'ont pas assez d'argent pour acheter", souligne-t-il.

- Achat à l'unité -

Porteur de courses depuis des années, Mohammad Imad Kobeissi pâtit également de l'érosion du pouvoir d'achat.

"Aujourd'hui, j'attends très longtemps avant qu'un client ne me demande" de l'aider, confie cet homme de 60 ans. La plupart des gens quittent le souk "avec un ou deux sacs" remplis tout au plus et "ils peuvent les porter sans moi", dit-il.

Sur l'un des trottoirs de ce souk populaire, Abou Ammar arrange courgettes et concombres sur le chariot de bois qui lui sert de stand.

"Je travaille sur ce marché depuis l'âge de 10 ans", explique cet homme de 60 ans.

"C'est la première année que des clients achètent les légumes à l'unité", raconte ce déplacé originaire de la Ghouta orientale.

"Je comprends très bien la situation des gens (...) Personnellement, j'ai dû vendre ma voiture pour pouvoir assumer les dépenses quotidiennes".

Parfois, poursuit-il, "des clients me demandent seulement trois courgettes, je les leur donne gratuitement et leur demande en contrepartie de prier pour moi".

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