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Droits humains

Tigré: les soldats érythréens ont tué des centaines de civils, selon une ONG

Des réfugiés éthiopiens qui ont fui la région de Tigré font la queue pour recevoir une aide alimentaire dans le camp d'Um-Rakoba dans l'État d'Al-Qadarif, à la frontière, au Soudan, le 11 décembre 2020.

Les soldats érythréens ont tué des centaines de civils, y compris des enfants, dans un massacre perpétré en novembre à Aksoum, dans la région éthiopienne du Tigré (nord), a dénoncé vendredi l'organisation Human Rights Watch (HRW).

Ce rapport est le deuxième d'envergure à documenter le massacre d'Aksoum (ou Axoum), après celui la semaine dernière d'Amnesty International qui décrivait comment les troupes érythréennes "se sont déchaînées et ont méthodiquement tué des centaines de civils de sang-froid".

Ces conclusions s'inscrivent dans un contexte d'inquiétude croissante de la communauté internationale sur les atrocités présumées commises par les troupes érythréennes qui ont combattu, aux côtés de l'armée fédérale, les autorités dissidentes du Tigré lors d'une opération militaire lancée par Addis Abeba début novembre.

Jeudi, la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet a appelé à une enquête indépendante sur ces exactions susceptibles de constituer des "crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

Addis Abeba et Asmara continuent de nier la présence de troupes érythréennes au Tigré.

Selon le rapport d'HRW, les forces éthiopiennes et érythréennes sont entrées le 20 novembre dans Aksoum, un des hauts lieux de l'Eglise chrétienne orthodoxe inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Auparavant, la ville avait été la cible de tirs d'artillerie lourde "à l'aveugle", tuant des civils.

Les soldats érythréens se sont alors livrés à "des pillages à grande échelle" sous le regard passif de leurs homologues éthiopiens, indique le rapport.

"J'ai demandé à un soldat: +Pourquoi vous ne faites rien? Vous êtes Ethiopiens et nous sommes en Ethiopie; vous laissez des Erythréens faire ça", rapporte le communiqué citant un habitant.

"Le soldat m'a répondu: 'Nous avons besoin d'un ordre d'en haut'".

Le massacre a débuté le 28 novembre, après que des combattants tigréens ont attaqué des soldats érythréens avec l'aide d'habitants, détaille HRW.

Après avoir fait venir des renforts, les Erythréens ont commencé "à se déplacer en ville, allant de maison en maison, à la recherche de jeunes hommes et de garçons, et les exécutaient".

Tout comme Amnesty, HRW estime en l'état impossible de fournir un bilan exact, mais selon ses estimations, "plus de 200 civils ont très certainement été tués durant les seuls 28 et 29 novembre".

La semaine dernière, l'AFP s'est rendue dans le village tigréen de Dengolat où les responsables religieux ont assuré que les troupes érythréennes avaient exécuté 164 civils.

Depuis la publication du rapport d'Amnesty, le gouvernement du Premier ministre et prix Nobel de la Paix 2019 Abiy Ahmed a indiqué que des enquêteurs fédéraux se penchaient "sur des allégations crédibles" d'atrocités et d'abus au Tigré, y compris à Aksoum.

Mais le gouvernement a aussi dénigré les conclusions d'Amnesty et a accusé l'organisation de "renforcer la désinformation et la propagande du TPLF et de ses acolytes", en référence au Front de libération du peuple du Tigré, le parti qui dirigeait la région avant d'en être délogé par l'opération militaire.

"Les dirigeants éthiopiens et érythréens ne peuvent désormais plus se réfugier dans le déni et devraient ouvrir un espace pour la justice et des réparations", a déclaré la directrice de Human Rights Watch pour la Corne de l'Afrique Laetitia Bader.

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A Moscou et Saint-Petersbourg, des milliers de manifestants pour Navalny

La police russe porte le leader de l'opposition, Alexeï Navalny, au centre d'une manifestation contre le président Vladimir Poutine sur la place Pouchkine à Moscou, en Russie, 5 mai 2018.

Des milliers de manifestants défilaient mercredi soir à Moscou et Saint-Pétersbourg en soutien à l'opposant Alexeï Navalny, emprisonné et en grève de la faim, malgré un important dispositif policier.

La police a fait état de 6.000 personnes dans la capitale et 4.500 dans la deuxième ville de Russie, tandis que les organisateurs des rassemblements n'ont pas fourni d'estimations de leur nombre.

Les journalistes de l'AFP ont constaté la présence de foules importantes, sans qu'elles atteignent l'ampleur des manifestations du mois de janvier après l'arrestation de M. Navalny.

Scandant des slogans tels que "Poutine voleur !" et "Liberté !" pour l'opposant, les manifestants à Moscou se sont rassemblés près du Kremlin puis se sont dirigés non loin de là vers le siège des services de sécurité (FSB).

Ils étaient encadrés par les membres des forces de l'ordre, casqués et armés de matraques, mais ceux-ci n'étaient pas intervenus vers 18H00 GMT, deux heures après le début du mouvement, contrairement à ce qui s'était passé au mois de janvier lorsque les manifestations avaient été brutalement réprimées.

Les protestataires interrogés par l'AFP balançaient entre détermination et une certaine déception de ne pas être plus nombreux.

"Je ne pense pas que cette action pourra sauver Navalny, il faudrait au moins 200 ou 300.000 personnes dans la rue. Là, ce n'est pas le cas", constatait Alexandre Boutouzov, 51 ans.

"C'est un combat pour l'avenir", estimait pour sa part Andreï Zamiatine, un entrepreneur de 51 ans : "Navalny veut changer le système et il est puni pour cela".

A Saint-Pétersbourg, les arrestations étaient plus nombreuses qu'à Moscou, selon une journaliste de l'AFP qui a vu notamment un policier utiliser un taser contre un manifestant.

Au moins 10 civils tués dans une attaque de miliciens en Ituri

Des soldats de la mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) montent à bord d'un véhicule alors qu'ils patrouillent dans la région de Djugu, ravagée par la violence, dans la province de l'Ituri, à l'est de la RDC, le 13 mars 2020.

Au moins dix civils, dont six enfants, ont été tués mardi en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, dans une attaque attribuée aux miliciens du groupe Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), a-t-on appris de source onusienne.

"A Nyara, au moins dix personnes tuées par les FPIC, avec plusieurs magasins pillés", a annoncé à l'AFP une source de la mission des Nations unies en RDC (Monusco), ajoutant que parmi elles figuraient "six enfants".

"Au moins 12 civils ont été tués par arme blanche ce matin (mardi) lors d'une incursion des (miliciens)– #FPIC à Nyara", selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST en anglais), qui dispose d'une équipe d'experts en Ituri.

"L'attaque a commencé à 4 heures (5 heures GMT). Des miliciens du groupe armé FPIC ont également brûlé des maisons", a déclaré à l'AFP Batagura Zamundu, un chef local, affirmant avoir enregistré "12 morts et 4 blessés", dans l'attaque.

La milice FPIC prétend défendre les intérêts de la communauté Bira.

L'armée a confirmé l'attaque, mais avec un bilan de cinq personnes tuées. "La situation est sous contrôle", a déclaré à l'AFP son porte-parole en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo.

Offensive de l'armée congolaise contre des rebelles en Ituri
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"Il y a eu intervention des forces armées de la RDC, mais en retard et l'ennemi est encore aux alentours", a déploré Batagura Zamundu.

Les violences en cours ont fait "plus de 2.000 (morts) à Bunia pour la seule année 2020", selon des statistiques publiées par l'épiscopat catholique congolais.

Depuis le début de l'année, plus de 25 villages ont été attaqués et plus de 200 personnes tuées en Ituri et dans la province voisine du Nord-Kivu, selon le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

Entre 1999 et 2003, un conflit communautaire avait fait des dizaines de milliers de morts en Ituri, à la frontière avec l'Ouganda et le Soudan du Sud.

Les membres des communautés Lendu et Hema s'étaient alors entretués par milices interposées jusqu'à l'intervention en 2003 de la Force européenne Artémis, sous commandement français.

Liberté de la presse: la Namibie en tête de file en Afrique, l'Érythrée en dernière place

Un journaliste examine les forces de sécurité debout pour empêcher une foule de plusieurs centaines de journalistes et de membres du public de manifester devant le Palais des Congrès de Lomé, le 19 février 2013.

La liberté de la presse a reculé en Afrique au cours de l'année écoulée, selon un rapport publié mardi par Reporters sans frontières, une organisation à but non lucratif qui milite en faveur d'une presse libre dans le monde entier.

Le rapport, dont la première édition remonte à 2002, classe 180 pays sur la base de critères tels que l'indépendance des médias, la qualité du cadre juridique relatif à l'exercice de leur métier et la sécurité des journalistes.

Selon le rapport, à travers le monde, la pandémie du nouveau coronavirus a causé des dommages à la profession de journaliste. D'une part, les hommes et les femmes des médias ont subi des pertes de revenus difficilement remplaçables, et d'autre part, dans de nombreux pays les autorités ont utilisé la pandémie comme prétexte pour réprimer la liberté de la presse.

La Namibie montre l'exemple, l'Érythrée en dernière place

En Afrique, la Namibie est le pays qui respecte le plus la liberté des journalistes. Elle se classe au 24e rang mondial, loin devant des pays plus développés comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Italie et le Japon. Cette démocratie d'Afrique australe est suivie sur le continent par le Cap-Vert, le Ghana, l'Afrique du Sud et le Burkina Faso, champion parmi les pays francophones.

À l'autre bout du spectre, l'Érythrée est le pays d'Afrique où la liberté de la presse est la plus menacée. Le pays occupe le 180e rang mondial sur 180 pays. Le deuxième pays africain le plus hostile aux journalistes Djibouti, qui occupe le 176e rang mondial. Avec la Chine, le Turkménistan et la Corée du Nord, ils complètent la liste des cinq pays les plus répressifs envers les journalistes dans le monde.

Pratiques arbitraires

En dépit de la vague de libéralisation qui a soufflé sur le continent africain dans les années 1990, il existe des pratiques arbitraires telles que la coupure du réseau internet en période électorale dans certains pays, comme c'était récemment le cas au Congo Brazzaville et en Ouganda. Il y a aussi le sempiternel problème de l’emprisonnement arbitraire des journalistes. C'est le cas au Cameroun et en Algérie, par exemple.

Fidèle à sa tradition plutôt tristement célèbre en matière de liberté de la presse, l’Afrique centrale est encore au fond de la pyramide, selon RSF.

Sur 180 pays dans le monde, le tout premier pays de l’Afrique centrale, le Gabon, se pointe au 117e rang mondial. La Tunisie, 73e mondial, est le premier élève en matière de liberté de la presse dans le Maghreb.

Des réfugiés centrafricains fuient vers le Tchad

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La liberté religieuse "menacée dans un pays sur trois", selon un rapport

Un imam dans une moquée au Cap, Afrique du Sud, 2 septembre 2016.

Les violations contre la liberté religieuse ont fortement augmenté depuis deux ans dans le monde et celle-ci est "menacée dans un pays sur trois", affirme l'organisation catholique Aide à l'Église en détresse (AED) dans un rapport publié mardi.

"L'accès à ce droit fondamental a encore reculé ces deux dernières années : il est en danger dans un pays sur trois", contre un sur cinq en 2018, selon cet organisme, qui relève que "les pires violations ont lieu dans certains des pays les plus peuplés au monde comme la Chine, l'Inde, le Pakistan, le Bangladesh et le Nigeria".

Fondation internationale de droit pontifical, l'AED examine tous les deux ans la situation de toutes les confessions religieuses de 196 pays. Pour la 15e édition de son rapport, elle a travaillé, d'août 2018 à décembre 2020, avec l'aide de 30 experts indépendants, universitaires, missionnaires, militants des droits de l'homme et journalistes.

Ces deux dernières années, elle a comptabilisé des "persécutions" (assassinats, déportations, exils, conversions et mariages forcés, expropriations) dans 26 pays (51% de la population mondiale).

Parmi ces pays, 12 se situent en Afrique (Burkina Faso, Cameroun, Erythrée, Mozambique, Nigeria, Niger, Yemen) et "subissent des formes extrêmes de persécution, tels que des massacres de masse". Deux, la Chine et la Birmanie, "sont l'objet d'une enquête internationale à propos de probables génocides en cours".

En outre, des "discriminations" (refus ou limitations d'accès à l'emploi, aux aides d'urgence, à la justice, à l'immobilier) ont été commises dans 36 autres pays, comme l'Irak, la Syrie, l'Algérie, le Maroc, Cuba, l'Indonésie ou le Vietnam, selon AED.

La liberté religieuse est attaquée soit par des "gouvernements autoritaires", soit par "l'extrémisme islamiste", soit par "le nationalisme ethnoreligieux", affirme cette organisation.

Elle note que la régression est aussi "exacerbée par la pandémie de Covid-19".

Au Pakistan par exemple, des minorités religieuses "n'ont pas eu accès à l'aide alimentaire et médicale", souligne le rapport.

"Au Sahel, les attaques violentes dans les points chauds de la région ont augmenté de 37 % entre mi-mars et mi-avril 2020. Non seulement les terroristes tirent parti de la confusion pour multiplier les attentats et recruter en nombre, mais la réponse militaire (des gouvernements, NDLR) diminue, accaparée par la pandémie", ajoute-t-il.

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