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Tensions autour d'une source naturelle d'eau au Cap

FILE - The Theewaterskloof Dam, une source clef pour l'eau de la ville du Cap le 16 avril 2017.

Altercation, embouteillages, nuisances sonores : des tensions ont éclaté dans la mégapole sud-africaine du Cap autour d'une source où des habitants viennent s'approvisionner en eau pour cause de sécheresse, a reconnu la municipalité mercredi.

"Au début de la semaine, un conflit physique a éclaté et une personne a été arrêtée par la police" au niveau de la source de Newlands Spring, dans le sud-est du Cap, a annoncé la municipalité dans un communiqué.

"Les quartiers alentours, et en particulier la maison de retraite adjacente, sont aussi particulièrement touchés" par cette recrudescence d'activité, a-t-elle ajouté.

"La circulation et le bruit des véhicules et des personnes qui se rendent sur le site à toute heure du jour et de la nuit sont sources de nombreuses plaintes", a-t-elle expliqué.

Pour tenter de réduire les nuisances et éviter les débordements, le site ne sera désormais plus accessible que de 07h00 à 22h00, le volume d'eau collecté limité à 25 litres par visite et la source gardée 24 heures sur 24 pour éviter des débordements.

Le Cap, deuxième ville d'Afrique du Sud, est frappée par sa pire sécheresse depuis un siècle. Les réserves d'eau sont au plus bas, au point que les robinets pourraient être à secs à compter du 16 avril, baptisé le "Jour Zéro".

>> Lire aussi : Vent de panique au Cap menacé d'être privé d'eau

Cette date fatidique fluctue d'une semaine à l'autre en fonction de la consommation d'eau des 4 millions d'habitants du Cap. Fixée la semaine dernière au 12 avril, elle vient d'être reportée au 16.

A compter de jeudi, les Captoniens, déjà soumis à de fortes restrictions à la consommation d'eau, sont appelés à réduire d'environ 40% leur consommation quotidienne. Ils ne devront plus consommer que 50 litres par jour et par personne, soit l'équivalent d'une douche quotidienne de trois minutes.

Sur des panneaux publicitaires, à la télévision, à la radio, les habitants reçoivent de multiples conseils pratiques: recyclage de l'eau de vaisselle et des douches, recours limité à l'usage de la chasse d'eau...

Si le "Jour zéro" se produit, les habitants du Cap devront se ravitailler à 200 points de collecte d'eau, où ils recevront 25 litres par jour et par personne. Ce scénario suscite de fortes inquiétudes.

Toute l'Afrique australe a subi ces dernières années une forte sécheresse, aggravée par le phénomène météorologique cyclique El Niño. Les pluies des derniers mois ont permis à l'essentiel de la région de refaire ses précieuses réserves d'eau.

La région du Cap a toutefois fait exception, elle qui reçoit l'essentiel de ses précipitations de mai à août.

Avec AFP

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Soudan : grève générale en préparation après l'impasse politique

La police dispersent des manifestants à coup de gaz lacrymogène à Khartoum, Soudan, 24 février 2019.

Les chefs de la contestation au Soudan ont annoncé mardi leur intention d'organiser à une date indéterminée une "grève générale", après l'impasse dans les négociations avec les militaires au pouvoir sur la transition politique.

Les discussions lundi soir n'ont pas abouti à un accord sur la présidence et le taux de représentation, entre civils et militaires, au sein du futur Conseil souverain censé assurer la transition, plus d'un mois après le renversement du chef de l'Etat Omar el-Béchir.

"Afin de parvenir pleinement à la victoire, nous appelons à une grande participation à une grève politique générale", a annoncé l'Association des professionnels soudanais (SPA) dans un communiqué, sans fixer de date pour cette grève.

Acteur clé de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance du mouvement de protestation déclenché en décembre 2018, la SPA a qualifié cette grève de "devoir révolutionnaire", appelant les manifestants à "la désobéissance civile".

Depuis le 6 avril, des milliers de Soudanais participent à un sit-in devant le QG de l'armée pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils. La poursuite de ce mouvement est "une garantie fondamentale pour réaliser les objectifs de la révolution", a ajouté la SPA.

L'organisation, qui réunit des associations de professionnels, a publié des photos d'employés de la Sudanese French Bank brandissant un hashtag en arabe "grève générale".

Madani Abbas, un responsable de l'ALC, a indiqué que les dates des mouvements de grève et de désobéissance civile seraient "annoncées plus tard".

Il a ajouté que l'ALC se réunirait mardi "pour discuter des développements après la réunion avec le Conseil militaire".

Malgré les désaccords, les deux camps ont annoncé dans un communiqué commun après les dernières discussions qu'ils souhaitaient poursuivre le dialogue pour parvenir "à un accord répondant aux aspirations du peuple soudanais".

A la tête d'un régime autoritaire pendant près de 30 ans, M. Béchir a été destitué et arrêté par l'armée le 11 avril sous la pression du mouvement de contestation inédit.

Les étudiants dans la rue au lendemain d'un discours du patron de l'armée

La police algérienne monte la garde lors d'une manifestation à Alger, la capitale, le 4 mars 2019, contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, en difficulté, à un cinquième mandat.

Quelque 2.000 étudiants et enseignants manifestent mardi à Alger pour réaffirmer leur rejet de la présidentielle prévue le 4 juillet, au lendemain des vetos opposés à la contestation par l'armée, désormais au centre du jeu politique, a constaté un journaliste de l'AFP.

Face à un fort déploiement policier les empêchant de se rassembler sur le parvis de la Grande Poste, point de ralliement de la contestation dans le centre de la capitale, et de se diriger vers l'Assemblée nationale et le tribunal, étapes prévues du cortège, les étudiants se sont rendus devant le Palais du gouvernement, siège des services du Premier ministre et du ministère de l'Intérieur.

Devant le bâtiment, bouclé par les forces de l'ordre, de brèves échauffourées ont éclaté avec les policiers qui ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogène pour repousser les étudiants. Ceux-ci ont fini par faire demi-tour et continuent en début d'après-midi à marcher dans les rues du centre d'Alger, selon le journaliste de l'AFP.

"Pas d'élections, bande de mafieux", "un Etat civil, pas un Etat militaire", scandent-ils notamment. Plusieurs slogans visent directement le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, tels que "Gaïd Salah dégage !" et "Peuple et armée sont frères, mais Gaïd Salah avec les traîtres".

Devenu de facto l'homme fort du pays depuis la démission le 2 avril, après 20 ans à la tête de l'Etat, du président Abdelaziz Bouteflika, sous les pressions de la rue et de l'armée, le général Gaïd Salah a à nouveau opposé lundi, dans un discours, une fin de non-recevoir aux deux principales revendications du mouvement dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

Il a ainsi demandé le maintien de la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un successeur à M. Bouteflika et estimé "irraisonnable" et "dangereux" la revendication d'un départ préalable des personnalités du "système" au pouvoir.

Selon plusieurs médias algériens, des étudiants manifestent également dans plusieurs villes universitaires, à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, mais aussi à Béjaia, Tizi Ouzou, Bouira, dans la région de Kabylie (nord) ou encore Sétif (nord-est), Sidi Bel Abbès, Mostaganem et Tlemcen (nord-ouest).

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