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Tech: le secteur optimiste mais soucieux, sur fond d'incertitudes économiques

Une application de jardinage présentée lors du CES 2019 à Las Vegas aux Etats-Unis le 6 janvier 2018.

Malgré une année de controverses qui ont ébranlé la confiance des consommateurs, le secteur technologique américain s'est montré optimiste dimanche côté chiffre d'affaires mais a aussi exprimé des inquiétudes, liées aux tensions commerciales qui pèsent sur l'économie.

Les Américains devraient dépenser cette année 398 milliards de dollars pour s'acheter des appareils électroniques, anticipe la Consumer Technology Association (CTA), qui organise le salon CES à Las Vegas aux Etats-Unis.

"Nous approchons rapidement d'une nouvelle ère de l'électronique grand public", a assuré Steve Koenig lors d'une conférence de presse organisée en amont de la grand-messe annuelle de la tech, alors que le secteur attend avec impatience depuis des années le nouvel appareil qui révolutionnera le secteur comme le fit par exemple l'iPhone en 2007.

La CTA, qui tablait l'an dernier à la même époque sur 351 milliards de dollars de dépenses aux Etats-Unis, ne donne plus depuis l'an dernier de données mondiales comme il le faisait auparavant. En 2017, il avait anticipé 929 milliards de dollars de dépenses mondiales.

- "Matrix" -

Côté smartphones, la CTA espère une modeste progression de 2% en chiffre d'affaires (80 milliards de dollars) et de 1% en volume (170,7 millions d'unités) en 2019.

Le marché reste en effet plombé par la saturation du marché du smartphone dans les pays les plus riches et par les tensions commerciales entre Pékin et Washington, qui pèsent sur de nombreux pans de l'économie, notamment la technologie.

Apple a d'ailleurs jeté un froid glacial mercredi en annonçant une baisse de ses prévisions de chiffre d'affaires trimestriel, qu'il attribue au ralentissement de la croissance chinoise, aggravé par les tensions entre les deux pays.

Les tensions sont d'autant plus préoccupantes que c'est en Chine que les entreprises américaines fabriquent l'essentiel de leurs produits et que la Chine est également l'un de leurs principaux marchés.

Dimanche, le président de la CTA Gary Shapiro a d'ailleurs estimé que "le président (Donald) Trump ne comprend pas" à quel point les économies sont interdépendantes.

"Lorsque la Chine est enrhumée, nous éternuons", a-t-il résumé, rappelant son opposition aux taxes douanières punitives, même si "la Chine a été déloyale avec des compagnies non-chinoises".

"Les motivations du président Trump sont légitimes mais sa stratégie n'est pas la bonne", a-t-il ajouté devant des journalistes.

Malgré ces inquiétudes macro-économiques, le secteur espère mettre derrière lui cette année les nombreuses polémiques autour des fuites de données personnelles qui ont lourdement écorné l'image des géants technologiques, à commencer par Facebook.

"2018 a été une année très dure pour plusieurs grosses entreprises technologiques, du coup, il y a aussi pas mal de gens qui veulent (l') oublier et foncer tête baissée vers un avenir enthousiasmant", pense Bob O'Donnell, analyste de Technalysis, qui compte notamment sur la 5G, les écrans pliables ou les améliorations de l'intelligence artificielle sans connexion internet.

Mais difficile de faire l'impasse sur la problématiques des données personnelles car le CES va fourmiller de milliers d'objets connectés, qui précisément collectent les données de l'utilisateur, par exemple pour anticiper ses goûts en matière de musique (enceintes intelligentes), ou déterminer s'il aura besoin de soins médicaux (bracelets santé...).

Tout l'écosystème des objets connectés repose sur l'exploitation de ces données, et donc sur la confiance des usagers dans le fait qu'elles ne finiront pas dans la nature, une inquiétude largement justifiée par les scandales autour de Facebook, Google et autres plateformes. Leur modèle économique repose sur ces données, qui leur permettent de cibler finement la publicité.

"Où que vous alliez, le dénominateur commun, ce sera les données", a d'ailleurs souligné Steve Koenig, parlant d'une "transition vers le +Data Age+ ("l'ère des données"), un peu comme dans le film +Matrix+", célèbre film de science-fiction sorti en 1999.

Interrogé sur les polémiques autour des données, Gary Shapiro a espéré que le secteur puisse s'autoréguler, mais, si besoin, "nous défendrons une loi" fédérale américaine posant les principes à respecter par les entreprises.

Les enceintes connectées -- grosses collecteuses de données personnelles -- devraient encore croître en 2019 mais ralentie, avec +7% attendus en revenus (3,2 milliards de dollars) et +5% en volume (36,6 millions d'unités), selon, la CTA, qui anticipait l'an dernier un bond de 60% des ventes par rapport à l'année précédente.

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Facebook se lance dans l'arène des cryptomonnaies avec "Libra"

Facebook fera-t-il entrer les cryptomonnaies dans le quotidien de ses quelque 2,7 milliards d'usagers? C'est en tout cas son intention avec "Libra", une monnaie virtuelle censée permettre d'acheter des biens ou d'envoyer de l'argent aussi facilement qu'un message instantané.

En s'attaquant, dix ans après le bitcoin, au sulfureux domaine des cryptomonnaies, régulièrement sous le feu des projecteurs du fait de piratages et d'accusations de blanchiment d'argent, Facebook se lance un défi de taille, tant il fait lui-même l'objet d'une grave crise de confiance après une série de scandales autour de sa gestion des données personnelles.

Libra doit offrir à partir du premier semestre 2020 un nouveau moyen de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels: elle se veut la pierre angulaire d'un tout nouveau écosystème financier sans la barrière des différentes devises, un outil susceptible d'intéresser notamment les exclus du système bancaire, dans les pays émergents par exemple.

Les usagers disposeront sur leur smartphone d'un porte-monnaie numérique, "Calibra" --directement intégré par Facebook à ses services Messenger et WhatsApp--, pour faire leurs achats, envoyer ou recevoir de l'argent, ont expliqué à l'AFP des responsables du projet.

Mais Libra est un système "ouvert": son code informatique est libre de droits, ce qui signifie que tout développeur, entreprise ou institution peut l'intégrer à ses services.

L'arrivée de Facebook dans cette arène bouillonnante que sont les cryptomonnaies pourrait être un "tournant" pour ce secteur, selon Lou Kerner, investisseur et spécialiste reconnu des cryptomonnaies, car cela pourrait les populariser auprès du grand public.

Elle illustre aussi la volonté du réseau social de se diversifier au-delà de la publicité en ligne, la base de son modèle économique, lui-même fondé sur les données personnelles: "Ce pourrait être une des décisions les plus importantes de l'histoire de Facebook" pour trouver des nouveaux relais de croissance, selon les analystes de RBC.

Bien conscient d'être attendu au tournant, le groupe américain a aussi décidé de confier la gestion de Libra à une entité indépendante, basée à Genève (Suisse) et composée d'entreprises comme les émetteurs de cartes bancaires Mastercard et Visa, les services de paiement Stripe et PayPal, les entreprises de réservation de voitures Lyft et Uber, ou encore le réseau Women's World Banking, qui aide des femmes défavorisées de pays émergents à avoir accès aux services financiers.

Cela servira aussi à garantir la stabilité de cette nouvelle monnaie virtuelle, de façon à ce qu'elle échappe aux énormes fluctuations ayant contribué à ternir l'image de cryptomonnaies, comme le bitcoin.

- "Stabilité" -

Ce projet peut potentiellement permettre à plus d'un milliard de personnes "exclues du système bancaire" d'accéder au commerce en ligne et aux services financiers, assure Dante Disparte, de l'association Libra.

"Envoyer de l'argent à un ami ne devrait pas être plus difficile que de commander un Uber", abonde Peter Hazlehurst, responsable des activités "paiements" au sein d'Uber.

En confiant la gestion à une entité distincte, Facebook cherche à rassurer sur deux fronts: il ne sera pas aux manettes et tout sera fait pour que Libra ne soit pas victime des mêmes errements que le bitcoin, qui a attiré spéculateurs et criminels.

Les informations financières stockées dans Calibra seront strictement séparées des données personnelles détenues par Facebook et ne seront pas utilisées pour cibler de la publicité, a assuré Kevin Weil, un des responsables de Calibra.

Les devises utilisées pour acheter des Libra serviront de réserve et de garantie à la monnaie virtuelle, dont la valeur sera indexée sur un panier de monnaies traditionnelles.

Mais, du côté des Etats, on commence à s'interroger. Libra ne doit pas se transformer en projet de "monnaie souveraine", a mis en garde mardi le ministre français des Finances Bruno Le Maire, jugeant nécessaire que le géant américain présente des "garanties" à ce sujet. Le ministre a indiqué avoir demandé aux gouverneurs des banques centrales du G7 de plancher sur le sujet.

Comme les autres monnaies virtuelles, Libra repose sur la technologie de la "blockchain" (chaîne de blocs), sorte d'immense registre public et infalsifiable qui rend le transfert de devises virtuelles rapide, anonyme et sécurisé.

"Il se s'agit pas de faire confiance à Facebook, c'est de faire concrètement confiance aux entreprises fondatrices de l'association, qui est indépendante et démocratique", souligne Dante Disparte.

Libra est aussi un pari sur l'avenir de Facebook: le groupe ne gagnera pas directement d'argent avec Libra. Mais, à long terme, cela peut lui servir à attirer des utilisateurs et des annonceurs sur ses plateformes, ou à garder les actuels, et donc à renforcer ou créer des services payants ou financés par la publicité.

A Wall Street, Facebook gagnait un peu moins de 1,5% à 14H00 GMT.

A Dakar, les technologies numériques se déclinent au féminin

Une étudiante teste un appareil de réalité virtuelle à Orlando, en Floride, le 5 octobre 2017.

Un code-barres pour carnet de santé, une application permettant aux femmes victimes de violences de donner l'alerte, une plateforme recensant l'ensemble des textes juridiques sénégalais: à Dakar, un forum célèbre l'innovation technologique féminine.

Pour la première édition africaine jeudi dans la capitale sénégalaise de la Journée de la femme digitale, une manifestation organisée à Paris depuis sept ans, plusieurs centaines de femmes qui entreprennent dans le secteur du numérique étaient conviées à partager projets et expériences.

Un carnet de santé numérique

A 22 ans, Nafissatou Diouf est déjà à la tête de Senvitale, une start-up de 10 salariés, installée depuis deux mois à Dakar. Ce système de QR code, un type de code-barres, intégré à une carte, un bracelet, ou encore un pendentif, est scanné par les médecins pour accéder instantanément aux données des patients.

L'idée est de "faciliter le travail des médecins et des urgentistes" qui peuvent ainsi "agir plus rapidement", explique la jeune Sénégalaise, personnellement touchée par le problème des diagnostics.

Lorsque sa tante décède des suites d'une réaction allergique mal prise en charge, la jeune femme, alors diplômée en industrie chimique et agroalimentaire depuis deux ans, interrommpt ses études pour se lancer dans l'aventure digitale.

En 2017, elle lance Senvitale, qui lui vaut de nombreux prix, dont celui de la start-up de l'année 2018, au Sénégal. Sa plateforme gratuite permet également aux patients de gérer leurs rendez-vous médicaux.

Pour l'instant, le projet tarde à arriver sur le marché. "On attend l'autorisation du ministère de la Santé à cause des données sensibles que l'on traite", explique la jeune jeune femme, qui envisage pourtant déjà un développement de son entreprise à l'international.

Comment les femmes africaines de la diaspora peuvent-elles mieux tirer parti des technologies ?
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App pour les victimes de violences

Artiste engagée depuis une dizaine d'années dans la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes, Diariata N'diaye, 36 ans, a parcouru les établissements scolaires en France, où elle a grandi, pour sensibiliser les jeunes et a récolté de nombreux témoignages.

Elle prend alors conscience que les victimes ignorent l'existence de solutions. En 2015, elle crée son association "Résonantes" et lance dans la foulée "App-elles". Cette application mobile permet aux victimes de violences conjugales d'alerter trois de leurs proches en cas de situation de danger.

"Je suis partie d'un constat très simple : c'est que tout le monde a un téléphone et que donc s'il y a un outil qui doit être créé pour les victimes, il doit passer par leur téléphone", explique-t-elle.

Les alertes peuvent être aussi déclenchées via un bracelet connecté à l'application. La plateforme gratuite permet aux victimes de contacter des associations ou de s'informer sur leurs droits.

Aujourd'hui, la créatrice d'App-elles revendique 8.000 téléchargements de son application avec une moyenne de 800 à 1.300 utilisateurs par mois, et une présence dans dix pays, dont la France, le Canada, le Maroc, les États-Unis ou encore le Sénégal.

"On a beaucoup de personnes qui utilisent App-elles dans l'espace public. Des femmes qui commencent tôt le matin, qui rentrent tard le soir", indique Diariata N'diaye, qui juge pourtant le nombre d'utilisatrices encore insuffisant.

App-elles, déjà disponible sur les téléphones mobiles Android, devrait arriver prochainement sur Iphone.

Le Sommet sur l'avenir des technologies à Washington DC
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Le droit à portée de clic

Quand Nafissatou Tine, avocate sénégalo-belge de 34 ans, quitte en 2016 Bruxelles pour s'installer à Dakar, elle se trouve confrontés à la difficulté de trouver des sources d'information fiables sur le droit sénégalais.

Elle décide donc de lancer Sunulex, qui rassemble l'intégralité des textes de loi numérisés du Sénégal, mais aussi les décisions de jurisprudence, comblant ainsi un manque pour les étudiants en droit, les juristes, voire les citoyens.

"Actuellement sur la plateforme sénégalaise gratuite, accessible au public, nous avons réuni 800 textes et nous avons 1.700 visites par semaine", se félicite la chef d'entreprise, à la tête de 8 salariés.

Nafissatou Tine s'apprête à lancer en juillet "Sunulex.Africa", une version de son premier site désormais destinée à une dizaine de pays d'Afrique francophone, dont la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Togo, le Gabon, le Mali, le Burkina Faso, et la Mauritanie.

"C'est une plateforme africaine faite avec des ressources africaines, pour des Africains et par des Africains, pour les juristes du monde entier", s'enthousiasme-t-elle. A terme, Nafissatou Tine souhaite faire de Sunulex la première plateforme numérique de droit en Afrique francophone.

Afrotech du 10 juin 2019 avec Arzouma Kompaoré

Afrotech du 10 juin 2019 avec Arzouma Kompaoré
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Afrotech du 3 Juin 2019 avec Arzouma Kompaoré

Afrotech du 3 Juin 2019 avec Arzouma Kompaoré
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San Francisco dit non à l’utilisation de la reconnaissance faciale

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