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Taïwan refuse de renouveler la licence d'une chaîne proche de la Chine

Des cyclistes font du vélo à Taipei au coucher du soleil, Taiwan, 6 août 2020.

L'autorité taïwanaise de régulation des télécommunications a refusé mercredi pour la première fois de renouveler l'autorisation d'émettre d'une chaîne de télévision considérée proche de la Chine, CTi, accusant son propriétaire de s'immiscer dans ses couvertures.

"C'est un message que nous adressons à tous les groupes qui souhaitent acquérir des médias: respectez l'indépendance et le professionnalisme des journalistes, gardez vos distances", a déclaré le président de la Commission nationale des communications (NCC), Chen Yaw-Shyang après la publication de cette décision prise à l'unanimité.

La NCC a accusé le milliardaire Tsai Eng-meng, propriétaire de la chaîne d'alimentation Want Want et principal actionnaire de la chaîne de télévision CTi, d'intervenir dans ses couvertures avec un biais ouvertement pro-Chine.

La chaîne de télévision CTi a condamné la décision de la NCC affichant sur sa page facebook: "La liberté de la presse est morte" et annonçant sa décision de faire appel.

Contrairement à la Chine, à Taïwan les médias sont indépendants, mais Pékin exerce des pressions sur les patrons de presse taïwanais qui ont pour la plupart des intérêts commerciaux importants sur le continent, selon Reporters sans frontières.

La Chine a accentué ses pressions militaires et diplomatiques sur Taïwan depuis l'élection en 2016 de la présidente Tsai Ing-wen. Celle-ci rejette la vision de Pékin et du précédent gouvernement taïwanais selon laquelle l'île et le continent font partie d'une "seule Chine".

Taïwan est peuplé de quelque 23 millions d'habitants. L'île est dirigée depuis 75 ans par un régime qui s'y était réfugié durant la guerre civile chinoise après la prise du pouvoir sur le continent par les communistes.

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Les autorités burkinabè ordonnent la suspension de Radio France Internationale

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RDC: journalistes et manifestants malmenés lors d'une marche à Goma

ARCHIVES - Des policiers à Goma, Nord-Kivu, DRC, 29 décembre 2018.

Plusieurs journalistes et manifestants ont été malmenés par les forces de l'ordre jeudi matin à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, lors d'une marche hostile à la communauté internationale accusée d'inaction face à la rébellion du M23, a constaté une équipe de l'AFP.

Un reporter photographe a été légèrement blessé à la main et son matériel endommagé lorsqu'un groupe de journalistes a été brièvement interpellé par la police. Des manifestants ont été frappés lors de la dispersion musclée du rassemblement, qui n'avait pas été autorisé par la mairie.

RDC: les rebelles du M23 réclament "un dialogue franc" avec Kinshasa
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Des manifestations sont fréquemment organisées en RDC pour protester contre ce que les Congolais considèrent comme une "agression" de la part du Rwanda, qu'ils accusent de soutenir le M23, une rébellion tutsi qui a repris les armes en fin d'année dernière dans la province du Nord-Kivu.

Les manifestants reprochent aussi aux pays occidentaux et à l'ONU de ne pas condamner cette "agression" et de maintenir pour la RDC un système de notification préalable à l'achat de certains types d'armes, ce qu'ils assimilent à un "embargo".

Une centaine de manifestants avaient commencé à marcher à l'appel d'une "synergie des mouvements citoyens et groupes de pression" quand la police est intervenue pour les disperser. Certains ont toutefois continué leur chemin jusqu'à la base logistique de la mission de l'ONU en RDC (Monusco). Leur sit-in devant les locaux de la force onusienne a également été dispersé.

Les slogans et calicots des manifestants clamaient notamment "la Monusco doit partir", "non à l'embargo contre la RDC", "non à la complicité internationale contre la RDC" et mettaient aussi en garde contre la participation de l'Ouganda, dont ils se méfient presque autant que du Rwanda, à la force régionale est-africaine en cours de déploiement pour lutter contre les groupes armés.

"Nous sommes venus dire à la Monusco de partir. Depuis plus de vingt ans qu'ils sont là, aucun groupe armé n'a été défait", déclarait Emmanuel, un manifestant. "Qu'ils lèvent au plus vite l'embargo contre la RDC afin que nous puissions nous doter des armes nécessaires", ajoutait-il, estimant qu'il y a "rupture" avec "les USA, la Grande-Bretagne, la France".

Un mini-sommet organisé le 23 novembre à Luanda avait donné jusqu'à dimanche soir aux rebelles du M23 pour se retirer des zones qu'ils ont conquises ces derniers mois, faute de quoi la force est-africaine, dont des éléments kényans sont déjà à Goma, emploierait la force pour les déloger. "Le délai a expiré. Les Kényans doivent attaquer ou regagner le Kenya", estimait parmi les manifestants Jack Zinzahera, du mouvement citoyen Amka Congo.

Plaidoyer pour la libération d'un étudiant nigérian arrêté pour un tweet

Le président nigérian Muhammadu Buhari (à dr.) avec son épouse Aisha Buhari, à Abuja, le 29 mai 2015.

Amnesty International appelle à la libération "immédiate" d'un étudiant nigérian aux arrêts depuis vingt jours pour avoir publié un tweet sur la Première dame, selon un communiqué publié dimanche soir par l'organisation de défense des droits humains.

Aminu Adamu Muhammed, étudiant de 23 ans de l'université fédérale de Dutse, dans l'Etat de Jigawa (nord du Nigeria) "a été arrêté le 8 novembre 2022 à minuit par des agents soupçonnés d'appartenir à la DSS (services de sécurité de l'État, ndlr)", selon Amnesty International.

Cette arrestation fait suite à un message publié sur Twitter "jugé dégradant pour la Première dame du Nigeria, Aisha Buhari", précise le communiqué. Selon plusieurs médias nigérians, l'étudiant aurait affirmé en juin sur le réseau social américain que la femme du président Muhummadu Buhari "avait pris du poids après avoir mangé l'argent du peuple".

Amnesty International a "sévèrement condamné" son arrestation, tout en appelant à sa libération "immédiate" et "sans condition". Sa famille et ses amis affirment qu'Aminu est détenu au secret, qu'il a été transféré à Abuja et "soumis à des passages à tabac, des actes de torture et d'autres formes de mauvais traitements", est-il ajouté dans le communiqué.

Contactée par l'AFP, la DSS a déclaré ne pas avoir arrêté cette personne. La police fédérale n'était pas joignable dans l'immédiat. Les arrestations illégales ne sont pas rares dans ce pays, le plus peuplé d'Afrique, qui a renoué avec la démocratie en 1999 après des années de dictatures militaires mais où les violations de droits humains restent légion.

Le président Muhammadu Buhari, ancien dirigeant militaire dans les années 80, élu démocratiquement en 2015, puis 2019, et qui promettait alors de mettre fin au "cancer de la corruption", termine son deuxième mandat sous le feu des critiques.

Le 25 février, les Nigérians éliront son successeur qui aura à relever d'immenses défis puisque le géant pétrolier s'enfonce dans une grave crise économique et sécuritaire. Ces dernières années, l'administration du président Buhari n'a cessé d'être pointée du doigt par les organisations de défense des droits humains, notamment pour des atteintes à la liberté d'expression et d'opinion.

De nombreux opposants et journalistes ont été arrêtés, des manifestations ont été réprimées dans le sang et le réseau social Twitter a même été interdit durant sept mois en 2021.

Une aide américaine pour outiller les journalistes maliens face aux "fake news"

Une aide américaine pour outiller les journalistes maliens face aux "fake news"
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Pour lutter contre les fausses informations et contribuer à la stabilité du Mali, l’ambassade des Etats-Unis au Mali a financé une formation en "fact-checking" pour près d’un millier de jeunes journalistes et étudiants.

RSF et l'opposant Sonko et réclament la libération d'un journaliste sénégalais

Conférence de presse du président sénégalais Macky Sall.

Le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko, et Reporters sans frontières (RSF) ont condamné jeudi la détention d'un journaliste critique du pouvoir au Sénégal récemment arrêté et réclamé sa libération.

Patron du site Dakar Matin, Pape Alé Niang a été arrêté le 6 novembre avant d'être inculpé mercredi pour "divulgation d'informations non rendues publiques par l'autorité compétente de nature à nuire à la Défense nationale", "recel de documents administratifs et militaires" et "diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques", et incarcéré.

"Ce qui arrive à Pape Alé Niang est une injustice. (Le journaliste) s'est battu pour le Sénégal. La prison n'est pas sa place", a déclaré jeudi à la presse M. Sonko, accusant le pouvoir de chercher à "éliminer les alerteurs" du peuple.

RSF réclame aussi "la libération immédiate" du journaliste. "Il est anachronique de voir un journaliste en prison dans un pays comme le Sénégal, considéré comme l'une des démocraties les plus stables en Afrique", écrit l'ONG de défense des journalistes dans un communiqué.Connu dans son pays pour ses chroniques sur l'actualité, M. Niang a été arrêté pour des publications qui ont coïncidé avec l'interrogatoire récent de M. Sonko par la justice.

L'affaire Sonko est source de tensions depuis des mois au Sénégal. M. Sonko a été inculpé pour viols et menaces de mort et placé sous contrôle judiciaire en mars 2021, sur plainte d'une employée d'un salon de beauté où il allait se faire masser. Il dénonce un complot du pouvoir pour torpiller sa candidature à la présidentielle de 2024.

Il a été entendu pour la première fois sur le fond de l'affaire le 3 novembre. Selon les syndicats de la presse au Sénégal, les autorités reprochent à Pape Alé Niang d'avoir diffusé des messages confidentiels sur le dispositif sécuritaire à mettre en place pour la comparution de M. Sonko devant le juge, et d'avoir appelé à descendre dans la rue.

Le Sénégal figue à la 73e place (sur 180) de l'édition 2022 du classement mondial de la liberté de la presse établi par l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF). Le pays a perdu 24 places par rapport à l'année précédente.

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