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Pourparlers du "dernier espoir" de la Syrie à l'ONU


"C'est une phase très, très critique", selon l'émissaire pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui chapeaute les discussions.

Les pourparlers de paix sur la Syrie reprennent jeudi à Vienne sous l'égide de l'ONU, dans un contexte de regain de violence sur le terrain qui rend hypothétique l'espoir d'avancées significatives après deux années d'impasse.

Un mois après une précédente réunion infructueuse à Genève, la huitième, des délégations du régime et l'opposition se retrouvent pour deux jours au siège viennois des Nations unies pour ce qui constitue le "dernier espoir de paix", selon le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

"C'est une phase très, très critique", a reconnu l'émissaire onusien pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui chapeaute les discussions.

Les précédents tours de négociations s'étaient soldés par un échec, les deux parties refusant de se parler directement. Et "des progrès sont peu probables" cette fois-ci aussi, juge l'expert Firas Modad de l'institut américain IHS Markit.

Ces pourparlers s'ouvrent à quelques jours d'un "Congrès intersyrien" organisé à Sotchi (Russie) à l'initiative de Moscou et Téhéran, alliés du régime de Damas, et d'Ankara, soutien des rebelles. Sont invités "tous les principaux acteurs régionaux et internationaux", y compris les Kurdes malgré les réticences de la Turquie.

Le négociateur en chef du Comité des négociations syriennes (CNS, opposition), Nasr Hariri, a réaffirmé mercredi soir à Vienne que la participation de son mouvement à la rencontre de Sotchi dépendrait notamment de l'issue des négociations dans la capitale autrichienne.

"Les deux jours à venir représenteront un véritable test pour toutes les parties", en particulier pour le régime et ses alliés qui "en pratique continuent de croire et d'affirmer que la décision au final se fera sur le terrain militaire", a-t-il souligné.

La réunion de Vienne intervient en effet alors que plusieurs offensives militaires se déroulent sur le terrain, menées d'une part par la Turquie contre la ville d'Afrin tenue par les Kurdes, et d'autre part par le régime contre les rebelles dans la province d'Idleb ainsi que dans la Goutha orientale.

"Nous sommes dans une situation de dégradation humanitaire considérable en Syrie, à la fois dans la zone d'Afrine mais aussi dans la zone d'Idleb et dans la zone de Ghouta Est avec d'autres intervenants et le régime qui encercle les forces d'opposition", a relevé mercredi M. Le Drian.

Tant le gouvernement que les opposants au régime de Bachar al-Assad seront toutefois représentés par des "délégations complètes", a relevé M. de Mistura, qui veut se montrer "optimiste car c'est la seule façon d'être dans de tels moments".

'Test pour la Russie'

Mais selon M. Modad, ce sont "les trois puissances, malgré leurs divisions, qui mènent le processus de négociations". "Assad recherche une victoire (militaire) totale et n'a pas intérêt à trouver un compromis", estime-t-il.

Pour tenter d'arracher une avancée, Staffan de Mistura a mis à l'agenda le "volet constitutionnel", moins sensible que la question des élections qui déterminerait in fine le sort du président syrien, chiffon rouge pour Damas.

Une démarche similaire est affichée par la Russie, qui veut mettre à Sotchi l'accent sur un projet de nouvelle Constitution syrienne, reléguant au second plan la question électorale.

Répondant aux inquiétudes de certaines chancelleries occidentales, le Kremlin a assuré que son initiative n'était pas concurrente du processus de Genève et visait à alimenter "efficacement" celui-ci avec des "résultats" concrets.

Un point de vue partagé par Yehia al-Aridi, porte-parole du CNS. "Selon les Russes, tout point positif sortant de Sotchi doit aller dans le sens de Genève pour trouver une solution, sinon ça n'aura pas de sens", a-t-il estimé mercredi auprès de l'AFP à Vienne.

L'objectif à terme de son camp n'en reste pas moins de "trouver un environnement sûr, objectif et convenable pour tenir des élections", a-t-il souligné.

M. Hariri estime que les pourparlers à Vienne représentent "un test de la volonté de la Russie de faire usage de son influence sur le régime pour l'obliger à négocier sérieusement" dans le sens des résolutions de l'ONU.

Les discussions parrainées par les Nations unies ont lieu d'ordinaire à Genève mais ont été exceptionnellement délocalisées à Vienne pour des raisons logistiques.

Avec AFP

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