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Les avions russes freinent l'avancée des rebelles près d'Alep

Des bâtiments de civils détruits dans la ville de Alep en Syrie. le 29 juillet 2016.

Les avions russes soutenant les forces du régime syrien ont freiné, par d'intenses raids au sud d'Alep, l'offensive des rebelles qui cherchent à desserrer le siège imposé à leurs quartiers dans cette deuxième ville du pays en guerre.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'offensive lancée dimanche est la plus importante menée par les rebelles d'Alep depuis celle de 2012 qui leur avait permis de conquérir la moitié de la capitale du nord de la Syrie et de faire vaciller le régime de Bachar al-Assad.

L'objectif est d'ouvrir une nouvelle route d'approvisionnement vers les quartiers rebelles dans l'est de la cité et d'empêcher le régime de s'emparer de la totalité de la métropole, enjeu majeur du conflit très complexe qui ravage la Syrie depuis 2011.

Alep est divisée depuis juillet 2012 entre quartiers ouest aux mains du régime et quartiers est contrôlés par les rebelles et totalement assiégés par l'armée depuis le 17 juillet.

Dans cette bataille, le régime est aidé par l'aviation russe et au sol par des combattants iraniens et du Hezbollah libanais, selon l'OSDH. Les rebelles sont soutenus par le groupe jihadiste Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra qui a coupé ses liens avec Al-Qaïda).

"Les frappes russes intenses n'ont pas arrêté toute la nuit (de lundi à mardi)" au sud-ouest d'Alep où se concentrent les combats, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

"Cela a ralenti la contre-offensive et permis au régime de reprendre cinq des huit positions conquises par les rebelles", a-t-il ajouté. "Les insurgés avaient avancé mais n'arrivent à pas à consolider leurs positions".

Les combats, d'une violence inouïe, ont fait au moins "50 morts" du côté des rebelles et jihadistes et "des dizaines de morts" du côté du régime, depuis le début de l'offensive, a précisé l'ONG. Une trentaine de civils dans la zone gouvernementale d'Alep ont été tués lundi par des tirs rebelles.

L'objectif premier de l'assaut est de s'emparer du quartier gouvernemental de Ramoussa -situé à la périphérie sud-ouest d'Alep- dont le contrôle permettrait aux rebelles d'ouvrir un nouvel axe de ravitaillement vers leurs quartiers.

C'est aussi à travers Ramoussa que transite le ravitaillement de l'armée et des civils dans la partie ouest d'Alep, qui seraient privés de provisions en cas de capture de ce district par les insurgés.

Selon une source militaire syrienne, quelque 5.000 combattants prorégime sont engagés dans la bataille.

"C'est une bataille de la dernière chance pour les rebelles. S'ils la perdent, il leur sera difficile de se lancer dans une nouvelle offensive pour briser le siège", a dit M. Abdel Rahmane.

"Pour le régime aussi, c'est une question de vie ou de mort. Cela fait des mois qu'il prépare cette bataille et ce sera un coup dur pour ses troupes s'il la perd", a-t-il ajouté.

Le secrétaire d'Etat John Kerry, dont le pays appuie l'opposition à M. Assad, a exhorté les protagonistes à Alep à faire preuve de retenue. "Il est évidemment essentiel que la Russie se maîtrise et freine le régime Assad dans ses attaques, tout comme il est de notre responsabilité d'obtenir de l'opposition qu'elle évite de s'engager dans ses opérations".

A 50 km au sud d'Alep, dans la ville rebelle de Saraqeb, l'OSDH a fait état de 24 cas de suffocation après le largage de barils explosifs par des hélicoptères du régime. Les habitants ont affirmé qu'il s'agissait de chlore mais l'ONG n'a pas confirmé.

C'est près de cette localité de la province d'Idleb (nord-ouest) qu'un hélicoptère russe s'est écrasé lundi après avoir été touché par un projectile. Les cinq militaires russes à bord ont péri.

Par ailleurs, les médias officiels ont rapporté que "des dizaines de familles" étaient sorties des quartiers rebelles assiégés d'Alep à travers les "couloirs humanitaires" ouverts depuis jeudi par le régime.

Le weekend dernier, ils avaient déjà donné la sortie de plusieurs familles et la reddition de quelques rebelles mais des habitants et des insurgés avaient dénoncé des "mensonges".

Ailleurs dans la province d'Alep, un raid aérien a visé la localité rebelle d'Atareb, causant la mort de 6 personnes et en blessant 15, selon l'OSDH.

Plus de 280.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011. Déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie, il s'est complexifié avec l'intervention militaire de puissances régionales et internationales et la montée en puissance de groupes jihadistes dont l'organisation Etat islamique.

Avec AFP

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OMC: l'UE va soutenir la Nigériane Okonjo-Iweala

La candidate pour la présidence de l'OMC Okonjo-Iweala, ancienne ministre des finances du Nigeria et ancienne No.2 à la Banque mondiale. REUTERS/Lucas Jackson/archives

L'Union européenne va soutenir la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala pour le poste de directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ses Etats membres étant finalement arrivés lundi à un consensus sur cette candidature.

Ce soutien, qui donne un élan appréciable à la candidate africaine face à sa rivale sud-coréenne Yoo Myung-hee, sera annoncé à l'OMC mardi matin par l'ambassadeur de l'UE à Genève, a précisé l'une de ces sources.

Ancienne ministre des Affaires étrangères et des Finances du Nigeria, mais aussi ex-numéro deux de la Banque mondiale, Mme Okonjo-Iweala, 66 ans, pourrait devenir la première femme et la première Africaine à diriger l'organisation chargée de libéraliser le commerce mondial.

Les Etats membres ont cependant mis du temps à s'entendre sur son nom, malgré un échange sur le sujet entre les dirigeants de l'UE lors du dernier sommet européen mi-octobre à Bruxelles.

Lundi matin, la Hongrie et la Lettonie refusaient encore de soutenir la Nigériane, avant de se rallier à la majorité dans la soirée, selon les sources européennes.

Tout en acceptant le consensus européen, "sept délégations" ont par ailleurs "demandé que soit enregistrée leur préférence pour l'autre candidate", a précisé une de ces sources.

Ce soutien est "un signal clair à l'égard de l'Afrique et un signe de confiance mutuelle" avec l'UE, a souligné une autre source.

Le troisième cycle de discussions, qui devra départager les deux prétendantes, a débuté le 19 octobre et s'achèvera mardi. Un consensus devra être trouvé pour la date butoir du 7 novembre.

La candidate qui l'emportera succédera au Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté l'OMC fin août, un an plus que tôt que prévu. Ce départ, expliqué par des raisons familiales, est survenu en plein marasme économique mondial, laissant l'institution en crise.

Le prochain chef de l'institution devra affronter la crise économique mais aussi la crise de confiance dans le multilatéralisme et dans le bien-fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis.

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Washington fait appel de la décision de l'OMC face à la Chine

Le vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump se serrent la main après avoir signé la "phase 1" de l'accord commercial américano-chinois à Washington, États-Unis, le 15 janvier 2020. REUTERS / Kevin Lamarque

Washington a fait appel auprès de l'Organisation mondiale du commerce de sa condamnation sur les taxes douanières punitives imposées à la Chine au début de la guerre commerciale entre les deux grandes puissances.

Les Etats-Unis en ont fait l'annonce lors d'une réunion de l'Organe de règlement des différends (ORD) de l'organisation basée à Genève, a indiqué un porte-parole de l'OMC.

Washington avait été condamné le 15 septembre par l'ORD. Ce cas, porté par Pékin devant l'OMC en 2018, concerne une première tranche de droits de douane imposés par l'administration Trump sur quelque 250 milliards de dollars de biens chinois.

Ces tarifs punitifs ont marqué le début d'une guerre commerciale entre les deux géants économiques et constitué l'une des marques de fabrique de la présidence Trump.

Washington et Pékin ont ensuite conclu un accord commercial, en grande partie au point mort.

Dans son jugement rendu à la mi-septembre, l'ORD stipulait que "les mesures en cause sont incompatibles" avec divers articles du GATT (ancêtre de l'OMC), et recommandé "que les Etats-Unis rendent leurs mesures conformes à leurs obligations".

Réagissant au verdict de l'Organe de règlement des différends de l'OMC, l'administration Trump avait jugé l'organisation "totalement inadéquate" pour mettre fin aux pratiques commerciales de la Chine, jugées déloyales.

Ce jugement était très attendu dans la mesure où il s'agit d'un des premiers verdicts de l'OMC portant sur la guerre commerciale.

En règle générale, l'organe d'appel de l'OMC dispose de trois mois pour rendre son rapport. Toutefois, l'organe d'appel, dont la nomination des juges est bloquée par Washington, n'est plus opérationnel depuis décembre 2019 faute de magistrats en nombre suffisant.

Aides à Boeing: feu vert des membres de l'OMC aux sanctions européennes contre les Etats-Unis

Avion Boeing

Les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont donné lundi, à leur tour, leur autorisation à l'Union européenne d'imposer des sanctions douanières contre Washington, en représailles aux aides accordées à Boeing.

Dans ce dossier, l'arbitre de l'OMC avait autorisé, le 13 octobre, Bruxelles à imposer des sanctions sur un montant maximum de près de 4 milliards de dollars de biens américains importés chaque année, mais cette décision devait être approuvée par les membres de l'organisation à l'occasion d'une réunion de l'Organe de règlement des différends (ORD).

La sanction a été officiellement validée lundi lors d'une réunion à Genève, selon un responsable de l'OMC.

"Les membres de l'OMC ont approuvé la demande d'autorisation de l'Union européenne d'imposer des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis" dans le cadre du dossier des aides à Boeing, a-t-il indiqué.

"Notre préférence va à un règlement négocié avec les États-Unis. À cette fin, nous continuons à collaborer étroitement avec nos homologues américains et je suis en contact régulier avec le représentant américain au commerce, Robert E. Lighthizer", a commenté le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

"En l'absence d'un résultat négocié, l'UE sera prête à prendre des mesures conformément à la décision de l'OMC", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans la perspective des sanctions, l'Europe a déjà dressé une longue liste de produits qui pourraient être taxés.

Pourraient ainsi être visés les avions de ligne produits aux Etats-Unis, les tracteurs, mais aussi la patate douce, les arachides, le jus d'orange congelé, le tabac, le ketchup ou encore le saumon du Pacifique, selon une liste actualisée obtenue par l'AFP.

L'avionneur européen Airbus et son concurrent américain, et à travers eux Bruxelles et Washington, s'affrontent depuis octobre 2004 devant l'OMC, juge de paix du commerce mondial. En cause: les aides publiques versées aux deux groupes, jugées illégales de part et d'autre.

La décision au profit de l'UE vient en miroir de l'autorisation accordée l'an passée aux Etats-Unis d'imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services européens importés chaque année, la sanction la plus lourde jamais imposée par l'OMC.

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