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Les civils terrés à Alep, l'opposition dénonce les "couloirs de la mort"

Un combattant de l'Armée syrienne libre dans une rue du quartier Amariya à Alep, en Syrie, le 10 septembre 2012

Les habitants des quartiers rebelles d'Alep étaient terrés chez eux vendredi, effrayés à l'idée d'utiliser les "couloirs de la mort" ouverts par le régime pour sortir des secteurs insurgés de la ville, dont la reprise par l'armée pourrait sonner le glas de la rébellion.

Après des semaines de bombardements et de siège, le régime a ouvert des corridors pour encourager civils et combattants souhaitant déposer les armes à sortir des quartiers rebelles, avec l'objectif de s'emparer de l'ensemble de la deuxième ville du pays et signer sa plus grande victoire de la guerre.

Annoncée par la Russie, alliée du régime syrien, l'ouverture des couloirs a été présentée comme à but "humanitaire", ce dont doutent l'opposition, des analystes et des rebelles.

Le régime a d'ailleurs repris ses bombardements contre les quartiers rebelles d'Alep, où se trouvent assiégés depuis le 17 juillet quelque 250.000 habitants qui manquent de nombreux produits de base.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), seule "une douzaine de personnes sont sorties depuis jeudi via l'un des corridors".

"Mais les rebelles ont ensuite empêché les habitants de s'en approcher", a-t-il ajouté. Concrètement, les couloirs sont fermés du côté rebelle de la ville.

Enjeu majeur d'un conflit déclenché en 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie, Alep est divisée depuis 2012 en quartiers tenus par le régime à l'ouest et secteurs contrôlés par les insurgés à l'est.

- 'Partez ou mourrez de faim' -

Vendredi, les rues de plusieurs quartiers rebelles étaient désertes, les habitants ne se risquant pas à sortir, selon un correspondant de l'AFP sur place. Même les bruits des moteurs électrogènes ont cessé, faute de carburant.

"Il n'y a pas de couloirs humanitaires à Alep. Les couloirs dont parlent les Russes, les habitants d'Alep les appellent les couloirs de mort", a déclaré à l'AFP Ahmad Ramadan, membre de la Coalition de l'opposition en exil et originaire d'Alep.

Il a dénoncé "une destruction totale et systématique de la ville, une tentative de briser ses habitants".

"Le message brutal pour notre peuple est: partez ou mourrez de faim", a affirmé de son côté Bassma Kodma, autre membre de l'opposition.

A coups de barils d'explosifs et de raids aériens intensifs qui ont fait des centaines de morts et laissé en ruines les quartiers rebelles, les forces prorégime cherchent depuis des mois à reconquérir le secteur rebelle d'Alep.

Vendredi, le régime clamait déjà victoire, la télévision d'Etat utilisant le slogan "Alep victorieuse" et montrant des images de gens euphoriques du côté loyaliste de la ville.

Pour Karim Bitar, directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques, "les habitants d'Alep font face à un terrible dilemme, ils ont le choix entre risquer de mourir de faim ou risquer de mourir dans leur fuite".

"Une chute d'Alep constituerait un revers majeur pour les rebelles. Cela signifierait qu'Assad et (le président russe Vladimir) Poutine ont (...) repris le dessus", dit-il.

"La tragédie syrienne a souvent montré que l'humanitaire a été utilisé comme stratagème cynique servant des intérêts géopolitiques", selon lui.

- 'Reddition' -

Le régime a eu recours à la tactique du siège pour soumettre la rébellion dans d'autres régions du pays, où le conflit s'est complexifié avec l'implication de multiples acteurs syriens et étrangers et a vu la montée en puissance de groupes jihadistes.

"Les Russes et le régime veulent pousser les gens à se rendre. Ce qu'ils veulent c'est une reddition" à Alep, a dit une source diplomatique occidentale.

Paris a soutenu vendredi que l'idée des couloirs n'apportaient pas de "réponse crédible" à la situation, estimant que les habitants d'Alep "doivent pouvoir rester chez eux en sécurité et bénéficier de toute l'aide dont ils ont besoin".

L'ONU a de son côté proposé de prendre le contrôle des couloirs, son envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, estimant que "l'ONU et ses partenaires humanitaires savent ce qu'il faut faire" grâce à leur "expérience".

Alors que l'aide n'est plus parvenue à Alep depuis le 7 juillet, des médecins syriens des zones rebelles ont averti, depuis Genève, qu'une société entière était "en train d'être éradiquée sous les yeux du monde" à Alep.

Selon des analystes, perdre Alep pourrait signifier le début de la fin pour la rébellion et représenter un tournant dans une guerre qui a fait plus de 280.000 morts et poussé des millions de personnes à la fuite.

Sans cette ville, "la rébellion ne représenterait plus une menace stratégique pour le régime", selon Emile Hokayem, du International institute for strategic studies.

Outre Alep, les rebelles contrôlent des secteurs de la province de Damas, notamment la Ghouta orientale, et quelques régions du sud du pays.

Les autres zones sont soit aux mains du régime soit contrôlées par les jihadistes.

Avec AFP

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Le Soudan bientôt retiré de la liste noire des États-Unis

La ministre des Affaires étrangères du Soudan, Asma Mohamed Abdalla, et sa délégation quittent le Département du Trésor américain à Washington, États-Unis, le 6 novembre 2019, après des négociations sur le barrage du Grand Ethiopian Renaissance. REUTERS / Siphiwe Sibeko

Donald Trump à ouvert la voie lundi au retrait du Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme, un tournant aussitôt salué par Khartoum qui réclamait la levée de cette lourde sanction en vigueur depuis près de 30 ans.

"Excellente nouvelle! Le nouveau gouvernement du Soudan, qui fait de vrais progrès, a accepté de payer 335 millions de dollars aux victimes américaines du terrorisme et à leurs familles. Une fois versés, je retirerai le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme", a tweeté le président des Etats-Unis, sans préciser de calendrier.

"Merci beaucoup président Trump!", a aussitôt répondu sur Twitter le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok. "Nous sommes sur le point de nous débarrasser de l'héritage le plus lourd du régime défunt", a dit celui qui dirige un gouvernement de transition depuis la chute d'Omar el-Béchir en 2019.

L'Union européenne s'est aussi réjouie d'une décision "capitale" qui "renforce l'intégration" du Soudan "dans la communauté internationale et son accès à l’économie mondiale".

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué en septembre un projet d'accord prévoyant le versement sur un compte bloqué de ces indemnités soudanaises pour les familles des victimes des attentats perpétrés en 1998 par la nébuleuse jihadiste Al-Qaïda contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie, qui avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

D'après l'accord, ces fonds ne seront toutefois transférés aux plaignants qu'une fois que le Soudan aura été retiré de la liste noire. Mike Pompeo avait dit le mois dernier que cela interviendrait "très probablement" avant fin octobre.

"Nous exhortons le Congrès à adopter immédiatement la loi nécessaire pour mettre en oeuvre l'accord", a dit Edith Bartley, porte-parole des familles des Américains tués à l'ambassade de Nairobi. "Cet accord ne peut pas être victime des blocages et querelles des élus", a-t-elle estimé, alors qu'une poignée d'influents sénateurs démocrates ont jusqu'ici exprimé leurs réserves.

Parallèlement, Washington a multiplié les pressions pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, comme l'ont fait ces dernières semaines les Emirats arabes unis et Bahreïn.

L'administration Trump, sans nier cette demande insistante, assure qu'aucun lien direct n'existe avec la levée des sanctions, mais plusieurs observateurs et médias ont rapporté le contraire.

Lundi, ni la Maison Blanche ni Khartoum n'ont évoqué un éventuel accord israélo-soudanais.

"Paix arabo-israélienne"

Malgré des négociations bien avancées, Abdallah Hamdok avait accusé le 11 octobre les Etats-Unis de mettre en danger la démocratisation de son pays, semblant ainsi s'agacer d'un revirement ou d'un retard américain.

Khartoum assure en effet depuis le mois dernier avoir réuni le montant des indemnités.

Le Soudan est depuis 1993 sur cette liste noire américaine, synonyme d'entrave aux investissements pour ce pays pauvre.

Les Etats-Unis ont renoué avec Khartoum déjà sous l'ex-président démocrate Barack Obama, lorsqu'Omar el-Béchir a commencé à coopérer dans la lutte antiterroriste et joué le jeu de la paix au Sud-Soudan.

La révolution qui a balayé Omar el-Béchir n'a fait qu'accélérer le mouvement.

Les Etats-Unis ont "une fenêtre unique et étroite pour soutenir le gouvernement de transition dirigé par un civil au Soudan, qui s'est enfin débarrassé de la dictature islamiste", avait écrit Mike Pompeo dans une lettre à des sénateurs en septembre.

Les négociations semblent avoir été compliquées, plus récemment, par le dossier israélien.

Abdallah Hamdok avait douché les espoirs américains, en affirmant, lors d'une visite de Mike Pompeo à Khartoum fin août, qu'il n'avait "pas de mandat" pour trancher cette question sensible.

Les tractations se sont néanmoins poursuivies en coulisses avec des positions peut-être moins figées, et de possibles divisions sur ce sujet épineux entre les civils et les militaires.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil souverain au Soudan, avait en effet rencontré en février le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avant de discuter en septembre avec une délégation américaine du "rôle" du Soudan dans "l'avenir de la paix arabo-israélienne".

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Des mesures pour enrayer une deuxième vague du nouveau coronavirus qui pointe timidement

Une personne portant un masque fait du vélo sur la place du Duomo, dans la Lombardie en Italie, après que le gouvernement a introduit de nouvelles mesures restrictives en raison d'une hausse du nombre d'infections par le COVID-19, Italie 19 octobre 2020. REUTERS/Flavio Lo Scalzo

Le nouveau coronavirus qui a déjà infecté plus de 40 millions de personnes et tué près de 1.114.500 dans le monde refait lentement surface après une courte période d'accalmie. Les autorités adoptent des nouvelles mesures pouvant faire craindre un nouveau confinement généralisé.

En Belgique, les cafés et restaurants garderont portes closes pour un mois à compter de ce lundi. La mesure se double d'un couvre-feu entre minuit et 5h du matin. Pareil pour la Slovénie qui va mettre en place un couvre-feu dès demain.

La Suisse interdit les rassemblements publics spontanés de plus de 15 personnes et réglemente les manifestations privées de plus de 15 personnes à compter d’aujourd’hui. Le port du masque devient obligatoire dans les espaces clos accessibles au public.

L'Autriche restreint aussi les rassemblements à six personnes à l'intérieur et à 12 personnes à l'extérieur, à l'exception des cérémonies funéraires.

L'Iran a enregistré lundi 337 décès supplémentaires liés au nouveau coronavirus.

L'Irlande sera le premier pays de l'UE à reconfiner l'ensemble de sa population pour six semaines, à partir de la nuit de mercredi à jeudi, pour faire face à la pandémie de Covid-19, a annoncé lundi son Premier ministre Micheal Martin. Tous les commerces non essentiels devront fermer et les bars et les restaurants ne pourront servir que de la nourriture à emporter.

Le Pays de Galles instaurera à partir de vendredi un confinement de deux semaines pour tenter de freiner la deuxième vague de la pandémie, introduisant ainsi les restrictions les plus dures au Royaume-Uni.

Le Canada a franchi lundi le cap des 200.000 cas et s'approchait des 10.000 morts, en pleine deuxième vague de coronavirus, selon les chiffres officiels des provinces compilés par plusieurs chaînes de télévision.

La frontière entre les Etats-Unis et le Canada restera fermée aux déplacements non essentiels jusqu'au 21 novembre. Les États-Unis restent le pays le plus touché en nombre de morts et de cas.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, suivi par le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Royaume-Uni.

En Afrique du Sud Zweli Mkhize, ministre de la santé, et son épouse sont aussi testés positifs. M. Mkhize est le cinquième membre du gouvernement à attraper le virus.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine Saëb Erakat, 65 ans, infecté par le nouveau coronavirus alors qu'il est atteint de fibrose pulmonaire, est dans un "état critique", a indiqué l'hôpital de Jérusalem où il a été transféré.

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