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Timby, ou la technologie en appui au suivi des forêts du bassin du Congo


Les organisations de la société civile du bassin du Congo en séance de formation pour l’utilisation de l’application Timby, à Douala, le 1 mars 2022. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Les membres de la société civile de quatre pays du bassin du Congo - le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo et le Gabon - s’engagent au suivi des forêts et des droits locaux à travers de l’application Timby qui facilite la collecte des données.

Timby a été utilisée pour la première fois au Liberia il y’a 10 ans et a contribué "à protéger les forêts de ce pays", explique Josée Perron de l’organisation Timby, créateur de l’application éponyme.

Lors d’une séance de formation tenue à Douala et à laquelle ont pris part des représentants des organisations de la société civile issus des pays du bassin du Congo, Josée Perron a expliqué le mode d’emploi de l’application. "On télécharge l’application sur le téléphone et ensuite on fait des photos, des vidéos, des audio, l’application permet également de créer des rapports qu’on peut partager à une plate-forme sécurisée".

Pour les organisations de la société civile qui mènent des activités de lutte contre le braconnage et le suivi des forêts et droits locaux, l’application offre un atout majeur. "Toutes les données qui sont collectées dans l’application sont cryptées. Même si quelqu’un a accès à votre téléphone, il ne peut pas voir les données", a rassuré Josée Perron.

Un atout majeur satisfaisant selon Lylia Mathurine Homperat, responsable qualité au Comptoir juridique junior (CJJ), une organisation de la société civile du Congo.

"Cette application va nous aider comme c’est aussi géo référencée, d’avoir les preuves palpables et à l’issue de ces preuves, pour nous ça devient des alertes qui vont déclencher des missions indépendantes d’observation sur le terrain", confie-t-elle à VOA Afrique.

L’application Timby n’a pas non plus laissé indifférent l’Observatoire congolais des droits de l’homme.

"Avec cet outil -là, même si vous êtes dans un endroit où vous n’avez pas de connexion internet vous pouvez travailler avec mais en plus de ça c’est un outil qui vous permet de collecter les données mais aussi de les conserver dans les conditions optimales", se réjouit Franck Chardin Aubin Tchibinda, directeur exécutif de l’ONG qui a aussi un volet gouvernance forestière parmi ses activités.

Parmi les membres de la société civile du bassin du Congo qui ont opté d’utiliser désormais cette application, il y’a l’activiste camerounais Emmanuel Elong pour qui, "c’est les applications comme ça qu’on souhaitait avoir, notre matériel qu’on utilise souvent à savoir le téléphone, le GPS , beaucoup chez nous ne savent pas l’utiliser et les zones où l’on travaille c’est les zones vraiment très reculées où la connexion internet est inexistante avec cette application, ça va renforcer la capacité de nos leaders sur le terrain à pouvoir dénoncer avec les preuves".

Jean Jacques Urbain Mathamalé, coordonnateur du C`entre pour l’information environnementale et le développement durable, une ONG de droit centrafricain, a apprécié également cette innovation technologique.

"Ça réduit le temps de travail et on dispose de plusieurs informations à la fois avec cette application, on peut aussi effectuer des missions difficiles sans être surchargé avec un matériel lourd comme auparavant".

La branche néerlandaise des Amis de la terre, Milieudefensie, a activement recommandé aux organisations de la société civile du bassin du Congo de faire usage de cet outil afin de préserver près de 240 millions d’hectares de forêts que compte le bassin du Congo, l’une des dernières réserves de biodiversité au monde.

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