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RDC

Sud-Kivu : plaidoyer pour juger les massacres et tueries commis depuis 1996

Le député provincial Homère Bulakali présente les conclusions des travaux du forum sur les massacres impuni depuis 1996 en RDC, à Bukavu, le 31 octobre 2019. (VOA/Ernest Muhero)

A Bukavu, dans l’est de la République Démocratique du Congo, un forum des acteurs sociaux et intercommunautaires plaide pour la restauration de la vérité sur les massacrés et tueries perpétrés au Sud-Kivu depuis 1996 à nos jours.

L'initiative vient du député provincial docteur Homère Bulakali Mwana Wabene. Il demande la mise en place d’un tribunal spécial sur le Congo pour juger les auteurs et commanditaires présumés de ces massacres.

Il s’agit d’un forum qui sort de l’ordinaire car les acteurs de la société civile, la notabilité locale, les représentants des communautés, et leaders religieux examinent la délicate question des massacres et tueries successifs perpétrés il y a 23 ans au Sud-Kivu en vue d’exiger réparation et justice.

Un forum pour la paix et la réconciliation dans le Sud Kivu
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"Les bases d’une paix définitive en RDC et la réconciliation intercommunautaire passent par la restauration de la vérité sur les massacres perpétrés chez Nous depuis 1996", déclaré l’élu de Bukavu Homère Bulakali à l’ouverture du forum. " La situation est gravissime et il n’est pas question de la terre éternellement", a-t-il déclaré, s’appuyant sur le rapport mapping et d’autres enquêtes locales sur des massacres en RDC.

"Nous estimons à environ 10 millions de Congolais assassinés. C’est vraiment grave parce que les gens cachent la vérité. Le traumatisme psychique issue de ces tueries a invalidé le Congolais de sorte que le développement du pays semble impossible sans qu’on ait résolu le problème en disant la vérité. Et il n’y aura jamais de paix sans une justice équitable. Ce que nous commençons aujourd’hui, ce sont des bases pour que nous ayons un tribunal sur le Congo et une réconciliation entre les communautés qui va aboutir à un vivre ensemble définitif et sans couac", a ajouté Mr Bulakali.

Les participants au forum ont passé en revue les cas de massacre et tueries enregistrés dans chaque territoire du Sud-Kivu. Ils se sont engagés à œuvrer pour la paix en exigeant que la vérité soit établie sur ces massacres et tueries.

"C’est une initiative louable puisque quand on ne connait pas les causes qui ont été à la base de ce qu’on a vécu comme bévues humaines, on ne peut pas être à mesure de faire une refondation pour un avenir radieux pour tout le monde. Si on s’engage c’est pour notre survie commune puisque la paix nous aide à mener une vie commune partagée dans une cohabitation acceptée", estime le professeur Timothée Mushagalusa, enseignant à l’université Libre des pays des Grands lacs ULPG.

Cette dynamique pour la recherche de la paix sans cacher les vérités sur les massacres et tueries qui ont endeuillé la région de depuis 1996 envisage bientôt de faire une descente sur terrain pour rencontrer les communautés et documenter davantage le dossier en vue d’une plainte à déposer à la cour pénale internationale.

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L'armée congolaise affirme avoir retrouvé le corps d'un Casque bleu

Des casques bleus en patrouille, non loin de la ville de Goma (Archives)

L'armée congolaise a affirmé mercredi avoir retrouvé le corps d'un Casque bleu de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) près de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Les Forces armées de la République démocratique du Congo ont partagé ces informations avec nous et nous allons suivre ce dossier conformément à nos procédures", a indiqué de son côté un porte-parole de la mission de l'ONu (Monusco).

L'armée congolaise affirme avoir retrouvé le corps une date non précisée dans la région de Beni, où elle a annoncé le 30 octobre des opérations contre les groupes armés, en particulier les Forces démocratiques alliées (ADF).

Les Casques bleus ont annoncé depuis lundi qu'ils s'étaient joints à ses opérations, avec leurs éléments de la brigade d'intervention dans la région (Afrique du Sud, Tanzanie, Malawi).

"Dans un camp des ADF conquis par l'armée, nous avons retrouvé les restes d'un Casque bleu tombé au champ d'honneur", a déclaré le général Léon-Richard Kasonga, porte-parole de l'armée congolaise, lors d'une conférence de presse. "On a ramassé sa carte militaire (...) Je ne pourrais pas m'avancer sur sa nationalité. L'ONU elle-même se chargera de la donner".

Côté ONU, on indique que "le pays d'origine et la famille doivent être officiellement informés et l'identification va prendre du temps".

"Donc on ne va rien confirmer avant longtemps".

D'origine ougandaise, les ADF sont accusées du massacre de plus de 100 civils dans la région de Beni, en représailles des opérations militaires congolaises.

Ces massacres ont provoqué des émeutes d'habitants contre les autorités et les Casques bleus, accusés de ne rien faire.

Des sources de la société civile ont accusé les ADF d'avoir tué onze personnes, neuf hommes et deux femmes, dans la nuit de lundi à mardi dans le village d'Orototo, dans le territoire de Beni.

"Nous avons enterré les 11 cadavres aujourd'hui en brousse vers 11H00", a déclaré à l'AFP David Muwaz, président de la société civile de la chefferie de Batalinga.

L'armée congolais n'a pas voulu confirmer.

Au total les ADF sont acccusées du massacre de plus de 1.000 civils dans la région de Beni depuis 2014.

Quinze casques bleus tanzaniens ont été tués par les ADF en décembre 2017 dans l'attaque de leur base en territoire de Beni. En décembre 2018, sept autres Casques bleus ont été tués dans une embuscade tendue par des ADF.

Avec AFP

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Les Tshisekedi au front contre le viol et le handicap

Le président congolais Félix Tshisekedi et la première dame Denise Nyakero Tshisekedi à Bruxelles le 17 septembre 2019.

La République démocratique du Congo "ne doit plus être la capitale mondiale du viol", a affirmé Denise Nyakero Tshisekedi, l'épouse du président congolais Félix Tshisekedi qui s'est, lui, engagé pour l'inclusion des personnes handicapées.

"La honte doit être bannie, le crime puni et la justice doit être rétablie", a déclaré la première dame mardi soir à Kinshasa lors d'une cérémonie contre les violences sexuelles organisée par les Nations unies.

Mme Tshisekedi a été désignée "championne de la prévention de la violence sexuelle liée aux conflits" par la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies sur ce sujet, Pramila Patten.

"La RDC a parcouru un long chemin", a déclaré Mme Patten samedi à Bukavu, dans le Sud-Kivu (est) agité depuis 25 ans par des conflits et des groupes armés qui menacent les civils.

A Bukavu, un milicien a été condamné mi-novembre à la perpétuité pour des viols et meurtres commis en 2018.

"Malheureusement, les violences sexuelles sont toujours une douloureuse réalité du conflit", a-t-elle ajouté. "Nous avons constaté qu'en 2019 il y a une augmentation dans les cas vérifiés par les Nations unies. Et donc nous avons du travail".

En octobre 2019, les Nations unies ont "documenté 600 violations des droits de l’homme sur tout le territoire de la RDC, soit une augmentation de 19% par rapport au mois de septembre".

Les agents de l’Etat sont responsables de "55% des violations", ajoute le bureau des droits de l'homme des Nations unies.

Parmi ces violations rapportées en octobre, il y a eu "55 femmes et 24 enfants victimes de violences sexuelles", ajoute l'ONU.

Bukavu abrite la clinique de Panzi du gynécologue congolais Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 pour ses interventions -médicales et juridiques- aux côtés des femmes et des fillettes violées.

Pour sa part, le président congolais Félix Tshisekedi a salué "la citoyenneté des personnes vivant avec un handicap" dans un message télévisé diffusé dans la nuit de mardi à mercredi, à l'occasion d'une journée mondiale des Nations unies sur ce sujet.

Il a estimé que la création d'un ministère délégué en charge des personnes avec handicap est "un pas" vers "l'égalité des chances".

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