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RDC

Un seigneur de guerre congolais dépose les armes au Sud-Kivu

Maheshe et ses lieutenants brandissent des armes à remettre, en RDC, le 20 mai 220. (VOA/Ernest Muhero)

Au Sud-Kivu, le seigneur de guerre Maheshe Simba Wankutu vient de déposer les armes avec une centaine de ses combattants. La reddition a eu lieu à Cishadu, un groupement de Kaniola en territoire de Walungu à plus de 70 kilomètres de la ville de Bukavu.

C’est dans une ambiance de chansons et de pas de danse qu’une centaine de combattants de l’état-major du groupe "Mai-Mai Mulangane pour la défense du peuple" a marqué la fin de leur lutte armée dans le maquis. Actifs depuis plus d’une décennie, ils ont déposé les armes suite à une décision de leur chef, le général autoproclamé Maheshe Simba Wankutu, approché par la Monusco, la force des Nations unies au Congo.

Maheshe vient de faire allégeance à l'armée régulière de la République démocratique du Congo et appelle ses éléments à faire un choix entre la vie civile ou l’armée loyaliste.

En file indienne, Maheshe et son état-major remettent armes et munitions après un moment de concertation avec les parties prenantes au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion initié.

"J’ai posé ce geste et je vous demande tous de suivre mon exemple. Ceux qui sont encore en forêt et ne veulent pas désarmer, ils auront affaire au gouvernement", martèle-t-il en présence du ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité au Sud-Kivu Lwabanji Lwasi Ngabo, du dirigeant de la chefferie de Ngweshe, sous la facilitation de la Monusco.

Sensibilisation des combattants des Maheshe à la prevention du Covid-19, en RDC, le 20 mai 220. (VOA/Ernest Muhero)
Sensibilisation des combattants des Maheshe à la prevention du Covid-19, en RDC, le 20 mai 220. (VOA/Ernest Muhero)

Le ministre provincial a fait le déplacement pour prendre acte de cette reddition. Le gouvernement provincial est grandement satisfait de voir que les fils de la province ont accepté de répondre à l’appel du chef de l’Etat qui a demandé le dépôt des armes pour se consacrer au développement.

"Comme vous le savez, la population a beaucoup souffert, des femmes ont été violées régulièrement, et des situations des pillages ont été multiples et déplorées. Nous pensons qu’un nouvel espoir est permis, mais il faut accompagner ces ex-combattants", a déclaré le ministre Lwabanji.

Au total, 120 combattants dont 10 femmes ont déposé les armes et ont chacun reçu un kit pour un début de réinsertion après une séance de sensibilisation sur la prévention de la maladie Covid-19.

Ils ont remis 20 armes dont 17 individuelles et 3 d’appui et plus de 2.000 minutions.

"Il faut que tout le monde sorte [du maquis] et qu’ensemble, on travaille avec le gouvernement congolais pour relever ce pays", a souligné avec fierté Karna soro, chef du bureau de la Monusco au Sud-Kivu et dans la province voisine du Maniema.​ "Ceux qui ont été désarmés aujourd’hui vont être reversé dans un programme de réinsertion communautaire ou dans des projets", a-t-il ajouté.

Le leader de la chefferie de Ngweshe, Mwami Ndatabaye Ngweshe Weza III, a salué ce geste et appelle le gouvernement à déployer rapidement des forces loyalistes dans les zones occupées jadis par ces miliciens démobilisés pour protéger la population.

"S’ils ne sont pas rapidement remplacés par les forces régulières, leurs actions de ce jour risquent de ne pas avoir beaucoup des grands fruits puisque chez nos voisins ils reste encore des groupes armés actifs qui constituent des nids d’insécurité pour la région", prévient le chef traditionnel.

La cérémonie de reddition a été marquée par la présence de plusieurs officiers de la 33e région militaire des forces armées de la RDC.

La réinsertion communautaire des ex-combattants a déjà commencé. Ceux qui ont choisi la vie civile vont apprendre des métiers, a précisé la Monusco.

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Les tueries en Ituri pourraient "constituer des crimes relevant de la CPI"

La procureure de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda.

Les tueries de civils en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo "pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale", a prévenu jeudi la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

"Une mission de mon Bureau sera déployée en RDC dès que les conditions liées à la crise sanitaire de la COVID-19 le permettront", a ajouté Mme Bensouda dans une déclaration publiée au lendemain du nouveau massacre d'au moins 16 civils.

Début janvier, un rapport des Nations unies indiquait que 701 personnes ont été massacrées en Ituri depuis décembre 2017.

"Les crimes contre l'humanité sont confirmés", avait souligné la Haute commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies, Michelle Bachelet, à l'issue d'une visite en Ituri fin janvier.

Depuis, plusieurs centaines de personnes ont encore été massacrées, principalement dans les territoires de Djugu et Mahagi au nord du chef-lieu provincial Bunia.

Les tueries sont attribuées à des éléments armés d'une secte ethnico-mystique, la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco).

La Codeco prétend défendre les intérêts et les terres d'une des communautés de l'Ituri, les Lendu, principalement agriculteurs.

De l'avis même des Nations unies, les victimes sont principalement des membres d'une autre communauté, les Hema, éleveurs et commerçants.

Les attaques contre les civils "se sont intensifiées ces derniers mois sur plusieurs territoires de l’Ituri", d'après la procureure de la CPI.

Mme Bensouda fait aussi état des "attaques répétées contre des camps de personnes déplacées internes et des communautés ciblées".

Le bureau de la procureure "continue de surveiller avec une extrême vigilance la situation sur toute l'étendue du territoire congolais, y compris celle qui prévaut actuellement dans les territoires de l’Ituri".

La procureure de la CPI "encourage" les autorités congolaises à "intensifier leurs efforts pour que des enquêtes véritables soient menées".

Mme Bensouda "encourage également les autorités congolaises, avec l’appui de leurs partenaires, à poursuivre résolument leurs efforts en vue de protéger et de sécuriser les populations civiles et leurs biens".

L'armée congolaise affirme régulièrement mener des opérations contre la Codeco, dont elle a affirmé fin mars avoir éliminé le chef Justin Ngudjolo.

Des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) patrouillent la journée sur l'axe Bunia-Djugu. Les crimes ont souvent lieu à l'écart de la RN27, dans des zones isolées, la nuit.

Les tueries interviennent à 2.000 km de Kinshasa, où des députés de l'Est de la RDC tentent ces jours-ci d'interpeller le gouvernement sur l'insécurité dans leurs régions, en Ituri mais aussi dans le Nord-Kivu voisin.

Un conflit entre milices lendu et hema avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003, jusqu'à l'intervention d'une force européenne Artémis sous commandement français.

Un chef de guerre, Thomas Lubanga, avait été à cette occasion le premier condamné dans l'histoire de la CPI depuis l'adoption du statut de Rome en 1998. Il a été récemment libéré après 15 ans de prison.

Les violences ont repris pour des raisons obscures (vol de bétails...) en décembre 2017, avec des différences notoires par rapport au conflit de 1999-2003.

Les victimes, à commencer par les hema, n'ont pas reconstitué de milices, s'en remettant à l'autorité - parfois défaillante de l'avis des experts - de l'Etat congolais.

Mort de Georges Floyd: l'auto-critique de l'ambassadeur américain en RDC

Mike Hammer, ambassadeur des États-Unis à Kinshasa, RDC, le 24 décembre 2018. (Facebook/Henri Mova)

"Le racisme est inacceptable, nous devons faire mieux" a écrit mercredi l'ambassadeur des États-Unis en République démocratique du Congo, Mike Hammer, dans une longue déclaration sur la mort de George Floyd où il cite Martin Luther King.

"Le système a échoué à protéger un de nos citoyens comme il l'a trop souvent fait à l'égard de tant d'Afro-Américains", ajoute l'ambassadeur dans sa déclaration sur son compte Twitter, reprise sur le compte de l'ambassade américaine.

"Je partage votre peine, je partage votre colère, je partage votre indignation concernant cette mort et je partage votre désir de justice", ajoute-t-il aux nombreux Congolais choqués qui l'ont interpellé sur les réseaux sociaux.

"Une injustice où qu'elle soit menace la justice partout", poursuit-t-il, affirmant citer le leader des droits civiques Martin Luther King, assassiné en 1968.

"Quand nous, en tant qu'Américains, dévions des idéaux de liberté et d'égalité qui ont fondé notre nation, nous devons nous engager (...) à identifier nos failles, à corriger notre trajectoire", ajoute le représentant de Donald Trump, qui plaide régulièrement pour la lutte contre l'impunité et la corruption en RDC.

"Alors que nous nous efforçons de parfaire notre démocratie américaine et d'atteindre nos idéaux, nous continuerons de rechercher le même engagement de la part de nos amis et de nos partenaires dans le monde entier", conclut ce fervent soutien des réformes amorcées par le nouveau président congolais Félix Tshisekedi.

George Floyd, un homme noir de 46 ans, est décédé le 25 mai à Minneapolis (États-Unis) en répétant "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer"), gisant par terre, menotté et avec le cou sous le genou d'un policier dont les collègues sont restés passifs. Les autopsies ont confirmé que la mort était due à la pression au niveau de son cou.

Depuis lors, un mouvement de colère contre le racisme et les brutalités policières s'est propagé à travers les États-Unis et le monde.

La ville de Bukavu coupée du reste de la RDC à cause du coronavirus

Nyawera, une place très frequentée à Bukavu dessertée, en RDC, le 1er juin. (VOA/Ernest Muhero)

La ville de Bukavu est isolée du reste du pays pendant 15 jours. A cause du coronavirus.

La ville de Bukavu est isolée du reste du pays. La mesure, qui devrait durer 15 jours, est assortie de couvre-feux et de bouclages de 20h à 5h du matin pour limiter la propagation du nouveau coronavirus.

La décision émane du gouverneur du Sud Kivu, Théo Ngwabidje, au vu de la progression de cette pandémie qui est passée en quelques jours de 4 cas à 16 puis à 28, avec 4 décès et 4 guérisons.

En cette première journée du confinement et isolement de la commune d’Ibanda, une des trois dont compte la ville, 240 contacts des cas confirmés positifs au coronavirus ont été visités par les équipes de suivi.

Coronavirus: Bukavu isolée du reste de la RDC pendant 15 jours
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L’essentiel des activités commerciales et administratives sont paralysées mais on déplore l’interpellation d’un journaliste dans l’exercice de son travail à Panzi, où une partie de la population n’a pas accepté de rester à la maison.

Dans la commune d'Ibanda, les habitants ont observé la mesure. Les rues sont désertes, les magasins, boutiques et marchés fermés. Le transport en commun et les autres activités commerciales ou administratives suspendues. La police veille sur les récalcitrants.

Feu Rouge, un check point de la police installé, en RDC, le 1er juin. (VOA/Ernest Muhero)
Feu Rouge, un check point de la police installé, en RDC, le 1er juin. (VOA/Ernest Muhero)

Si tout se passe comme voulu au centre-ville, dans le quartier populaire de Panzi, le constat n’est pas le même. Les activités commerciales sont suspendues, mais une frange de la population n’est pas restée à domicile.

"Vers Panzi et Essence, la population a opposé de la résistance. La police a dû négocier; et faute de solution appropriée, la police a dû recourir à des gaz lacrymogènes pour disperser les attroupements, mais on n’a pas enregistré des cas de blessés de ce côté", confie à VOA Afrique Justin Bahirwe, juriste et défenseur des droits humains.

En fait deux policiers et leur commandant ont été placés en détention préventive pour avoir bousculé au moins une personne, apprend-on.


Le ministre provincial de la santé, Cosmos Bishisha que VOA Afrique a rencontré au marché de Nyawera où une équipe procède à la décontamination, confirme le déploiement des équipes de riposte. "Une équipe qui est chargée du suivi de contacts et d'investigation des alertes est à pied d’œuvre", explique-t-il. "Certaines équipes sont parties dans des ménages qui ont connu un cas confirmé, d’autres sont en train de décontaminer des lieux publics, comme ici".

Dans plusieurs endroits de la commune isolée, la présence policière était très observée, et de temps en temps renforcée par des éléments de forces armées de la RDC pour contrôler si les personnes en circulation avaient l’autorisation émise la veille par le cabinet du gouverneur et remise à quelques personnes au regard de la nature de leur travail. Il s'agit des humanitaires, du personnel soignant, des journalistes et certaines autres occupations.

La ville de Bukavu est isolée du reste de la province pendant 15 jours suivi des couvre-feux et bouclage de 20h à 5h du matin. La commune d’Ibanda va connaitre cet isolement pendant 3 jours. Objectif: sauver des vies en freinant la propagation du coronavirus.

Morts en série au sommet de l'Etat et rumeurs d'empoisonnement à Kinshasa

L’immeuble du gouvernement, Kinshasa, RDC, 23 juin 2018. (VOA/ John Lyndon)

Des morts en série dans l'entourage du président de la République démocratique du Congo (RDC), officiellement de la maladie Covid-19, alimentent des rumeurs d'empoisonnements au sommet de l'Etat à Kinshasa.

Ce climat déjà pesant s'est alourdi avec le décès soudain du juge en charge d'un procès anticorruption sans précédent. Ce procès doit reprendre mercredi avec, sur le banc des accusés, un homme fort de la vie politique congolaise, le directeur de cabinet et principal allié du chef de l'Etat, Vital Kamerhe.

Le président Félix Tshisekedi est muet depuis ses deux interventions télévisées les 18 et 24 mars pour instaurer "l'état d'urgence sanitaire" face aux premiers cas de nouveau coronavirus en RDC.

Depuis, le Covid-19 a touché selon les derniers chiffres officiels 3.326 personnes et tué 72 patients, dont une bonne dizaine dans les cercles de la présidence et du gouvernement.

La maladie a d'abord touché fin mars la ministre de l'Economie Acacia Bandubola, qui a perdu une soeur et son frère, membre de son cabinet.

Depuis, plusieurs décès ont été signalés à la présidence: Jacques Ilunga, l'un des principaux négociateurs de l'accord de coalition avec le précédent président Joseph Kabila; l'oncle du président, Mgr Gérard Mulumba, responsable de la "Maison civile" (les affaires privées); Charles Kilosho, directeur adjoint de la communication présidentielle.

"Si je ne me trompe pas, nous avons enterré deux ou trois personnes cette semaine", a encore déclaré vendredi soir le porte-parole du président, Tharcisse Kasongo Mwema Yamba Y'amba.

"Tous les services de la présidence sont mis en alerte", a-t-il reconnu sur la chaîne d'Etat RTNC, qui l'a interrogé sur les rumeurs d'empoisonnement entourant ces décès en série.

"Scientifiquement, il n'y a encore aucune preuve qui a été donnée pour dire qu'il y autre chose que le Covid-19 parmi les décès que l'on a déplorés à la présidence de la République", a-t-il répondu.

"Je ne sais pas vous dire si c'est le Covid ou si c'est le poison", a-t-il ajouté dimanche sur la radio privée Top Congo FM, relancé sur la même question.

Il a repris le même argument de l'absence de preuves scientifiques infirmant la thèse de la mort par Covid ou validant des décès par empoisonnement.

"Je ne sais pas si les autopsies ont été réalisées, je n'ai pas entendu parler d'autopsies", a-t-il ajouté.

Dans ce climat délétère, l'opinion attend le résultat de l'autopsie du magistrat Raphaël Yanyi, mort dans la nuit de mardi à mercredi.

- Le parti de Kamerhe se défend -

Deux jours avant sa mort, visiblement en pleine forme, le magistrat âgé d'une cinquantaine d'année présidait avec professionnalisme et fermeté le procès de Vital Kamerhe et de deux autres accusés, jugés pour le détournement de quelque 50 millions de dollars de fonds publics.

Le juge est décédé moins de 48 heures plus tard, d'une crise cardiaque, d'après la police.

"Aucun résultat n'est sorti", a déclaré mardi à l'AFP Lambert Ombalakonde, porte-parole de la famille du défunt.

"Il faut patienter encore quelque jours", a expliqué à l'AFP un magistrat du Parquet, indiquant que ce rapport n'est pas destiné au public.

En attendant, la famille a qualifié de "spéculations" les informations qui circulent sur les réseaux sociaux et même dans certains médias.

Dimanche soir, la radio onusienne Okapi a avancé que "le juge Raphaël Yanyi n'est pas décédé d'une mort naturelle. Un poison aurait été utilisé pour le tuer". Ce média généralement fiable affirmait se baser sur le rapport d'autopsie et des sources judiciaires.

Le parti de Vital Kamerhe, l'Union pour la Nation congolaise (UNC), a regretté les "attaques distillées sur les réseaux sociaux tendant à lui attribuer" les morts en série à la présidence. L'UNC a dénoncé un acte de "cybercriminalité".

Le Parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête et demandé une autopsie pour déterminer les "causes ou moyens" du décès. L'autopsie a été pratiquée vendredi, selon certains médias congolais.

"Le parti dénonce également des critiques tendancieuses dirigées contre son président national (Vital Kamerhe) et ses avocats à la suite de la mort inopinée du juge Raphaël Yanyi".

L'UNC a demandé d'éclaircir "les morts inquiétantes à la présidence de la République et le décès inattendu du juge", demandant pour celui-ci "l'implication d'un médecin légiste indépendant et international".

Bien plus qu'un simple directeur de cabinet, Vital Kamerhe, 61 ans, est le principal allié du président dans son arrivée au pouvoir en janvier 2019.

Ancien président de l'Assemblée nationale, M. Kamerhe s'est désisté en novembre 2018 pour permettre à M. Tshisekedi d'être candidat. Les deux hommes ont conclu un accord politique qui prévoyait que M. Kamerhe soit candidat à la prochaine élection en 2023.

Appel à la destitution d'un général congolais 10 ans après la mort de l'activiste Floribert Chebeya

Le défenseur des droits humains Floribert Chebeya, de l'organisation Voix des Sans Voix, lors d'un séminaire à Kinshasa, Congo, en janvier 2010. (AP Photo / Marcel Shomba Okoka)

Des ONG ont appelé lundi le président Tshisekedi à démettre de ses fonctions l'Inspecteur général des armées, le général John Numbi, qu'elles considèrent comme le "suspect numéro un" dans la mort de deux défenseurs des droits de l'homme il y a tout juste dix ans en République démocratique du Congo.

Le 2 juin 2010, le directeur de l'ONG la Voix des sans voix (VSV), Floribert Chebeya, était retrouvé mort. Son chauffeur sera déclaré mort quelques mois plus tard.

Le 1er juin 2010, les deux hommes s'étaient rendus à l'Inspection générale de la police à Kinshasa.

Dix ans plus tard, la Voix des sans voix (VSV) et plusieurs organisations congolaises "demandent au président de la République de relever de ses fonctions le général John Numbi", Inspecteur général de la police à l'époque des faits, et actuel Inspecteur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Ces organisations considèrent que ce geste serait comme "un signal fort de lutte contre l’impunité des crimes contre les défenseurs des droits de l’Homme".

Elles demandent que le général Numbi soit mis "à la disposition de la justice en garantissant ses droits à la défense".

Le président de la VSV a également demandé au chef de l'Etat "magistrat suprême" la ré-ouverture du procès Chebeya.

Cinq policiers avaient été condamnés à l'issue d'un procès devant la justice militaire en 2011. Le général John Numbi avait été entendu comme témoin.

Le général John Numbi a été nommé à son poste actuel par l'ancien président Joseph Kabila, au pouvoir entre 2001 et 2019.

Le général Numbi avait été détaché fin 2019 à Beni (est) avec l'Etat-major pour lutter contre les massacres de civils attribués au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF).

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