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Niger

Onze civils "exécutés" par des jihadistes présumés dans le sud-est du Niger

Un détachement d'éléments des forces spéciales anti-jihadistes "Almahaou" (Tourbillon) patrouille le 6 novembre 2021 dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), théâtre d'actions meurtrières de présumés jihadistes. (Photo BOUREIMA HAMA / AFP)

Onze agriculteurs - neuf Nigériens et deux Nigérians - ont été "exécutés par balles" mardi par des jihadistes présumés dans le sud-est du Niger, a annoncé mercredi à l'AFP le maire d'une commune proche du lieu de l'attaque.

"Onze agriculteurs ont été exécutés par balles hier (mardi) matin par des éléments de Boko Haram à 7 km de Toummour", a déclaré à l'AFP Issa Bonga, le maire de cette localité, dans la région de Diffa, riveraine du lac Tchad, aux confins du Niger, du Nigeria et du Tchad.

Au Niger, les autorités, en particulier celles de la région de Diffa font rarement la différence entre Boko Haram et sa branche dissidente, l'Etat islamique en Afrique de l'ouest (Iswap). La vaste zone du lac Tchad est truffée d'îlots et de marécages servant de refuge à ces deux organisations.

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Les onze victimes étaient parties couper du bois dans la brousse lorsqu'elles ont été interceptées par des éléments de Boko Haram, a expliqué le maire. Les neuf Nigériens sont des ressortissants de Bosso, une commune située sur les rives du lac Tchad, et voisine de Toummour. Leurs corps devaient être inhumés à Toummour mercredi matin, toujours selon l'édile.

"Treize bûcherons partis à la recherche de bois ont été interceptés par des éléments d'Iswap. Onze ont été exécutés", a de son côté indiqué sur Facebook le groupe "Jeunesse Diffa", connu pour ses publications régulières sur la situation sécuritaire dans la région. "En outre, les terroristes ont lancé un message, par le canal d'un des bûcherons relâchés, pour avertir les riverains de ne plus fréquenter" la zone où ils opèrent, poursuit cette publication.

"Des représailles"

Début septembre, plusieurs pêcheurs nigériens et nigérians ont été tués par des jihadistes pour avoir désobéi à un ordre de quitter la zone du lac Tchad. Les jihadistes avaient ordonné fin août à la population de quitter les îles et avaient tué certains qui ne l'avaient pas fait, selon un responsable local nigérien.

Selon une source locale, ces tueries sonnent comme "des représailles" par des éléments de Boko Haram qui "reprochent" aux pêcheurs de ne plus vouloir les ravitailler. La région de Diffa, frontalière du Nigeria et du Tchad, abrite 300.000 réfugiés nigérians et déplacés internes, chassés par les exactions de Boko Haram et de l'Iswap, selon l'ONU.

Pour combattre les jihadistes, les armées du Tchad, du Cameroun, du Niger et du Nigeria ainsi que celle du Bénin, ont réactivé en 2015 une Force multinationale mixte (FMM). Le Niger doit aussi faire face dans l'Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina, à de fréquentes attaques de groupes jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

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Indignation après les propos du Premier ministre malien sur le président nigérien

Le Premier ministre par intérim du Mali Abdoulaye Maïga, à l'Assemblée générale de l'ONU.

Des responsables nigériens ont condamné les attaques proférées samedi contre le président du Niger Mohamed Bazoum par le Premier ministre par intérim du Mali Abdoulaye Maïga, à l'Assemblée générale de l'ONU.

Lors ce discours, le colonel Maïga a critiqué plusieurs responsables africains et notamment Mohamed Bazoum qu'il a accusé de ne "pas être nigérien".

Né en 1960 à Bilabrine dans la région de Diffa (sud-est), Mohamed Bazoum est de l'ethnie arabe Ouled Slimane, présente en Libye, mais très minoritaire au Niger.

Ses détracteurs, notamment pendant la campagne pour la présidentielle de 2021 qu'il a remporté, avaient mis en doute ses "origines nigériennes". Mais la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du Niger avait rejeté une requête visant à disqualifier sa candidature pour cette raison.

Dans une interview au quotidien burkinabè Wakat Sera, en 2019, M. Bazoum avait rappelé que son arrière grand-père était arrivé au Niger "dans les années 1840".

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre délégué aux Affaires étrangères Youssouf Mohamed Elmouctar a "condamné fermement le contenu des propos (du colonel Maïga). L'ivresse de la junte malienne lui a fait oublier le sens du protocole et de la diplomatie".

"Il a fait honte à l'Afrique et au monde civilisé", a poursuivi le ministre, dénonçant "la bassesse" des propos du chef du gouvernement malien.

Le député de la majorité Mohamed Saghdoun a de son côté qualifié M. Maïga de "soldat en rupture de banc avec la réalité" de son pays.

Dans un communiqué l'élu a critiqué "l'incapacité de l'armée malienne à protéger" les civils contre "les exactions jihadistes", poussant "des milliers de maliens à se réfugier depuis 2012 au Niger voisin.

Il a également demandé le rappel de l'ambassadeur nigérien du Mali et la rupture des relations diplomatiques avec "une junte au service de Moscou".

Les autorités nigériennes n'avaient pas officiellement réagi lundi.

A l'ONU, Mohamed Bazoum a mis l'accent sur l'insécurité au Sahel
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"Jamais au grand jamais, le président Bazoum n'a proféré d’injures à l’égard de la junte à fortiori vis-à-vis d’un pays voisin", a commenté lundi le quotidien privé La Nation qui estime que "cette posture maladroite discrédite un peu plus la junte" malienne.

Le Mali, où des colonels ont pris le pouvoir par la force en août 2020, partage une vaste frontière avec le Niger, où les violences jihadistes meurtrières sont régulières de part et d'autre de celle-ci.

Les autorités de Bamako se sont récemment détournées de la France avec acrimonie et ont réactivé leurs liens historiques avec Moscou pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui ravage le pays.

Elles sont également engagées dans un bras de fer diplomatique avec un autre voisin, la Côte d'Ivoire, dont 46 soldats sont emprisonnés à Bamako depuis début juillet.

Le G5 Sahel cherche une "nouvelle stratégie" après le retrait du Mali

"La situation sécuritaire demeure préoccupante notamment dans la zone des 'trois frontières'", aux confins du Burkina, du Mali et du Niger, souligne le communiqué du G5 Sahel.

Les ministres de la Défense et les chefs d'état-major des pays du G5 Sahel ont tenu jeudi une réunion extraordinaire à Niamey pour réfléchir à une "nouvelle stratégie" pour cette force antijihadiste après le retrait du Mali en mai, a appris vendredi l'AFP.

Cette réunion d'une journée visait à "échanger sur la nouvelle configuration" de la Force conjointe après "le retrait du Mali" et le "départ de Barkhane" de ce pays, selon le communiqué final. "Cette situation nous impose d'adopter de nouvelles stratégies pour lutter efficacement contre les groupes armés terroristes dans l'espace commun", indique le texte.

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Aucun détail n'a été donné sur cette nouvelle stratégie. Le G5 Sahel est une force militaire conjointe qui regroupait jusqu'au mois de mai le Niger, le Burkina, la Mauritanie, le Tchad et le Mali.

Largement financée par l'Union européenne, cette force représentait aux yeux des partenaires internationaux du Sahel une porte de sortie dans une région en proie aux violences jihadistes. Mais en cinq ans, les opérations conjointes sont restées peu nombreuses et la situation sécuritaire au Sahel n'a cessé de se dégrader.

En dépit des "efforts" des Etats avec "l'appui" des partenaires "la situation sécuritaire demeure préoccupante notamment dans la zone des 'trois frontières'", aux confins du Burkina, du Mali et du Niger, souligne le communiqué.

"La formule actuelle (...) ne peut plus répondre à nos préoccupations opérationnelles", a observé en ouverture de la réunion, le général Gninguengar Mandjita, chef d'état-major des Armées du Tchad, pays qui assure la présidence du G5 Sahel.

Alkassoum Indatou, ministre nigérien de la Défense, juge quant à lui qu'"au delà des difficultés financières", le G5 Sahel souffre désormais d'un "problème de cohésion et d'unité d'action (...) mise à mal depuis le retrait du Mali".

Mi-mai, les autorités de transition au Mali, empêchées d'en assurer la présidence, ont décidé de se retirer du G5 Sahel et de sa force conjointe, invoquant une "perte d'autonomie" et "une instrumentalisation" au sein de l'organisation. En juillet, Mahamat Idriss Déby du Tchad et Mohamed Bazoum du Niger avaient martelé vouloir garder le G5 en vie, malgré le départ du Mali.

La junte au pouvoir depuis 2020 au Mali a récemment poussé vers la sortie la France qui a déployé via son opération Barkhane pendant des années des milliers de militaires dans le pays, dont une partie s'est repliée au Niger voisin.

Des jihadistes tuent 11 agriculteurs dans le sud-est du Niger

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