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Succès d'un spectacle sur la solidarité dans la région des Grands Lacs


Thierry Nkinzo dénonce la léthargie des Nations Unies face aux maux qui rongent le monde dans "Passions unies", le 27 novembre 2017.

La région de Grands Lacs vibre avec le spectacle "Les passions unies", une représentation théâtrale qui interpelle les jeunes de la région sur l’impuissance des Nations unies face aux maux qui rongent les nations et appellent les jeunes à prendre leur destin à main face au chômage.

Après Uvira et Bukavu au Sud-Kivu, le même spectacle du Ballet Renaissance Africa est attendu le 1er décembre à l’institut français de Bujumbura.

Mélangeant le slam sur un fond de musique mélancolique, les amoureux de la culture dégustent "Les passions unies", un spectacle du ballet Renaissance Africa de Bukavu, en tournée dans la région de Grands Lacs sous la houlette du pôle culturel est.

Avec un regard interrogateur, le slameur Thierry Nkinzo dépeint de façon crue la misère d’une jeunesse en mal de repère dans un monde en perpétuelle injustice et autodestruction et à l’avenir incertain face à une classe politique qui vit et baigne dans l’opulence.

Le duo slamer Nkinzo et le trio Thomas Lusango interprètent "Les passions unies" sur le plancher de l'institut français de Bukavu, le 27 novembre 2017.
Le duo slamer Nkinzo et le trio Thomas Lusango interprètent "Les passions unies" sur le plancher de l'institut français de Bukavu, le 27 novembre 2017.

Dans "Les passions unies", la critique est très acerbe et l’interpellation forte en référence aux violences à travers le monde. Les ravages en Syrie et la traite honteuse des noirs en Lybie se passent devant l'impuissance des Nations Unies, déplore le slameur Nkinzo.

Dégoût du monde ou fuite en avant, "Les passions unies" projette le public en 2050 où le slameur entrevoit un monde sans l'ONU.

Pour Frank Mweze, représentant du pôle culturel est dans ce spectacle, le message véhiculé est "un appel au changement dans la région des Grands Lacs".

Patric Zeze, directeur artistique du ballet renaissance Africa et metteur en scène du spectacle, appelle le public "à s’approprier le message véhiculé".

Les spectateurs sont au rendez-vous à Uvira, RDC, le 27 novembre 2017. (VOA/Ernest Muhero)
Les spectateurs sont au rendez-vous à Uvira, RDC, le 27 novembre 2017. (VOA/Ernest Muhero)

​A Uvira et Bukavu, tout comme à Goma où ce spectacle de 55 minutes est déjà présenté, le public dans un silence de mort communie avec le trio des comédiens : un slameur, un griot et un danseur. Quand les rideaux tombent, les applaudissements sont frénétiques et personne n’a envie de quitter la salle.

A la sortie du spectacle, Donado Musema, directeur de la radio communautaire Iriba FM, en garde une bonne impression.

"C'était très profond, montrant qu'il faut travailler ensemble, cela faisant longtemps que je n'avais pas vu un spectacle aussi bien", confie-t-il à VOA Afrique.

Le Ballet Renaissance Africa, est une association culturelle à but non lucratif, un espace culturel de rencontre, de dialogue, de création basé à Bukavu qui travaille sur la base d’improvisations, à partir des vécus personnels des gens.

"On travaille sur des conflits plus intérieurs, sur les maux qui rongent notre société: l’insécurité, la dépression, les problèmes de décrochage scolaire, la manipulation… ", précise Patric Zeze, son directeur artistique. Son spectacle "Les passions unies" a reçu l’appui de l’organisation belge Africalia.

Ernest Muhero, correspondant à Bukavu

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