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Soutien d'ONG à l'instance chargée de la justice transitionnelle en Tunisie


Sihem Bensedrine, à la tête de l'Instance Vérité et Dignité (IVD), à Tunis, le 16 décembre 2016.
Sihem Bensedrine, à la tête de l'Instance Vérité et Dignité (IVD), à Tunis, le 16 décembre 2016.

Des ONG tunisiennes et internationale ont apporté mardi leur soutien à l'instance chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'Homme dans le pays, appelant les autorités à la laisser poursuivre ses travaux jugés cruciaux pour la justice transitionnelle.

L'Instance Vérité et Dignité (IVD) a été instaurée en 2014 pour rendre justice aux victimes de torture, meurtres, viols et de corruption entre 1953 et 2013 mais se heurte depuis plusieurs mois à l'opposition du pouvoir, qui compte des membres de l'ancienne administration.

Et le 26 mars, le Parlement s'était prononcé, lors d'un débat houleux, contre la prolongation du mandat de cette instance qui doit expirer le 31 mai prochain.

>> Lire aussi : D'anciens ministres de Ben Ali bientôt jugés pour torture

Dans un communiqué commun, 24 ONG tunisiennes ont exprimé leur "indignation envers les violations commises lors de cette séance (...) qui a conduit au vote en l'absence du quorum requis".

Elles ont demandé au Parlement de ne pas entraver les travaux de l'IVD qui avait décidé en février de prolonger son mandat au-delà des quatre années initialement prévues et s'achevant le 31 mai, pour le faire durer jusqu'au 31 décembre.

Selon elles, cette période permettra à l'IVD "de terminer ses travaux et de préparer le rapport final".

Dans un communiqué séparé, Amnesty International a aussi dénoncé "les récentes tentatives d'obstruction" du Parlement qui visent, selon l'ONG, à "bloquer le processus qui consiste à rendre des comptes, que les victimes attendent depuis plusieurs décennies".

>> Lire aussi : L'instance chargée de juger la dictature poursuit ses travaux en Tunisie

"Les autorités doivent faire le nécessaire pour garantir la coopération des institutions de l'État avec l'IVD, au lieu de tenter de saborder ses activités", selon Amnesty.

"Si l'IVD ne peut disposer de suffisamment de temps et obtenir la coopération nécessaire pour saisir la justice de tous les cas éligibles de violations des droits humains, cela portera un coup dévastateur à la justice transitionnelle et au droit des victimes à la justice, à la vérité et à des réparations", a-t-elle estimé.

Le 13 avril, l'IVD a annoncé avoir transmis à la justice ses deux premiers dossiers, visant 47 personnes dont d'anciens ministres du dictateur Zine el Abidine Ben Ali.

Depuis le début de ses activités, cette instance a reçu plus de 62.000 dossiers de violations présumées des droits de l'Homme, et entendu environ 50.000 personnes.

Avec AFP

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