Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

La Suède se cherche un gouvernement

Stefan Löfven, Stockholm, Suède, le 16 février 2017.

Une période d'incertitude s'ouvre en Suède après les législatives qui ont confirmé l'ancrage de l'extrême droite et accouché d'une équation à trois inconnues : qui a gagné? qui va gouverner ? avec qui ?

D'ordinaire, devient Premier ministre le dirigeant du parti qui a rassemblé le plus de suffrages ou celui jugé le mieux à même de former un gouvernement. Mais le paysage politique de plus en plus fragmenté de la Suède complique tous les calculs.

Aucun des deux grands blocs dominants de l'échiquier politique n'a obtenu la majorité face à une extrême droite qui progresse encore, quoique moins qu'elle n'espérait.

Si les partis traditionnels veulent contenter l'opinion, "il leur faudra beaucoup d'imagination", prédisait dimanche le quotidien Svenska Dagbladet.

Le bloc "rouge-vert" sortant jouit de la plus petite avance possible sur l'opposition du centre et de droite: un seul siège. Et il reste à dépouiller le vote des Suédois de l'étranger, souvent favorable à la droite. Ce sera fait mercredi.

Les sociaux-démocrates ont perdu 2,8 points par rapport à 2014, et réalisé leur plus mauvais score depuis plus d'un siècle.

"Nous sommes le premier parti de Suède", s'est néanmoins félicité Stefan Löfven dimanche soir, avant de prendre publiquement acte de l'impasse dans laquelle il se trouve, et de tendre la main à l'opposition.

"Cette élection doit marquer l'enterrement de la politique des blocs (...). Personne n'a obtenu de majorité. Il est donc naturel de lancer une collaboration entre les blocs", a-t-il déclaré.

La gauche avec qui?

Comme un seul homme, les dirigeants de l'opposition lui ont au même moment exprimé une fin de non-recevoir.

"Ce gouvernement a fait son temps. Il doit démissionner", a lancé Ulf Kristersson à ses partisans.

La gauche compte rempiler pour un nouveau mandat de quatre ans, mais avec qui?

Stefan Löfven peut tenter de refaire le coup de 2014: former un gouvernement minoritaire avec les écologistes et le soutien au parlement du Parti de gauche (ex-communistes), puisque le camp d'en face est encore plus minoritaire.

Il serait alors sous la menace permanente de l'opposition, en embuscade pour l'empêcher de légiférer et le faire tomber à la première occasion, par exemple sur le budget dès octobre, avec les voix de l'extrême droite.

Il pourrait aussi jouer l'ouverture et inviter libéraux et centristes à la table des négociations, tout en restant, là encore, minoritaire.

Tout dépendra du rapport de force final.

"Si le bloc gauche-vert est plus important, le Centre et les libéraux ont la clé, et non plus [le dirigeant d'extrême droite] Jimmie Åkesson", a estimé Mikael Gilliam, professeur de sciences politiques à l'Université de Göteborg, sur les ondes de la radio publique SR.

Pure politique fiction à ce stade: libéraux et centristes sont membres de l'Alliance du centre et de la droite, avec les conservateurs et les chrétiens-démocrates. Et leur objectif est de tenter de former ensemble un gouvernement comme ce fut le cas entre 2006 et 2014, mené cette fois par le conservateur Ulf Kristersson.

Droite en position délicate

La partie ne s'annonce pas facile: ils auront forcément besoin de voix de l'extrême droite et cela ne sera pas gratuit.

"Nous avons 62 mandats, cela veut dire que nous ne pourrons pas obtenir tout ce qu'on veut mais je m'attends à une influence proportionnelle à notre taille", a annoncé M. Åkesson à SR.

M. Kristersson privilégie plutôt des compromis avec les sociaux-démocrates, comme ce fut le cas ces quatre dernières années avec la signature de 26 accords, sur l'immigration, l'énergie et le climat notamment.

Au cas où la défaite du centre-droit se confirmerait, cette continuité semble la moins mauvaise des solutions pour lui, estime David Ahlin, directeur du département opinion de l'institut Ipsos.

Mais "la situation est extrêmement incertaine. Seulement 30.000 voix séparent les deux blocs et mercredi seront comptées les 200.000 votes des Suédois de l'étranger", rappelle-t-il. "Le plus probable est que l'Alliance reste constituée en coalition et essaie d'obtenir un soutien de l'autre côté de la ligne des blocs".

Fort de son score (17,6%, en hausse de près de cinq points), le président des Démocrates de Suède Jimmie Åkesson s'est dit prêt "à des compromis".

"C'est celui qui comprend qu'on peut parler avec moi qui aura le plus de facilités à mettre en place un gouvernement", a-t-il affirmé à SR.

Avec AFP

Toutes les actualités

Des musulmans du Sud séparatiste de la Thaïlande chantent pour le pape

Le pape François, à son arrivée à l'hôpital Saint-Louis de Bangkok, en Thaïlande, le jeudi 21 novembre 2019. (Photo AP / Manish Swarup)

De jeunes chanteurs musulmans du sud de la Thaïlande, en proie à un conflit séparatiste qui a fait quelque 7.000 morts, chantent vendredi devant le pape François en visite dans le pays bouddhiste.

"Nous essayons de dire que nous ne sommes pas des fondamentalistes", relève Furkon Tasa, 15 ans.

Il dirige la chorale de l'Institut Attarkia Islamiah dans la province de Narathiwat, à l'extrême sud de la Thaïlande, ensanglanté par ce conflit depuis 2004.

"Avec la musique, nous pouvons chanter et communiquer avec n'importe qui", ajoute-t-il lors d'une ultime répétition, jeudi.

La prestation des 31 chanteurs est particulièrement symbolique alors que l'insurrection a récemment connu une nouvelle flambée de violence.

Début novembre, quinze personnes ont été tuées lors d'une attaque attribuée à des séparatistes qui ont ouvert le feu sur deux postes de contrôle.

"Prière pour la paix", "Chants pour la liberté": la chorale interprètera des textes spécialement conçus pour l'occasion.

"Nous sommes musulmans. Nous devons répandre l'amour", s'enthousiasme Arisa Mamat, membre de la formation.

Cette dernière se produira devant le pape à l'université de Chulalongkorn, accompagnée d'étudiants de la faculté et de chrétiens de différentes minorités ethniques, très nombreuses en Thaïlande.

Pour Phaisan Toryib, directeur de l'école d'Attarkiah, cette représentation est l'occasion pour les jeunes musulmans de se mêler aux Thaïlandais d'autres cultes.

Le pape François a d'ailleurs axé son voyage dans le royaume, à plus de 95% bouddhiste mais tolérant envers les autres cultes, sur le dialogue interreligieux.

Jeudi, il a rencontré le 20e patriarche suprême, Somdej Phra Maha Muneewong, dans un haut lieu du bouddhisme.

Avec AFP

Le pape François débute une visite en Thaïlande et au Japon

Carte indiquant l'itinéraire et les dates de la visite du pape François en Asie, du 19 au 26 novembre.

Le pape François est arrivé mercredi en Thaïlande, première étape d'un voyage de sept jours en Asie durant lequel il se rendra également au Japon, une première en près de 40 ans.

L'avion du souverain pontife a atterri en périphérie de la capitale thaïlandaise Bangkok autour de la mi-journée.

Cette visite coïncide avec le 350e anniversaire de la fondation de la "Mission de Siam" par le pape Clément IX.

La communauté catholique ne représente qu'une minorité de moins de 2% de la population thaïlandaise, à majorité bouddhiste.

Le pape François doit rencontrer le roi Maha Vajiralongkorn, des représentants bouddhistes et catholiques ainsi que des étudiants, avant de prendre samedi la direction du Japon.

Il est le premier chef de l'Eglise catholique à se rendre en Thaïlande depuis Jean-Paul II en 1984. La dernière visite papale au Japon remonte elle à 1981.

Avec Reuters

Le report des manoeuvres entre Séoul et Washington insuffisant pour Pyongyang

Le président sud-coréen Moon Jae-in, à droite, s’embrasse avec le leader nord-coréen Kim Jong Un lors de leur deuxième sommet au nord du village de Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ), 26 mai 2018.

Les Etats-Unis doivent renoncer à leurs manoeuvres conjointes avec Séoul "une bonne fois pour toutes" s'ils veulent une reprise du dialogue avec Pyongyang, a indiqué mardi la Corée du Nord après l'annonce du report de ces exercices militaires.

Washington et Séoul ont présenté dimanche le report de ces manoeuvres aériennes comme un geste de "bonne volonté" après des mois d'impasse dans les négociations internationales sur les programmes nucléaire et balistique du Nord.

Les Nord-Coréens présentent de longue date les exercices militaires américano-sud-coréens comme la répétition de l'invasion de leur territoire.

Séoul et Washington avaient annulé l'an passé plusieurs de ces manoeuvres dans la foulée du sommet historique à Singapour entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Et Kim Yong Chol, un très haut responsable nord-coréen qui était auparavant l'homologue nord-coréen du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo dans les discussions sur le nucléaire, a estimé que le report annoncé dimanche était hors sujet.

"Nous demandons que les Etats-Unis ne participent pas aux manoeuvres ou qu'ils y renoncent une bonne fois pour toutes", a déclaré M. Kim dans un communiqué diffusé par l'agence officielle KCNA.

"La suspension des exercices ne signifie pas la paix et la sécurité sur la péninsule coréenne et n'aide pas les efforts diplomatiques."

Le Nord n'a "pas l'intention" de s'asseoir à la table des négociations avec "les Etats-Unis qui rusent" et n'y retourneront pas avant "l'abandon complet et irrévocable de sa politique hostile".

Après la spectaculaire détente de 2018 sur la péninsule, les pourparlers entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sont au point mort depuis le fiasco du deuxième sommet à Hanoï en février entre MM. Trump et Kim.

Les deux pays n'étaient pas parvenus à s'entendre sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen en échange d'une levée des sanctions économiques internationales.

D'autres discussions bilatérales, menées début octobre en Suède à un niveau inférieur, se sont également terminées sur une impasse.

Pyongyang a donné à Washington jusqu'à fin 2019 pour présenter une nouvelle offre.

Quatre morts dans une nouvelle fusillade en Californie

La police dans un quartier de Fresno, Californie, après une fusillade, le 18 avril 2017.

Une nouvelle "fusillade de masse" a touché dimanche soir les Etats-Unis, provoquant la mort de quatre jeunes hommes et en blessant six autres lors d'une réunion de famille dans une résidence de la ville de Fresno (Californie).

Selon les premiers éléments de l'enquête, un ou plusieurs suspects ont pénétré dans une résidence où étaient rassemblées quelque 35 personnes, dont des enfants, pour suivre un match de football américain lors "d'une réunion de famille", a expliqué aux journalistes Michael Reid, responsable de la police de Fresno.

L'attaquant ou les attaquants ont ensuite "ouvert le feu dans le jardin, où se trouvaient la plupart des personnes, touchant par balles dix d'entre elles", a-t-il poursuivi.

Trois personnes sont mortes sur place, "tous des hommes de type asiatique âgés de 25 à 30 ans" et un quatrième, transporté dans un état critique à l'hôpital, a succombé à ses blessures.

Six autres personnes ont été plus légèrement blessées et leurs jours ne sont pas en danger, a souligné le policier.

Le ou les auteurs des coups de feu, encore non identifiés, sont en fuite et les enquêteurs tentaient de retrouver leur trace en examinant les images de vidéosurveillance et en interrogeant les nombreux voisins qui ont donné l'alerte en entendant les tirs, aux alentours de 18h00 heure locale dimanche (02h00 GMT lundi).

- Enfants et femmes présents -

"Dieu merci, aucun enfant n'a été touché car il y avait plusieurs enfants et femmes" mais ils étaient à l'intérieur de la maison, a précisé Michael Reid.

"Les dix victimes, décédées ou non, sont toutes des hommes âgés de 20 à 35 ans environ" et "tous se trouvaient hors de la maison, dans le jardin", a-t-il insisté.

"Nous ne connaissons pas encore exactement leur origine mais je pense qu'on peut dire d'Asie du sud-est ou d'Asie", a dit le responsable de la police de Fresno.

Interrogé par les journalistes sur les motivations possibles du crime, M. Reid a répondu que l'enquête s'attachait à la déterminer.

Il a toutefois jugé "très probable que le rassemblement ait été pris pour cible à dessein, nous ne savons pas encore pourquoi".

A ce stade de l'enquête, rien n'indique qu'il puisse s'agir d'une fusillade liée à des gangs, a-t-il souligné, qualifiant les faits de "violence absurde".

Un voisin a affirmé au journal Fresno Bee qu'une autre maison avait déjà essuyé des tirs la semaine dernière, provoquant l'émoi dans le quartier.

"Je ne me sens pas en sécurité dehors après la nuit tombée", a déclaré ce voisin, Choua Vang, affirmant songer à déménager.

Les Etats-Unis sont régulièrement endeuillés par de telles tueries de masse, qui relancent à chaque fois le débat sur la prolifération des armes à feu sans que la législation en la matière ait évolué de manière significative.

Le dernier drame en date, la semaine dernière, a également touché la Californie.

Un adolescent a ouvert le feu dans la cour de son lycée le jour de son anniversaire, tuant deux camarades âgés de 14 et 15 ans et blessant trois autres jeunes, près de Los Angeles.

Il a lui-même succombé à ses blessures après s'être tiré une balle dans la tête juste après avoir commis son geste, pour lequel il n'a laissé aucune explication.

Trump ira à Londres pour les 70 ans de l'Otan, en pleine campagne britannique

Election 2020 Trump

Le président des Etats-Unis Donald Trump participera début décembre au sommet des 70 ans de l'Otan à Londres, où il se trouvera ainsi au moment de la dernière ligne droite de la campagne d'élections législatives cruciales pour le Brexit.

Le sommet organisé au Royaume-Uni les 3 et 4 décembre se tiendra dans un golf de luxe près de la capitale britannique. Le milliardaire républicain et son épouse Melania Trump se rendront aussi à la réception donnée à cette occasion par la reine Elizabeth II au Palais de Buckingham, a annoncé vendredi la Maison Blanche.

Détracteur constant de l'Otan, le président américain a parfois semblé remettre en cause l'utilité même, et les principes cardinaux, de l'Alliance atlantique née en 1949 pour contrer l'Union soviétique au début de la Guerre froide. Il n'a cessé de bousculer les Alliés pour qu'ils mettent davantage la main au portefeuille au lieu de se reposer sur le colossal budget de la défense américaine, notamment l'Allemagne, accusée d'être le mauvais élève en termes d'effort militaire.

Mais ces derniers mois, Donald Trump a quelque peu mis ses critiques en sourdine, insistant, comme le fait la Maison Blanche dans son communiqué de vendredi, sur les "progrès sans précédent réalisés par l'Alliance pour mieux partager le fardeau financier, avec notamment plus de cent milliards de dollars de nouvelles dépenses de défense depuis 2016". Des progrès dont l'ex-homme d'affaires attribue la paternité à sa propre ténacité.

"Soixante-dix après sa création, l'Otan demeure l'alliance avec le plus grand nombre de succès à son actif dans l'Histoire, garantissant la sécurité, la prospérité et la liberté de ses membres", a souligné la présidence américaine.

- Soutien à Boris Johnson? -

"Le président mettra aussi l'accent sur la nécessité pour l'Otan de se préparer aux menaces de demain, y compris celles émanant du cyberespace, celles qui touchent nos infrastructures critiques et nos réseaux de télécommunications, et celles que pose le terrorisme", a-t-elle ajouté.

Au-delà du ton qu'il décidera d'employer à l'occasion de cet anniversaire en grande pompe, la visite de Donald Trump sera aussi scrutée à la lumière des élections britanniques du 12 décembre.

A moins de dix jours d'un scrutin sous forme de quitte ou double pour son "ami" Boris Johnson, va-t-il en profiter pour lui apporter un soutien appuyé? Le Premier ministre conservateur, champion du Brexit, espère décrocher la majorité absolue qui lui manque au Parlement pour faire adopter son accord de divorce négocié avec l'Union européenne.

Par le passé, le président américain n'a pas caché tout le bien qu'il pensait de "Boris", dont il a même relevé qu'on le surnommait parfois "le Trump britannique". Il lui a promis un "magnifique" accord commercial bilatéral après la sortie de l'UE, argument de poids des partisans du Brexit pour garantir que l'économie britannique ne souffrira pas de la séparation.

Mais récemment, le milliardaire républicain, qui affiche aussi sa sympathie pour l'europhobe Nigel Farage, s'est montré plus réservé par le contrat de divorce négocié par Boris Johnson avec Bruxelles, jugeant qu'il compromettait la possibilité d'un accord de libre-échange américano-britannique.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump se retrouve au Royaume-Uni dans une phase cruciale de la politique britannique.

Début juin, il s'y était rendu juste avant la démission de la Première ministre Theresa May, qu'il n'avait cessé de tacler dans les mois précédents. Il en avait profité pour courtiser les candidats à sa succession, Boris Johnson en tête.

Voir plus

XS
SM
MD
LG