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Soudan du Sud : le chef rebelle Machar veut reporter la formation d'un gouvernement d'union


L'ancien vice-président et chef des rebelles du Sud-Soudan, Riek Machar, lors d'une interview avec Reuters à Rome, en Italie, le 12 avril 2019.

Le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar a annoncé dimanche vouloir un nouveau report pour la formation d'un gouvernement d'union avec le président Salva Kiir, estimant que toute précipitation conduirait à la catastrophe.

Arrivé à Juba samedi pour s'entretenir avec M. Kiir, Machar a rencontré une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies en visite au Soudan du Sud trois semaines avant la date butoir pour la formation d'un gouvernement d'union nationale, fixée au 12 novembre.

La formation de ce gouvernement a déjà été retardée en mai, en raison de désaccords sur des questions cruciales comme la formation d'une armée unifiée, composée de rebelles et de forces gouvernementales, et les frontières des Etats sud-soudanais.

Machar a averti que si les questions de sécurité n'étaient pas réglées, le pays connaîtrait des combats comme en 2016, lorsqu'un accord de paix antérieur avait échoué, le contraignant à fuir le pays et aggravant le conflit.

"Pourquoi voulez-vous répéter la même erreur ?", a-t-il demandé à la délégation du Conseil de sécurité, qui fait pression pour que le gouvernement aille de l'avant.

Aux termes de l'accord de paix de septembre 2018, les combattants de toutes les parties doivent être entraînés et déployés dans le cadre d'une armée unifiée de 83.000 hommes - un processus qui a été entravé par les retards et le manque de financement.

"Si nous n'avons pas d'armée nationale, de police, de sécurité, comment formez-vous le gouvernement ? Ce matin, le président Kiir et moi avons rencontré les chefs de la sécurité et ce que nous avons constaté, c'est que même en trois mois, nous n'y arriverons pas", a déclaré Machar.

"Nous avons des problèmes cruciaux à résoudre, les dispositions en matière de sécurité doivent être en place. Si nous n'y sommes pas le 12 quand Kiir insistera pour former le gouvernement comme il a menacé de le faire, ne nous blâmez pas", a-t-il ajouté.

L'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU, Kelly Craft, s'est dite déçue par ces remarques.

"Les dirigeants politiques du Soudan du Sud ont la possibilité de faire des compromis politiques et de passer à la phase suivante du processus de paix d'une manière crédible, transparente et responsable", a-t-elle déclaré.

D'autres signataires de l'accord sont divisés sur un éventuel report de la date butoir.

"Pourquoi ne pas se donner deux mois pour résoudre les problèmes de sécurité et du nombre d'États plutôt que de former un gouvernement qui s'effondrera dans deux mois ?", a demandé Lam Akol Ajawin, chef d'un autre groupe rebelle, le Mouvement national démocratique.

Kiir et Machar devraient poursuivre leurs pourparlers lundi.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en 2013, deux ans après son indépendance du Soudan, lorsque M. Kiir, un Dinka, a accusé M. Machar, alors son vice-président, membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.

Le conflit a fait plus de 380.000 morts et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais hors e leurs foyers.

Avec AFP

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