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L'ONU réclame le déploiement rapide d'une force régionale au Soudan du Sud


Riek Machar et Salva Kiir, Juba, le 29 avril 2016.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a réclamé une nouvelle fois lundi le "déploiement rapide" au Soudan du Sud d'une force militaire régionale sous mandat de l'ONU, a indiqué son président à l'issue de consultations à huis clos.

Après un accès de violences entre rebelles et forces régulières en juillet dernier, les Nations unies avaient autorisé le déploiement de 4.000 soldats supplémentaires, devant s'ajouter aux 13.000 Casques bleus déjà présents au Soudan du Sud dans le cadre de la mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss).

Selon l'ambassadeur suédois Olof Skoog, qui préside le Conseil en janvier, les 15 pays membres ont "demandé au gouvernement (sud-soudanais) de travailler de manière constructive avec l'ONU en faveur d'un déploiement rapide" de cette force africaine, à laquelle le Rwanda et l'Ethiopie notamment ont promis de contribuer.

Ils ont aussi réclamé qu'il soit mis fin aux "obstructions" que rencontre la Minuss.

Le Conseil a également préconisé la relance d'un "processus politique inclusif" pour tenter de mettre fin à la guerre civile qui dure depuis trois ans et a réclamé "la fin de l'impunité" pour les auteurs d'exactions contre les civils.

Les 15 pays ont déploré "la poursuite des combats dans tout le pays" et les entraves à la livraison de l'aide humanitaire.

Les 15 ambassadeurs ont rencontré à cette occasion le médiateur régional dans ce conflit, l'ancien président du Botswana Festus Mogae.

Il s'agissait de la première réunion du Conseil sur le Soudan du Sud depuis l'échec d'un projet de résolution prévoyant d'imposer un embargo sur les armes et des sanctions contre des responsables gouvernementaux et rebelles.

Ce projet américain avait été rejeté le 23 décembre dernier, ne recueillant que sept votes favorables et huit abstentions.

Pour être adoptée, une résolution doit obtenir les voix d'au moins neuf membres et n'être bloquée par aucun veto.

Selon un récent rapport confidentiel de l'ONU, des retards administratifs et des désaccords autour de la sécurité de l'aéroport de Juba freinent le déploiement de la nouvelle force militaire régionale.

Le gouvernement sud-soudanais avait en principe accepté ce déploiement fin novembre.

La guerre civile au Soudan du Sud a fait des dizaines de milliers de morts et plus de trois millions de déplacés.

Le conflit avait été amorcé par des combats le 15 décembre 2013 entre des unités rivales de l'armée, minée par des antagonismes politico-ethniques alimentés par la rivalité à la tête du régime entre Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.

Avec AFP

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