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Sommet Trump-Kim: le Pentagone pris au dépourvu sur les manoeuvres

Le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un marchent au sortir d’un déjeuner à l’hôtel Capella sur l'île de Sentosa à Singapour, le 12 juin 2018 (AP Photo/Evan Vucci).

Donald Trump a pris le Pentagone au dépourvu mardi à l'issue de son sommet avec Kim Jon Un, en annonçant qu'il allait mettre fin aux manoeuvres conjointes américano-coréennes parce qu'il les juge trop provocantes et trop chères.

"Nous allons arrêter les manoeuvres militaires, ce qui va nous faire économiser beaucoup d'argent, sauf si nous constatons que les futures négociations ne se passent pas comme elles le devraient", a déclaré le président américain au cours d'une conférence de presse à Singapour, à l'issue de sa rencontre historique avec le dirigeant nord-coréen.

M. Trump n'a pas dit quand ces manoeuvres seraient supprimées et cette promesse, qui modifierait totalement la posture militaire américaine dans la région, ne figure pas dans la déclaration commune signée par les deux dirigeants, mais elle a visiblement surpris l'armée américaine.

>> Lire aussi : Sommet Kim-Trump: le patron de l'ONU salue une "étape importante"

Le commandement des Forces américaines en Corée du Sud (USFK), "n'a reçu aucune instruction sur la mise en oeuvre ou l'arrêt des manoeuvres, y compris l'exercice Ulchi Freedom Guardian" prévu à la fin de l'été, a indiqué un porte-parole de l'USFK dans un communiqué.

"Nous maintiendrons notre posture militaire tant que nous n'aurons pas reçu de nouvelles instructions du ministère de la Défense et/ou du commandement Indo-Pacifique (IndoPacom)", précise le communiqué.

Réponse embarrassée

Quelque 17.500 militaires américains ont participé l'an dernier aux manoeuvres conjointes américano-sud-coréennes Ulchi Freedom Guardian, qui se tiennent tous les ans fin août-début septembre.

Ces manoeuvres destinées à renforcer la préparation des troupes à une éventuelle invasion nord-coréenne, regroupent des soldats de toutes les armes (aviation, marine, armée de terre) venus, outre les Etats-Unis et la Corée du Sud, de plusieurs pays alliés comme l'Australie, le Canada, la Grande-Bretagne, la France ou la Nouvelle-Zélande.

Au Pentagone, où le mot d'ordre est que l'armée américaine est "prête à se battre ce soir" s'il le faut, les responsables militaires avaient du mal à expliquer ce qui pourrait représenter un changement de posture militaire majeur et risquer de diminuer les capacités de riposte occidentales à une éventuelle invasion nord-coréenne.

>> Lire aussi : Derrière l'offensive de charme de Kim, la Corée du Nord, "prison à ciel ouvert"

"Le ministère de la Défense continue de travailler avec la Maison Blanche, les agences gouvernementales et nos alliés et partenaires pour définir la voie à suivre après le sommet", a indiqué un porte-parole du Pentagone, Chris Sherwood. "Nous fournirons des informations complémentaires lorsqu'elles seront disponibles".

Un autre porte-parole, le colonel Rob Manning, est resté tout aussi vague. "Nous nous alignerons sur le président", a-t-il dit, tout en rappelant que la préparation des troupes restait "primordiale".

Aucun responsable du Pentagone n'a été en mesure d'évaluer le coût des manoeuvres en Corée du Sud ou les économies que leur suppression pourrait permettre.

Concession "troublante"

M. Trump a aussi redit son souhait de retirer, le moment venu, les soldats américains déployés en Corée du Sud, tout en assurant que cela ne faisait pas partie des négociations avec Pyongyang.

Pour Richard Haass, le président du centre de réflexion Council on Foreign Relations, "la déclaration commune de Singapour est essentiellement de simples aspirations: pas de définition de la dénucléarisation, pas de calendrier, pas de détails sur la vérification".

"Le plus troublant, c'est qu'en échange, les Etats-Unis ont abandonné quelque chose de tangible, les manoeuvres américano-coréennes", a-t-il ajouté sur Twitter.

En début d'année, Séoul et Washington avaient reporté leurs exercices militaires conjoints annuels Key Resolve et Foal Eagle, pour cause de jeux Olympiques d'hiver au Sud.

Mais malgré le dégel diplomatique avec Pyongyang, entamé pendant les JO, les manœuvres à grande échelle avaient repris aussitôt après la fin des Jeux paralympiques. Foal Eagle est un exercice de terrain qui rassemble environ 11.500 soldats américains et 290.000 militaires sud-coréens.

Key Resolve est un exercice de commandement à base de simulations sur ordinateur.

Environ 30.000 soldats américains sont déployés en permanence en Corée du Sud, héritage de la guerre de Corée (1950-53) qui s'est achevée sur un armistice et non un traité de paix.

Avec AFP

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La Maison Blanche envisage des baisses d'impôts pour éviter une récession

Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, à la Maison-Blanche le 27 août 2018.

La Maison Blanche envisage des baisses d'impôts et de droits de douane pour éviter une entrée des Etats-Unis en récession, ont rapporté lundi des médias américains, malgré l'insistance de Donald Trump sur la bonne santé de l'économie américaine.

Selon le Washington Post, des responsables de la Maison Blanche étudient plusieurs mesures pour stimuler l'économie américaine, dont une baisse temporaire de la taxe sur les salaires pour améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs.

D'après le New York Times, les Etats-Unis pourraient également renoncer aux nouveaux droits de douane imposés par l'administration Trump aux imporations chinoises dans le cadre de la guerre commerciale avec Pékin.

Il s'agit de mesures à l'étude, et les responsables qui en ont eu l'idée n'ont pas encore demandé l'avis du président Donald Trump, lequel devrait en outre obtenir l'aval du Congrès, précisent les deux médias.

"Abaisser les taxes sur les salaires n'est pas quelque chose qui soit à l'étude en ce moment", a réagi la Maison Blanche auprès du Washington Post.

La taxe sur les salaires avait déjà été temporairement abaissée en 2011 et 2012 sous le président Barack Obama pour essayer de sortir l'économie américaine de la stagnation consécutive à la crise financière de 2008.

Selon un sondage publié dimanche par la National Association for Business Economists (NABE), près des trois quarts des économistes américains s'attendent à une récession d'ici 2021. Un avis que ne partage pas Donald Trump: "je ne crois pas qu'il y aura une récession. Nous nous portons terriblement bien", a-t-il affirmé à des journalistes dimanche.

Avec AFP

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