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Situation difficile des déplacés internes anglophones à Yaoundé


La paroisse presbytérienne de Nsimeyong, à Yaoundé, Cameroun, le 10 décembre 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au moins 500.000 ressortissants des régions anglophones sont désormais installés dans les villes francophones du Cameroun selon de récentes estimations. Ayant fui le conflit en zone anglophone, ces déplacés vivent souvent dans des conditions précaires.

A Yaoundé, Timothy Musoro Ngo, héberge onze déplacés internes de la crise anglophone. Pour les nourrir, il a planté un champ dans un marécage du quartier Efoulan, et il y travaille deux heures par jour.

Au total, ce sont 18 personnes qui cohabitent dans sa maison de 4 pièces.

Reportage d'Emmanuel Jules Ntap sur les déplacés internes au Cameroun
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"J'apprécie mon séjour à Yaoundé parce que je parviens à présent à dormir ! Avant les coups de feu m'empêchaient de dormir" confie David à VOA Afrique.

David est l’un des déplacés internes hébergé par Timothy Musoro Ngo.

"Je voudrais rester ici, jusqu'à ce que les coups de feu cessent", explique-t-il. "Quand j'ai quitté le Sud-Ouest, j'habitais une maison comme celle-là et les 'Ambazoniens' tiraient sur les habitations et tuaient les gens".

A la paroisse presbytérienne anglophone de Nsimeyong, l’un des quartiers de Yaoundé, plus de 200 déplacés internes ont été recensés. Ils assistent régulièrement au culte dominical.

Sous anonymat, certains évoquent, leurs conditions de vie à Yaoundé.

"Ma vie à Yaoundé est terrible. Je ne comprends même pas la langue... Pour discuter avec les gens, pour dialoguer, je me sens très mal ici", raconte un déplacé.

"Je suis ici depuis quatre mois avec mes trois enfants. Ce n’est pas facile, après avoir quitté mon lieu de résidence à Buea, à Muyuka", explique cette mère de famille. "Je suis ici avec ma petite sœur, nous vivons chez elle, et j’ai des difficultés à payer les frais de scolarité".

Ces déplacés saluent à juste titre, l'élan de solidarité de la paroisse anglophone, de l’église presbytérienne de Nsimeyong où un comité d’assistance aux déplacés internes, a été mis sur pied.

Les denrées alimentaires, les vêtements et de l’argent en espèce ont d’ailleurs été offerts à certains parmi eux.

Le champ de Timothy Musoro Ngo à Yaoundé, Cameroun, le 10 décembre 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Le champ de Timothy Musoro Ngo à Yaoundé, Cameroun, le 10 décembre 2018. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Cependant cette solidarité pour les déplacés anglophones à Yaoundé a parfois engendré des suspicions, témoigne Timothy Musoro Ngo.

"Les militaires, la gendarmerie et le chef du village sont venus chez moi, en disant qu’ils avaient été informés que des 'Ambazoniens' armés résidaient chez moi. Ils sont venus à 3 heures du matin et ils ont fouillé la maison."

Le 21 novembre dernier, le gouvernement camerounais a créé un centre de coordination de l’assistance humanitaire d’urgence, notamment pour encourager les déplacés internes à revenir chez eux.

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