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"Servante écarlate" et "Game of Thrones" boudés par les Emmy Awards

Joseph Fiennes pose lors de la première de "The Handmaid's Tale" à Los Angeles, Californie, États-Unis, le 19 avril 2018.

Pourtant données favorites, les séries à succès "Game of Thrones" et "La Servante Ecarlate" n'ont pas fait le plein de récompenses lundi aux Emmy Awards, qui a célébré "Mme Maisel, femme fabuleuse" et Claire Foy, pour son interprétation d'Elizabeth II dans "The Crown".

Peu avant la fin de la cérémonie de la 70e édition, "Game of Thrones" n'avait obtenu qu'une statuette, pour Peter Dinklage (Tyrion Lannister), et "La Servante Ecarlate" restait bredouille.

"La Servante Ecarlate", abondamment primée lors de la précédente édition et forte de 20 nominations, explore une Amérique en proie à un régime théocratique dans lequel les femmes fertiles sont réduites à l'état d'esclaves vouées à la reproduction. Elle était donnée favorite par beaucoup d'experts d'Hollywood, d'autant que les préoccupations qu'elle soulève sont particulièrement présentes dans l'Amérique du mouvement #MeToo de lutte contre les violences faites aux femmes.

Ce sont bien des femmes, assez politiques également dans leur genre, que l'Académie a privilégiée cette année, en la personne de "Mme Maisel" et de la reine d'Angleterre.

La série "Mme Maisel, femme fabuleuse", récompensée par l'Emmy de la meilleure comédie, dépeint une femme au foyer juive qui se crée une nouvelle vie et fait scandale dans les années 1950, après avoir été trompée et quittée par son mari.

"Ca parle d'une femme qui trouve une nouvelle voix. C'est quelque chose qui se produit partout dans le pays en ce moment. Et ce qu'on peut faire de mieux avec nos voix, c'est de voter", a déclaré Rachel Brosnahan, après avoir reçu l'Emmy de la meilleure actrice dans une série de comédie pour son rôle de Mme Maisel.

Un appel au vote lancé alors que les élections de mi-mandat, déterminantes pour un président Donald Trump très polémique, doivent se tenir début novembre.

Autre femme politique à l'écran, la comédienne britannique Claire Foy a reçu lundi le prix de la meilleure actrice dans une série dramatique pour son interprétation d'Elizabeth II dans "The Crown".

La série phare de la plateforme en ligne Netflix a été un tremplin pour l'actrice de 34 ans, qui était jusqu'ici surtout connue pour ses apparitions à la télévision anglaise et a depuis décroché plusieurs rôles de premier plan.

"Fonzie" enfin consacré

Absente l'an dernier en raison d'un calendrier de diffusion défavorable, la célébrissime série "Game of Thrones" de HBO était celle qui comptait le plus de nominations (22). Elle n'a pas transformé l'essai, peut-être victime de ses succès passés: en 2016, la saga du Trône de Fer avait récolté douze Emmy Awards, devenant la série la plus titrée depuis la création de ces récompenses en 1949.

Côté meilleur acteur, c'est l'acteur gallois Matthew Rhys qui a reçu lundi soir l'Emmy Award du "meilleur acteur dans une série dramatique" pour son rôle dans "The Americans". Succès populaire mais peu primé, la sixième et dernière saison de cette saga sur des taupes soviétiques du KGB durant la Guerre froide s'est terminée au printemps.

Autre surprise, le western futuriste "Westworld" (HBO) et ses androïdes trop humains, récompensé à travers la Britannique Thandie Newton, Emmy du meilleur second rôle féminin.

Côté comédie, les quelque 22.000 professionnels de l'Académie appelés à voter avaient l'embarras du choix. En l'absence de la satire politique "Veep", régulièrement primée mais dont la diffusion a été chamboulée en raison du cancer dont souffre l'actrice principale Julia Louis-Dreyfus, ou de "Roseanne", arrêtée en juin après un tweet raciste de sa star pro-Trump Roseanne Barr, "Atlanta" semblait avoir ses chances, mais n'avait pas non plus fait le plein dans la dernière ligne droite.

Espoir déçus également pour l'équipe de "The Assassination of Gianni Versace", dont Penelope Cruz, Ricky Martin et Edgar Ramirez ont tous échoué à monter sur le podium. Seul Darren Criss, qui campe le tueur du designer, a triomphé, face à des pointures comme Antonio Banderas ("Pablo Picasso") ou Benedict Cumberbatch, qui quitte cette année la peau de Sherlock Holmes pour celle de "Patrick Melrose.

Le vétéran Henry Winkler, légendaire "Fonzie" de la série "Happy Days" dans les années 1970, a enfin connu la consécration aux Emmy Awards avec une récompense pour son rôle dans "Barry" (HBO) dont la vedette est un tueur à gages solitaire pris dans le petit monde du théâtre amateur à l'occasion d'un contrat.

Avec AFP

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La Maison Blanche publie la transcription d'un nouvel appel entre Trump et Zelensky

Le président Donald Trump avec le président de l'Ukraine Volodymyr Zelenskiy

La Maison Blanche a publié vendredi, en pleine audition au Congrès dans le cadre de la procédure de destitution visant Donald Trump, un court compte-rendu d'un premier appel entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui venait alors d'être élu.

Cette conversation apparemment anodine tranche avec un autre appel entre les deux dirigeants, le 25 juillet, lors duquel M. Trump avait demandé à M. Zelensky de se "pencher" sur son rival démocrate Joe Biden, avait inquiété un lanceur d'alerte aux Etats-Unis, qui l'avait signalé à sa hiérarchie. C'est cet appel, dont la Maison Blanche a ensuite également publié une transcription, qui a déclenché l'ouverture par les élus démocrates d'une enquête en destitution du président.

Au moment même où l'audition d'une ex-ambassadrice en Ukraine débutait dans le cadre de cette enquête, la Maison Blanche a rendu publique la transcription d'un deuxième appel, qui est en réalité le premier entre les deux leaders, ayant eu lieu le 21 avril.

Sans mentionner les enquêtes ou la politique américaine, M. Trump se contente de féliciter M. Zelensky: "J'ai de nombreux amis en Ukraine qui vous connaissent et vous apprécient. (...) Ils pensent, franchement -- ils s'attendaient à ce que vous gagniez. Et c'est vraiment incroyable ce que vous avez fait".

"Lorsque vous serez installé et prêt, j'aimerais vous inviter à la Maison Blanche", lui dit également Donald Trump.

Selon le témoignage de plusieurs responsables, cette invitation a plus tard été mise dans la balance par Washington comme une récompense faite au leader ukrainien en échange de l'ouverture d'une enquête sur l'ancien vice-président Biden et son fils, Hunter, qui a été employé par une compagnie gazière ukrainienne.

Le président ukrainien, qui lors de l'appel loue plusieurs fois M. Trump comme un "modèle", invite de son côté sans succès le président américain à sa cérémonie d'investiture, et lui promet de "travailler son anglais" en vue de leur rencontre.

Les démocrates soupçonnent le milliardaire républicain d'avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels pour son profit politique en demandant à Kiev d'enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter en novembre 2020 à la présidentielle. Donald Trump martèle de son côté que l'appel du 25 juillet était "parfait".

Trump attaque l'ex-ambassadrice à Kiev, qui réplique en direct depuis le Congrès

L'ex-ambassadrice américaine à Kiev, Marie Yovanovitch

Une passe d'armes à distance, mais en direct, a opposé vendredi Donald Trump et l'ex-ambassadrice américaine à Kiev, qu'il a attaquée au moment même où elle était entendue au Congrès dans l'enquête en destitution qui le menace.

"Partout où Marie Yovanovitch est passée, les choses ont mal tourné", a tweeté le président américain en référence à la diplomate qu'il avait brusquement rappelée à Washington en mai.

"Elle a débuté en Somalie, et regardez comment ça s'est terminé", a-t-il ajouté en référence à ce pays de la Corne de l'Afrique plongé dans le chaos depuis 1991.

"Un président américain a un droit absolu de nommer les ambassadeurs", a-t-il encore écrit, en assurant avoir "une politique étrangère très forte et puissante, très différente de celles des administrations précédentes".

Peu après, l'élu démocrate Adam Schiff, en charge de l'enquête visant Donald Trump, a lu ces messages à Mme Yovanovitch alors même qu'elle était interrogée à la Chambre des représentants, lors d'une audience retransmise en direct à la télévision.

Ces attaques sont "très intimidantes", a commenté la diplomate en défendant son bilan.

"Je ne crois pas avoir de tels pouvoirs, ni à Mogadiscio en Somalie, ni ailleurs. Et je pense qu'au cours des années, j'ai plutôt amélioré les choses pour les Etats-Unis et les pays où j'étais en poste", a-t-elle ajouté, stoïque.

"Je veux que vous sachiez, ambassadrice, que certains d'entre nous ici prenons très au sérieux l'intimidation de témoins", a conclu M. Schiff, laissant entendre que ce chef pourrait aller étayer un éventuel dossier de mise en accusation, "impeachment", contre Donald Trump à la Chambre basse.

Il s'agit "d'une intimidation de témoins en direct de la part du président des Etats-Unis", a-t-il martelé ensuite dans les couloirs du Congrès.

"Nous prenons ce type d'intimidation de témoins et d'entrave à l'enquête très au sérieux", a-t-il ajouté en dénonçant la "campagne de dénigrement" et les "attaques" qui avaient visé la diplomate lorsqu'elle était en poste.

Au journaliste qui lui demandait si cela pouvait constituer un chef d'accusation, il n'a pas répondu.

Les démocrates contrôlent la majorité à la Chambre des représentants, qui est chargée dans une procédure de destitution de voter la mise en accusation.

Il reviendrait ensuite au Sénat, actuellement contrôlé par les républicains, de mener le procès. Compte-tenu du fort soutien sur lequel peut compter Donald Trump au sein de son parti, il apparaît peu probable qu'il soit destitué.

Deux diplomates américains témoignent au congrés

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Nancy Pelosi affirme que le président Trump a reconnu des actes de corruption

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Fusillade dans la cour du lycée, deux élèves tués et trois blessés

Evacuation des élèves du lycée Saugus après la fusillade survenue le jeudi 14 novembre 2019 à Santa Clarita, en Californie.

Scénario choquant mais devenu trop tristement banal aux États-Unis: le jour même de son seizième anniversaire, un adolescent a ouvert le feu jeudi dans la cour de son lycée, au nord de Los Angeles, tuant deux camarades et en blessant trois autres avant de tenter de se suicider.

Ironie du sort, le drame qui a frappé le lycée Saugus de Santa Clarita, en Californie, est survenu au moment même où le Sénat débattait à Washington d'une éventuelle limitation des armes à feu, dans un pays qui a connu ces dernières années plusieurs tueries sanglantes en milieu scolaire sans pour autant remettre fondamentalement en cause la législation en la matière.

"Cela me fait horreur d'ajouter Saugus aux noms de Columbine, Parkland, Sandy Hook", autant d'établissements américains endeuillés par de telles fusillades, a lancé le shérif du comté de Los Angeles, Alex Villanueva, "mais c'est une réalité qui nous affecte tous à travers le pays".

L'appel d'urgence a été reçu par la police jeudi à 07h38, alors que certains élèves du lycée Saugus étaient déjà en cours et que d'autres continuaient à s'y présenter.

Les policiers sont arrivés sur place seulement deux minutes plus tard et ont découvert dans la cour "six personnes présentant des blessures par balles. Tous étaient des élèves du lycée", a raconté lors d'une conférence de presse le capitaine Kent Wegener, des services du shérif de Los Angeles.

Les blessés ont été pris en charge et transportés vers des hôpitaux locaux mais "il s'est avéré que parmi eux se trouvait le suspect, actuellement hospitalisé dans un état grave", a expliqué Alex Villanueva, précisant qu'il s'agit d'un jeune homme "asiatique" scolarisé au lycée et résidant à Santa Clarita.

La fusillade a fait deux morts, une lycéenne de seize ans et un garçon de quatorze ans qui ont tous deux succombé à leurs blessures après avoir été hospitalisés dans un "état critique".

Les trois autres jeunes blessés sont un garçon et deux filles âgés de quatorze à quinze ans. L'une des victimes a pu rentrer chez elle après avoir été soignée, ont souligné les médecins.

- Message sur Instagram -

Pendant plus d'une heure, les forces de l'ordre avaient ratissé en vain la zone résidentielle environnante et les collines voisines du lycée à la recherche du tireur, dont on pensait qu'il avait pris la fuite.

Mais les policiers ont visionné des images de caméras de surveillance "qui montrent clairement le suspect dans la cour en train de sortir une arme de poing de son sac à dos, ouvrir le feu sur cinq personnes puis se tirer dans la tête", a dit le capitaine Wegener.

L'arme, un pistolet semi automatique de calibre .45, a été retrouvée sur place avec le chargeur vide, et aucun autre suspect n'est recherché, a-t-il précisé.

L'enquête ne fait que commencer mais à ce stade, aucune motivation précise ou idéologie ne permet d'expliquer le geste du tireur, qui semble avoir agi seul et prémédité son geste.

Le capitaine Wegener a confirmé les informations selon lesquelles le suspect avait publié sur son compte Instagram le message suivant: "Saugus, amusez-vous bien à l'école demain". Le message a été retiré jeudi et les enquêteurs cherchent à déterminer par qui et dans quelles circonstances.

Sur le campus du lycée, des centaines d'élèves étaient restés cloîtrés dans l'attente du feu vert des autorités.

Denzel Abesamis, en dernière année à Saugus, avait aperçu des camarades de classe s'enfuir en courant au moment où il allait se garer. Il avait alors fait demi-tour et appelé une amie qui se trouvait déjà sur le campus. Selon le Los Angeles Times, cette dernière lui a dit qu'il y avait un tireur et qu'elle se cachait dans une salle de classe avec cinq autres élèves.

"J'ai toujours eu peur que quelque chose comme ça arrive", a-t-il dit.

Amber Miller, élève du lycée, a raconté aux télévisions comment elle s'est couchée au sol, toutes lumières éteintes dans sa classe, avec ses camarades lorsque les coups de feu ont retenti.

"On a utilisé nos pupitres et pris de grandes tables pour barricader la porte. Et beaucoup ont pris des ciseaux pour être prêts si on devait se défendre" comme on le leur a appris lors d'exercices de sécurité, a-t-elle expliqué.

"Je ne devrais pas me rendre à l'école et craindre pour ma vie, je ne suis pas une cible, et malheureusement c'est l'Amérique de Trump", a estimé la lycéenne.

Avec AFP

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