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Séoul répond au geste d'ouverture de Pyongyang

Stade olympique en construction à Pyeongchang, en Corée du Sud, le 30 octobre 2017.

Séoul a proposé de tenir des discussions avec Pyongyang le 9 janvier, saisissant la main tendue par Kim Jong-un qui a appelé à des relations meilleures.

Le dirigeant nord-coréen s'est servi de son adresse à la nation du Nouvel An pour répéter que son pays était un Etat nucléaire à part entière, avertissant qu'il avait en permanence à sa portée le "bouton" atomique.

Mais parallèlement, il a fait une ouverture en direction du Sud en expliquant que Pyongyang pourrait participer aux JO de Pyeongchang.

Le ministre sud-coréen de l'Unification Cho Myoung-Gyon a expliqué que Séoul "réitérait" sa disponibilité pour des discussions avec le Nord "à tout moment, dans n'importe quel lieu et sous n'importe quelle forme".

."Le gouvernement propose des entretiens à haut niveau avec la Corée du Nord le 9 janvier dans la maison de la paix de Panmunjom", village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53), a-t-il dit.

"Nous espérons que le Sud et le Nord pourront s'asseoir face à face pour discuter de la participation de la Corée du Nord aux jeux de Pyeongchang de même que d'autres questions d'intérêt mutuel pour l'amélioration des relations intercoréennes".

- "Dilemme pour le Sud" -

Le président américain Donald Trump a estimé mardi que la réaction de Pyongyang était la conséquence des sanctions adoptées par la communauté internationale.

"Les sanctions et les +autres+ pressions commencent à avoir un gros impact sur la Corée du Nord", a-t-il lancé sur Twitter. "L'homme-fusée veut maintenant parler à la Corée du Sud pour la première fois", a-t-il ajouté en utilisant un surnom dont il affuble régulièrement Kim Jong-Un.

Le Nord et Sud sont séparés par la Zone démilitarisée (DMZ), l'une des frontières les plus fortement armées du monde. Les derniers pourparlers bilatéraux, un échec, remontent à décembre 2015 et avaient mis face à face l'ancien conseiller sud-coréen à la sécurité nationale Kim Kwan-Jin et son homologue nord-coréen Hwang Pyong-So.

"Le fait même d'une rencontre est significatif car cela témoigne d'une volonté d'amélioration de la part des deux parties", a souligné Koh Yu-Hwan, professeur à l'Université Dongguk.

Mais une fois à la table des discussions, Pyongyang pourrait mettre Séoul en difficulté en exigeant des concessions inacceptables comme la fin des exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, poursuit-il.

"Le Nord tente de relancer ses relations (avec Séoul) en qualité d'Etat nucléaire. Le dilemme pour le Sud c'est de savoir s'il peut l'accepter".

Le président sud-coréen Moon Jae-In, qui a toujours été partisan du dialogue, a salué l'offre de son homologue comme l'occasion de réamorcer le dialogue.

Il a toutefois souligné que l'amélioration des relations devait s'accompagner de mesures en vue de la dénucléarisation.

- "Occasion révolutionnaire pour la paix" -

Ces derniers mois, le Nord a semé l'inquiétude en multipliant les tirs de missiles et en menant son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour.

Pyongyang soutient avoir besoin d'armes nucléaires pour se protéger de l'hostilité de Washington alors que MM. Kim et Trump échangent insultes et menaces. La Corée du Nord cherche à mettre au point une tête nucléaire capable de frapper le territoire continental américain. Elle a essuyé de multiples trains de sanctions de l'ONU.

Les commentaires de M. Kim sont la première indication de la volonté du Nord de participer aux jeux d'hiver, qui se tiennent du 9 au 25 février.

Il s'agit, a dit son homologue sud-coréen, d'une "réponse positive à notre proposition de faire en sorte que les Jeux Olympiques de Pyeongchang soient une occasion révolutionnaire pour la paix".

Deux athlètes nord-coréens, le couple de patineurs Ryom Tae-Ok et Kim Ju-Sik, sont qualifiés mais le Comité olympique nord-coréen a raté la date limite du 30 octobre pour confirmer leur participation auprès de l'Union internationale de patinage.

Ces sportifs pourraient néanmoins concourir à l'invitation du Comité international olympique.

Pékin, le principal allié de Pyongyang, a salué ces développements. La Chine souhaite que "les deux parties profitent de cette occasion de faire des efforts concrets pour améliorer leurs relations (...) et de parvenir à la dénucléarisation de la péninsule", selon le porte-parole de la diplomatie chinoise Geng Shuang.

Washington a prié Pékin d'en faire davantage pour réfréner les ardeurs militaires de son voisin. Si la Chine a apporté son soutien aux résolutions de l'ONU sanctionnant Pyongyang, elle prône un double moratoire, sur le programme d'armements nord-coréens et les exercices militaires américano-sud-coréens. Washington rejette cette idée.

Avec Afp

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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