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RSF "inquiet" de la candidature rwandaise pour diriger la francophonie

La ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, lors d'un entretien à Washington, le 22 octobre 2012.

Reporters sans Frontières (RSF) s'est "inquieté" mercredi de la candidature à la tête de la Francophonie de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, ministre d'un pays qui "dispose de l'un des pires systèmes de répression à l'égard des médias et des journalistes", selon l'ONG.

Au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018, le Rwanda est 156e (sur 180 pays classés). Parmi les 58 Etats membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), "seuls cinq pays ont un bilan pire que le Rwanda en matière de liberté d'information", estime l'organisation de défense des journalistes dans un communiqué.

La cheffe de la diplomatie rwandaise Louise Mushikiwabo fait figure de favorite pour prendre la direction de l'OIF lors du prochain sommet de cette organisation, en octobre, après avoir notamment reçu le soutien de l'Union africaine (UA) au début du mois.

>> Lire aussi : Mushikiwabo cherche à rallier les voix africaines pour la Francophonie

Comment l'OIF "va-t-elle pouvoir favoriser le pluralisme des médias et la liberté de la presse conformément à ses objectifs en matière de droits de l'homme, si elle est dirigée par l'une des principales dirigeantes d'un Etat qui piétine le droit à l'information et réprime les journalistes depuis 18 ans", s'interroge dans ce communiqué Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

Pour M. Deloire, "c'est la capacité de l'OIF à défendre les médias et les journalistes libres comme acteurs incontournables du développement dans l'espace francophone qui est en jeu".

"Censure, menaces, arrestations, violences, assassinats... Le régime dirigé d'une main de fer par (le président rwandais) Paul Kagame depuis 2000, et dont Louise Mushikiwabo est ministre depuis près de 10 ans, dispose de l'un des pires systèmes de répression à l'égard des médias et des journalistes. Son président occupe une place de choix dans la galerie des prédateurs de la presse constituée par RSF", dénonce le communiqué.

Selon RSF, depuis 1996, huit journalistes ont été tués ou sont portés disparus au Rwanda et 35 ont été contraints à l'exil.

"Ces dernières années, le nombre d'exactions enregistrées par notre organisation a baissé mais la censure reste omniprésente et l'autocensure la règle pour éviter de faire partie du tableau de chasse du régime" rwandais, relève le communiqué.

Le prochain sommet de l'OIF doit se tenir les 11 et 12 octobre en Arménie. Après quatre ans de mandat à la tête de l'organisation, la Canadienne Michaëlle Jean est candidate à sa propre succession.

Le président français Emmanuel Macron appuie de son côté la démarche de la candidature rwandaise, qui selon Paris permettrait de ramener la direction de l'OIF en Afrique.

Avec AFP

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"Des vies en danger" en Libye : 10 ONG exhortent l'UE à revoir "d'urgence" ses politiques migratoires

Ethiopian migrants, stranded in war-torn Yemen

Dix ONG internationales exhortent jeudi l'Union européenne et ses Etats membres à "revoir en urgence" leurs politiques migratoires, soulignant que les migrants, "y compris les femmes et les enfants, sont sujets à des détentions arbitraires et illimitées" en Libye, dans des conditions "abominables".

"La communauté humanitaire est témoin chaque jour de la souffrance des migrants et réfugiés en Libye, où ils sont de plus en plus exposés à des risques immédiats alors que la violence continue de déstabiliser le pays", indiquent dans un communiqué commun les membres du Forum des ONG internationales pour la Libye.

Parmi les signataires du communiqué figurent notamment Première Urgence Internationale, Danish Refugee Council, International Rescue Committee, Mercy Corps ou Terre des Hommes.

"Les politiques migratoires de l'UE et de ses Etats membres, notamment le soutien aux gardes-côtes libyens, contribuent indirectement au renvoi des migrants et réfugiés qui risquent leurs vies durant leur traversée de la Méditerranée ; ils finissent alors détenus (...) avec des chances quasi nulles d'exercer leur droit de demander l'asile" ou d'accéder à une "protection internationale", dénoncent ces ONG.

"Les migrants et réfugiés, y compris les femmes et les enfants, sont sujets à des détentions arbitraires et illimitées en Libye" et leurs conditions de détention sont "abominables", témoignent ces ONG. "Le manque d'accès à de l'eau potable, de la nourriture et des services médicaux ne cesse d'augmenter".

"Des vies sont en danger" en Libye, selon ces ONG, qui estiment que "les politiques européennes contribuent à l'aggravation de la crise humanitaire et des droits de l'Homme en Libye en facilitant indirectement le retour des migrants et réfugiés en détention". "Les interventions humanitaires ne peuvent être utilisées pour légitimer le renvoi et le refoulement vers la Libye", martèlent-elles.

Le Forum appelle "les citoyens européens et la société civile à faire entendre leurs voix" sur ce sujet.

Il presse aussi l'UE et ses Etats européens de donner la priorité à "des politiques qui protègent les vies et la dignité des réfugiés et des migrants" et de "permettre l'évacuation humanitaire d'urgence de ceux détenus dans des centres de détention vers des espaces sûrs hors de Libye".

En 2017, l'Italie a conclu un accord, validé par l'UE, avec les autorités libyennes pour former et équiper les garde-côtes libyens. Un volet plus controversé, conclu avec des milices libyennes, avait permis une diminution drastique des départs à partir de juillet 2017.

Les agences de l'ONU et organisations humanitaires rappellent régulièrement leur opposition à ce que les migrants arrêtés en mer soient ramenés en Libye, où ils se retrouvent placés dans des camps de détention ou à la merci de milices.

Un chef rebelle rwandais plaide coupable de terrorisme

Callixte Nsabimana (C), porte-parole du groupe rebelle du Front de libération nationale (FLN), est escorté par des policiers au tribunal de première instance de Gasabo à Kigali le 23 mai 2019.

Un chef rebelle soupçonné d'avoir lancé des attaques meurtrières dans le sud-ouest du Rwanda a plaidé coupable jeudi de toutes les accusations portées à son encontre, dont celle de terrorisme, et admis travailler pour des gouvernements étrangers contre Kigali.

Callixte Nsabimana, qui se fait appeler "Sankara", le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), était accusé de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes (...), prise d'otages, meurtre et pillage".

Le FLN est un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région de Nyungwe, frontalière avec le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC).

M. Nsabimana a plaidé coupable des 16 chefs d'accusation, dont ceux de meurtre et terrorisme, et s'est excusé sans réserve pour ses crimes.

"Je m'excuse pour tout ce que j'ai fait", a-t-il déclaré devant le tribunal. "Je veux déclarer que mon travail avec le FLN est fini et que tout ce qu'ils font à partir de maintenant est leur problème et non le mien."

"Je voudrais présenter mes excuses au président (rwandais Paul Kagame), à ceux que nous avons blessés et aux familles de ceux qui sont morts. Je m'excuse auprès de tous les Rwandais", a-t-il ajouté.

Son avocat a requis sa mise en liberté sous caution. Cette demande, à laquelle le parquet s'est opposé, estimant que M. Nsabimana risquait de s'enfuir du pays, sera examinée le 28 mai.

Ce dernier a également admis avoir collaboré avec les services de renseignement du Burundi et avec l'armée ougandaise. "Nous leur avons demandé leur soutien militaire et diplomatique contre le Rwanda et ils étaient prêts à nous aider", a-t-il soutenu.

Ces aveux devraient encore détériorer les relations entre les trois pays. M. Kagame a plusieurs fois accusé l'Ouganda et le Burundi de s'immiscer dans les affaires intérieures du Rwanda.

Le FLN est la branche armée du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), fondé en 2018 par Paul Rusesabagina, le directeur de l'hôtel des Mille Collines lors du génocide de 1994, dépeint dans le film Hôtel Rwanda.

Le FLN est affiliée aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

En décembre, M. Nsabimana avait revendiqué l'incendie de bus dans la région de Nyungwe, prisée des touristes pour ses gorilles des montagnes, une espèce menacée, qui avait fait deux morts et de nombreux blessés.

Les attaques à Nyungwe avaient conduit de nombreux pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne, le Canada et l'Australie, à déconseiller à leurs ressortissants de voyager dans cette région.

Afrique du Sud : le parquet requiert le maintien des charges contre Zuma

FILE - Former South African president Jacob Zuma dances as he addresses supporters outside the high court in Durban, South Africa, June 8, 2018.

Le parquet sud-africain a défendu jeudi le maintien des poursuites pour corruption contre l'ancien président Jacob Zuma dans une vieille affaire de ventes d'armes en raison du "très lourd dossier" retenu contre lui et au nom de "l'égalité" devant la loi.

L'ex-chef de l'Etat (2009-2018) est soupçonné d'avoir touché 4 millions de rands (260.000 euros au cours actuel) de pots-de-vin du groupe français de défense Thales à la faveur d'un contrat d'armement de près de 4 milliards d'euros conclu en 1999.

Les deux parties ont toujours nié ces allégations.

Au gré de multiples rebondissements, les accusations visant Jacob Zuma ont été plusieurs fois suspendues puis rétablies au fil des années, jusqu'à la décision en 2018 du procureur général du pays d'ouvrir, enfin, son procès.

L'ancien président conteste ces accusations et plaide depuis lundi devant la Haute Cour de Pietermaritzburg (nord-est) pour obtenir l'abandon définitif des charges. Ses avocats ont dénoncé un "lynchage", et lui-même une "chasse aux sorcières" et un procès "politique".

Le parquet général a méthodiquement écarté leurs arguments jeudi à la barre de la Haute Cour.

Les "théories du complot" avancées par la défense "sont infondées et contestées et doivent donc être rejetées", a estimé un des procureurs, Wim Trengrove.

"Il n'y a pas la moindre preuve que la décision de poursuivre M. Zuma était motivée par la politique", a-t-il poursuivi, "le dossier retenu contre lui est très lourd".

Au principal accusé qui avait affirmé qu'un procès près de vingt ans après les faits "viole ses droits", M. Trengrove a rétorqué qu'il était "important que M. Zuma soit traité comme un autre".

"Si M. Zuma échappe aux poursuites, il y a fort à parier qu'il soit considéré comme ayant reçu un traitement de faveur parce qu'il est un homme important et puissant", a-t-il jugé.

Le procureur a aussi renvoyé dans les cordes Thales, qui a lui également demandé l'arrêt des poursuites au motif que "les très longs retards de cette procédure" empêchent "un procès équitable".

"Il est absolument évident que Thales a échappé aux poursuites grâce à des ruses malhonnêtes", a affirmé M. Trengrove.

"C'est Thales, pas le (parquet), qui est responsable des retards de procédure depuis 2004", a renchéri son confrère Andrew Breitenbach, "les preuves contre Thales sont irréfutables".

Englué dans de nombreux scandales, le président Zuma a été poussé à la démission en 2018 et remplacé par son vice-président Cyril Ramaphosa, qui a promis de nettoyer son parti et le pays de la corruption.

La Haute Cour de Pietermaritzburg doit se prononcer ultérieurement sur l'abandon ou non des charges visant M. Zuma.

La Russie annonce l'envoi de conseillers militaires au Congo

Le Premier ministre russe par intérim Dmitri Medvedev et le président Vladimir Poutine assistent à une session de la Douma d'Etat à Moscou le 8 mai 2018.

La Russie va envoyer au Congo des spécialistes pour l'entretien du matériel militaire russe en vertu d'un contrat signé jeudi entre les deux pays, dans un contexte de renforcement de la présence de Moscou en Afrique.

Ces spécialistes dispenseront des formations sur "l'exploitation, l'entretien et la réparation" du matériel d'origine russe et soviétique présent dans l'armée congolaise, a précisé le vice-ministre russe de la Défense Alexandre Fomine, cité par les agences russes après la signature de ce document avec le ministre congolais de la Défense nationale, Charles Richard Mondjo.

Selon M. Fomine, qui a qualifié ce nouveau contrat de "prolongement" de la coopération militaire entre Moscou et Brazzaville, cet équipement militaire comprend notamment des blindés, de l'artillerie, des hélicoptères, et peut "encore servir longtemps".

Des négociations sur la livraison de nouvelles armes russes au Congo "sont en cours", a-t-il ajouté, indiquant que Moscou attendait tout d'abord une demande en sens de la part des autorités congolaises.

Une série d'accords bilatéraux ont été signés jeudi dans le cadre d'une rencontre officielle au Kremlin entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue congolais Denis Sassou-Nguesso.

Dans un communiqué, le ministère russe de l'Energie a notamment annoncé la signature avec le Congo d'un accord de coopération dans le nucléaire civil.

Ces négociations s'inscrivent dans une stratégie de reconquête géopolitique et économique plus large de Moscou sur le continent africain.

En janvier, le Kremlin avait reconnu la présence d'"instructeurs" russes au Soudan confronté à un vif mouvement de contestation.

En Centrafrique voisine, Moscou avait également annoncé l'an dernier l'envoi de 170 "instructeurs civils" chargés de former l'armée gouvernementale, qui ont été identifiés par des experts comme des membres du groupe paramilitaire Wagner connu notamment pour sa présence en Syrie.

Macron et Michel invités aux funérailles de Tshisekedi

Belgian Prime Minister Charles Michel, center, and his partner Amelie Derbaudrenghien, second right, are greeted by French President Emmanuel Macron, left, and his wife Brigitte Macron as they arrive at the Elysee Palace in Paris to participate in a World

Les autorités de la République démocratique du Congo ont indiqué jeudi leur intention d’inviter le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre belge Charles Michel aux funérailles du père de l'actuel président Tshisekedi prévues de jeudi à samedi prochains à Kinshasa.

"Le directeur de cabinet du président de la République m'a confirmé qu'une invitation sera envoyée au président Macron et au Premier ministre Charles Michel", a déclaré à l'AFP le coordonnateur général du comité d'organisation des obsèques, Lucien Lundula.

M. Lundula a détaillé devant la presse le programme des obsèques de l'ex-opposant et Premier ministre Étienne Tshisekedi. Décédé à Bruxelles le 1er février 2017, son corps n'avait pas été rapatrié faute d'accord sur les funérailles avec l'ancien régime Kabila.

"Nous célébrons le père de la démocratie congolaise", a déclaré M. Lundula.

"Ce ne sont pas des obsèques, mais la commémoration et la célébration de la victoire de la démocratie, ainsi que l'accomplissement du rêve d'Étienne Tshisekedi, désormais incarné par l'avènement de son fils au sommet de l'État", détaille-t-il dans un communiqué de presse.

La dépouille d'Étienne Tshisekedi doit arriver jeudi matin 30 mai à l'aéroport de Ndjili en présence de son fils et chef de l'État, et de toutes les autorités de la RDC.

Un cortège funéraire doit ensuite traverser Kinshasa pendant toute la journée jusqu'à la morgue de l'hôpital du Cinquantenaire, en passant par la résidence du défunt et sa famille à Limete.

Vendredi 31 mai, le corps doit être conduit en procession au stade des Martyrs pour un recueillement populaire, une messe et une veillée mortuaire ouverte au public.

Samedi, une cérémonie officielle et une messe seront célébrées au stade des Martyrs, avant la procession vers l'endroit de l'inhumation au monument funéraire de N'Sele.

Ancien ministre du dictateur Mobutu dans les années 1960, Étienne Tshisekedi est passé dans l'opposition et a fondé l'UDPS en 1982. Il a ensuite été trois fois Premier ministre pendant la transition multipartite des années 90, avant de s'opposer au régime des Kabila père et fils.

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