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Réunion ministérielle jeudi en Tunisie pour définir un "plan d'action" contre la montée du jihadisme


Le Premier ministre tunisien désigné Youssef Chahed parle lors d'une conférence de presse après son entretien avec le président à Tunis, Tunisie, le 3 août 2016.

Une réunion ministérielle se tiendra jeudi autour du chef du gouvernement Youssef Chahed afin de définir "un plan d'action" face à la menace que représente le retour de milliers de jihadistes tunisiens dans leur pays.

La Tunisie est l'un des principaux pays touchés par le fléau, avec 5.500 ressortissants ayant rejoint les rangs d'organisations jihadistes ces dernières années selon l'ONU, et le débat public sur la perspective de leur retour s'est récemment emballé.

"Il y a déjà eu depuis quelques temps plusieurs réunions concernant ce phénomène autour d'experts judiciaires, sécuritaires (...). Et il y aura demain une réunion ministérielle dans l'optique de lancer un plan d'action stratégique", a déclaré à l'AFP une source officielle à la présidence du gouvernement, sous le couvert de l'anonymat.

Y participeront l'ensemble des ministres concernés par la prise en charge du phénomène, a-t-elle ajouté, sans autre précision.

"Une stratégie globale (de lutte contre l'extrémisme) a été établie le mois dernier à la présidence de la République et le gouvernement est en train de la décliner de manière sectorielle", a relevé la même source.

Cette stratégie s'articule, selon la présidence, autour de quatre axes: "prévention, protection, poursuites (judiciaires) et riposte".

Vendredi, le ministre de l'Intérieur Hédi Majdoub avait révélé que 800 jihadistes tunisiens étaient déjà rentrés, et assuré que les autorités détenaient "toutes les informations sur ces individus".

Mais dans un pays traumatisé par une série d'attaques sanglantes, ces déclarations n'ont pas suffi: des centaines de personnes ont manifesté samedi devant le Parlement pour s'opposer au retour de ces jihadistes.

Des partis et responsables politiques ont depuis exprimé un point de vue similaire. Critiquant l'inaction des autorités, le syndicat national des forces de sécurité intérieure a lui appelé le gouvernement à déchoir ces jihadistes tunisiens de leur nationalité.

Interdite par la Constitution, cette mesure a été rejetée par le président Béji Caïd Essebsi. "On ne peut empêcher un Tunisien de revenir dans son pays", "mais évidemment, nous allons être vigilants", avait-il dit début décembre à Paris.

Avec AFP

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