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Report du procès de 25 Sahraouis au Maroc


Le commandant Sidi Waghal et les officiers de la base militaire de Tifariti, au Sahara occidental, le 9 septembre 2016.

Ils sont accusés d'assassinat de membres des forces de l'ordre. Le procès ouvert lundi à Salé a immédiatement été reporté au mois prochain.

"Le procès a été reporté au 23 janvier en raison de l'absence d'un des accusés", a indiqué Abdellatif Wahbi, un des avocats des victimes.

Le Maroc considère le Sahara occidental, qu'il contrôle, comme partie intégrante du royaume, alors que le Front Polisario, qui milite pour l'indépendance de cette ancienne colonie espagnole, réclame un référendum d'autodétermination.

Ces 25 Sahraouis sont accusés d'assassinat de 11 membres des forces de sécurité marocaines, lors du démantèlement en novembre 2010 du camp de protestation de Gdeim Izik, à une dizaine de kilomètres de Laâyoune, au Sahara occidental.

Le Maroc et le Front Polisario s'étaient accusés mutuellement d'avoir provoqué les affrontements meurtriers qui avaient éclaté entre forces de l'ordre et manifestants sahraouis.

En 2013, les accusés avaient été condamnés par un tribunal militaire à des peines allant de 20 ans de réclusion à la perpétuité notamment pour "violence à l'encontre des forces publiques ayant entraîné la mort avec préméditation et complicité".

Le procès devant un tribunal militaire avait été jugé "inéquitable" par le Collectif international d'avocats en soutien aux prisonniers politiques de Gdeim Izik, et "entaché d'irrégularités" par Human Rights Watch (HRW).

En juillet, la Cour de cassation avait ordonné la tenue d'un nouveau procès, afin que les détenus soient rejugés devant une juridiction civile. La première audience devant une telle juridiction s'est ainsi ouverte lundi en présence des représentants de la défense des familles des victimes et de la défense des accusés, ainsi que de plusieurs observateurs nationaux et internationaux, selon l'agence officielle MAP.

"Ce procès devant un tribunal civil donne aux 25 accusés de Gdeim Izik une nouvelle chance pour un procès équitable, que le tribunal militaire ne leur a pas donnée, en les condamnant sur la base d'aveux que bon nombre d'entre eux ont fait sous la torture", a commenté Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à HRW.

Les familles des victimes se sont quant à elles constituées partie civile afin "d'informer le tribunal de (leurs) souffrances et de présenter leurs revendications légitimes."

Avec Afp

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