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RDC

Recrudescence des attaques contre la presse selon l'ONG Journaliste en danger

Des Congolais lisent la presse dans la rue à Kinshasa, le 24 novembre 2018.

Une trentaine des médias ont été fermés en République démocratique du Congo, a déclaré mardi une organisation de défense de la presse, qui a également dénoncé la recrudescence d'attaques contre des journalistes depuis le début de l'année.

"Une trentaine de médias sont fermés dans l'ensemble du pays, notamment dans le Kasaï (centre) et à l'Équateur (ouest)", a dit à l'AFP Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de Journaliste en danger (JED).

"On leur reproche de n'avoir pas payé les taxes de la Direction générale des recettes administratives et domaniales (DGRAD)", a-t-il expliqué. Cette régie est chargée de la collecte des taxes non fiscales.

JED "s'insurge contre le regain d'attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias", écrit dans un communiqué cette ONG congolaise de défense des médias.

JED affirme avoir enregistré "au moins six cas d'atteintes flagrantes à la liberté de l'information en RD Congo" en l'espace de deux semaines.

L'ONG dit avoir ainsi documenté des cas d'interpellation, détention, admonestation de journalistes ou encore de "fermeture arbitraire" de médias à Kinshasa et dans des provinces de la RDC depuis l'investiture du président Félix Tshisekedi le 24 janvier.

Ce jour-là, le nouveau président avait promis de faire de la presse le "quatrième pouvoir" en RDC.

Selon JED, une organisation partenaire de Reporters sans frontières (RSF), "des journalistes et médias ont été victimes des attaques ciblées en rapport avec leur travail".

JED "appelle les nouvelles autorités de la RDC à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées" et "améliorer les choses", a dit M. Tshivuadi.

Le Premier ministre congolais Sylvestre Ilunga Ilunkamba a appelé la presse à servir de "phare" pour la consolidation d'un État de droit en RDC, lors de son premier discours à l'Assemblée nationale.

"Outre sa fonction principale d'informer, la presse est appelée, à la suite de ses observations critiques et objectives, non seulement à accompagner la marche de notre jeune démocratie, mais aussi et surtout à servir de phare à notre société", a déclaré M. Ilunga Ilunkamba en présentant le programme du gouvernement pour les cinq prochaines années.

Pour ce faire, le gouvernement envisage de "garantir la liberté de la presse", "revisiter la loi sur la liberté de la presse, la liberté de l'information et d'émission, rendre l'accès à tous aux médias publics et privés", a-t-il détaillé.

La RDC occupe la 154è place sur 180 dans le classement établi par RSF sur la liberté de la presse en 2019.

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Échange téléphonique entre Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron

Le président Félix Tshisekedi et son homologue français France Emmanuel Macron se saluent au Palais de l'Elysée, Paris, 11 novembre 2019. (Facebook/Présidecene RDC)

Le président français Emmanuel Macron s’est déclaré satisfait du développement de la situation en RDC où une décision de son homologue Félix Tshisekedi est attendue après des consultations pour résoudre la crise au sein de la coalition au pouvoir.

"Le Président Emmanuel Macron a manifesté toute sa satisfaction concernant le développement de la situation politique en RDC et a exprimé son soutien en faveur d’un Congo démocratique et prospère", indique un tweet de la présidence de la RDC posté après la conversation de deux présidents mercredi.

Le président Tshisekedi devrait s'adresser à la nation, après des consultations auxquelles ont refusé de prendre part le camp de l’ancien président Joseph Kabila, avec lequel il s'était mis en alliance de gouvernement au sortir des élections de 2018.

Martin Fayulu, candidat à cette élection dont il dit être le véritable vainqueur, dénonce le deal entre MM. Tshisekedi et Kabila. Il a aussi refusé de prendre part à ces consultations.

Le camp de M. Kabila et celui de M. Fayulu soutiennent que le dialogue doit se faire dans un cadre différent et selon la Constitution. Pour M. Kabila et son camp, le FCC (front commun pour le Congo), au sein des institutions et pour M. Fayulu, en dehors des institutions et sous la conduite des chefs religieux et de la communauté internationale.

M. Tshisekedi, proclamé vainqueur à la présidentielle, avait accepté de composer dans une coalition avec M. Kabila et son camp, majoritaire au parlement et aux collectivités régionales.

Mais le Chef de l’État congolais a, début novembre, exprimé sa lassitude envers cette coalition qui au bout de deux ans n’a pas permis au pays d’avancer.

Le Premier ministre et la plupart des ministres, tout comme la majorité des membres de deux chambres du parlement, tous membres du FCC, ne se sont pas présentés à la prestation de serment de juges constitutionnels que M. Tshisekedi a nommé.

Pour M. Kabila et son camp, M. Tshisekedi s’est illustré dans une série de violations de la Constitution.

Certains ont même évoqué la possibilité d’initier une procédure de mise en accusation du président congolais qui pourrait conduire à sa destitution.

C’est sur ces entrefaites que M. Tshisekedi a dénoncé le deal et appelé à "une union sacrée de la nation" pour "le salut du peuple".

"Aucun arrangement particulier quelle soit que sa nature, ne peut être au-dessus de la Constitution et de mes prérogatives constitutionnelles", avait déclaré M. Tshisekedi dans son discours convoquant lesdites consultations.

Sur le terrain, la tension est montée d'un cran.

Samedi, un communiquant du FCC a été arrêté, jugé et condamné en flagrance pour avoir réagi dans une émission télévisée en invoquant "une balle" en parlant du président Tshisekedi.

Les commandements de l’armée et de la police ont réitéré mardi leur loyauté à M. Tshisekedi au cours d’un entretien où il leur a demandé de ne pas se laisser manipuler par les politiques.

La veille, le commandant de la garde présidentielle avait aussi mis en garde ses soldats dont la plupart ont servi sous M. Kabila, de se garder de comploter contre le chef de l’Etat.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a, dans un rapport au Conseil sécurité, exhorté toutes la parties congolaises au dialogue.

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