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RDC

Le traumatisme des rescapés du massacre de Yumbi

Affrontements entre la police nationale congolaise et des manifestants à Majengo, Goma, dans la province du Nord-Kivu, le 28 décembre 2018 .

"J'ai reçu une balle dans la tête et une dans la poitrine". Abyssine survit sur un îlot au beau milieu du fleuve Congo depuis qu'elle a réchappé aux massacres qui ont ravagé Yumbi dans l'ouest de la République démocratique du Congo mi-décembre.

La journée du dimanche 16 décembre a laissé à jamais des traces sur le corps et dans la mémoire de cette mère de famille d'une trentaine d'années.

Les tueries des 16-17 décembre dans quatre localités du territoire de Yumbi ont fait au moins 535 morts d'après les Nations unies.

Les victimes sont presque exclusivement des Banunu, pourchassés par des hommes armés de la communauté rivale, les Batende.

"Je suis tombée sur les assaillants en rentrant chez moi. Ils m'ont tiré dessus et frappée à coups de flèches. Je suis tombée, et là, ils m'ont tabassée", détaille Abyssine Miniunga Bonkita.

Elle s'est réfugiée sur l'îlot Moniende au milieu du fleuve qui donne son nom aux deux Congo, dans cette partie enclavée de la province du Mai-Ndombe, à quelque 400 km et deux jours de pénible navigation au nord des deux capitales Kinshasa et Brazzaville.

Abyssine survit avec ses enfants et une centaine d'autres membres de sa communauté, les Banunu. Ces déplacés du fleuve ont soit construit des abris de fortune, soit retrouvé leur cabane sur pilotis qu'ils utilisent habituellement pour la saison de pêche.

La majorité des rescapés ont fui plus loin que les îlots, de l'autre côté du fleuve, dans la sous-préfecture de Makotimpoko au Congo-Brazzaville. "Ils venaient sur des pirogues, certains ramaient avec les mains, ils n'avaient pas de pagaie. Ils étaient torse nu, sans habits", se souvient l'abbé Gicquaire, prêtre à Makotimpoko.

"On se précipitait en direction du fleuve pour tenter de fuir. Heureusement en chemin nous n'avons pas croisé ceux qui avaient les armes de guerre. Mais en fuyant dans la pirogue, mon enfant et ma femme se sont fait tirer dessus", raconte Bosukisa Montole, en tenant dans les bras son fils d'une dizaine d'années blessé au cou.

Au moins 16.000 personnes se sont réfugiées en République du Congo, d'après les autorités de Brazzaville.

"Ils n'ont pas la volonté de retour. Ils ont peur après avoir vu les gens se faire tuer", déclare un représentant du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations unies à Makotimpoko.

L'AFP a fait elle le chemin inverse en direction de Bongende, le plus touché des quatre villages du territoire de Yumbi, avec au moins 339 morts.

- L'horreur au bord du fleuve -

Près de deux mois après, la localité est complètement déserte, à part quelques soldats de la force navale qui garde le port de cette bourgade de pêcheurs.

Des maisons brûlées, détruites, pillées et un silence pesant, voilà tout ce qu'il reste à Bongende.

"Dans cette fosse commune, il y a près de 100 corps, dans l'autre là-bas environ 70". Beladi Kaninda, seul civil qui reste à Bongende, sert de guide pour cette visite macabre.

Lobota Lifuna, rescapé de l'attaque, revenu pour la journée en pirogue depuis Makotimpoko, se souvient : "En fuyant on voyait les Batende découper des enfants en morceaux sur le bord du fleuve."

D'après des photos et vidéos amateurs prises dans la localité les jours suivants l'attaque, il apparaît que des mutilations, y compris génitales sur les femmes et les fillettes, ont été pratiquées de manière quasiment systématique sur les victimes.

"Nous sommes inquiets des répercussions psychologiques de ces violences", déclare Fabrizio Andriolo, coordonnateur du pool d'urgence de Médecins sans Frontières.

L'ONG médicale, une des seules sur place, affirme "avoir déjà identifié plusieurs signes de traumatismes chez les patients: perte d'appétit, insomnie, manque d'énergie".

Officiellement, c'est un litige autour de l'enterrement d'un chef coutumier Banunu qui a provoqué l'offensive des Batende, à quelques jours des élections générales du 30 décembre, qui ont été reportées à Yumbi à cause des violences.

Les Batende revendiquent la propriété sur la terre dans la région. "Les Banunu sont venus après nous. Ils ne veulent pas respecter notre droit coutumier. Ils exploitent notre terre, nos champs, nos sources d'eau. Normalement ils sont obligés de payer mensuellement les droits coutumiers. Voilà la raison de tout ce conflit", proclame Ejekiel Mabiala, chef de localité Batende à Molendé, au sud de Yumbi.

Selon les éléments et témoignages recueillis par l'AFP, l'attaque semble avoir été préméditée, avec le concours des autorités locales et d'une partie des forces de sécurité.

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Ebola en RDC : Le chef de l'OMS appelle à l'union contre "l'ennemi public numéro un"

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus au milieu du personnel des agences des Nations unies chargées de la lutte contre Ebola à Beni, Nord-Kivu, RDC, 8 novembre 2018. (Twitter/ Tedros Adhanom Ghebreyesus)

Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé lundi à l'union face à l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, qui a fait près de 1.200 morts depuis août, qualifiant le virus d'"ennemi public numéro".

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus s'exprimait à l'occasion de l'ouverture de la 72e Assemblée de l'OMS, l'organe décisionnel suprême de cette agence spécialisée de l'ONU.

"J'ai rencontré le président de la RDC et des responsables de l'opposition, nous avons parlé ensemble des mesures à mettre en place pour lutter contre cette flambée parce que Ebola ne prend pas partie, Ebola c'est l'ennemi public numéro un", a déclaré le Dr Tedros.

"A moins que nous nous unissions pour mettre un terme à cette flambée, on court le risque qu'elle se répande et qu'elle coûte encore beaucoup plus cher et qu'elle soit encore beaucoup plus agressive", a-t-il ajouté.

L'actuelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola, déclarée en août dans les provinces du Nord-Kivu et d'Ituri (est du pays), est la dixième et la plus grave enregistrée sur le sol congolais depuis 1976. Elle est la deuxième la plus grave après celle en Afrique de l'Ouest de 2014-2016 (plus de 11.000 morts en Guinée, Sierra Leone et au Liberia principalement).

Depuis le début de l'épidémie, il y a eu quelque 1.160 décès pour 1.760 cas confirmés et probables, selon l'OMS.

"Jusqu'à maintenant, cette flambée ne s'est pas étendue au-delà de deux provinces", mais "le risque de propagation reste très élevé", a relevé le Dr. Tedros. Le nombre de nouveaux cas a fortement augmenté au cours des dernières semaines.

Sur le terrain, les travailleurs humanitaires font face à des résistances et des violences dans une région où plusieurs groupes armés sont actifs. En outre, rumeurs et défiance entravent le travail des personnels de santé : une partie des habitants sont dans un déni de la maladie, et s'opposent parfois avec violence aux enterrements sécurisés pour éviter la propagation du virus.

"Depuis le mois de janvier, il y a eu des dizaines d'attaques menées contre des structures de santé dans le Nord-Kivu", a détaillé le chef de l'OMS. "Chaque attaque donne au virus un avantage et empêche les intervenants d'agir".

Le Dr Tedros a également indiqué avoir convenu avec le Conseil de sécurité d'un "renforcement de l'action à l'échelle de tout le système des Nations unies", tout en reconnaissant que le virus "Ebola n'est pas la seule urgence" dans le monde.

Il a par ailleurs appelé les pays à adopter au cours de l'Assemblée mondiale le budget proposé pour 2020-2021, qui s'élève à 4,8 milliards de dollars soit près de 420 millions de plus que la précédent.

Il a aussi annoncé la nomination de divers ambassadeurs de bonne volonté, dont la mère de la chanteuse Lady Gaga, Cynthia Germanotta, nommé ambassadrice pour la Santé mentale.

Katumbi veut défendre "la paix et les intérêts congolais"

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Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nouveau Premier ministre de la RDC

Le nouveau Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Kinshasa, 20 mai 2019. (Twitter/Corneille Lubaki)

Le nouveau président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a nommé lundi un Premier ministre près de quatre mois après son investiture, l'ex-ministre Sylvestre Ilunga Ilukamba, a annoncé le porte-parole du président, Kasongo Mwema Yamba Yamba.

Actuel directeur général de la Société national des chemins de fer (SNCC), M. Ilunga Ilukamba a été nommé en vertu de l'accord politique entre M. Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila, a-t-il été précisé.

Ce professeur en sciences économiques appliquées, a été présenté lors de sa nomination à la présidence de la RDC.

Il a promis de tout faire pour faire fonctionner harmonieusement la coalition au niveau du gouvernement et contribuer à l’amélioration de la vie de nos concitoyens en toute transparence.

Le Premier ministre présente sa démission, ouvre la voie à la nomination de son successeur

Bruno Tshibala Premier ministre de la République démocratique du Congo.

L'actuel Premier ministre de la République démocratique du Congo, Bruno Tshibala, a indiqué lundi qu'il avait présenté sa démission au président Félix Tshisekedi, ouvrant la voie à la nomination de son successeur attendue depuis près de quatre mois.

M. Tshibala a indiqué à la presse qu'il avait présenté sa "démission ainsi que celle de (son) gouvernement".

Cette démarche ouvre la voie à la "nomination d'un nouveau gouvernement", a-t-il ajouté en sortant d'une rencontre avec le président Tshisekedi investi le 24 janvier. "Bien évidemment Le président de la République en a pris acte et vient de me charger d'expédier les affaires courantes jusqu'à l'investiture du nouveau gouvernement par la représentation nationale".

"D'un moment à l'autre, le président de la République va nommer un nouveau Premier ministre", a annoncé un commentateur officiel sur la chaîne d'Etat RTNC.

Investi le 24 janvier, M. Tshisekedi doit nommer un Premier ministre qui fasse consensus avec son prédécesseur, Joseph Kabila, dont la famille politique a conservé tous les autres leviers du pouvoir, à commencer par une large majorité au Parlement.

Issu du même parti d'opposition que M. Tshisekedi, M. Tshibala avait été nommé en avril 2017 par l'ancien président Joseph Kabila, en pleine période de tension politique.

M. Kabila se maintenait alors au pouvoir au-delà de la fin de son deuxième et dernier mandat de cinq ans selon la Constitution, ce qui avait provoqué des manifestations de l'opposition violemment réprimées en septembre et décembre 2016.

L'Eglise avait tenté une médiation avec l'accord de la Saint-Sylvestre 2016. Cet accord avait permis le maintien au pouvoir de M. Kabila, moyennant l'organisation d'élections fin 2017, qui ont finalement eu lieu le 30 décembre 2018.

L'opposant Katumbi regagne Lubumbashi

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