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L'étau se resserre autour d'Alexis Thambwe Mwamba, chef du Sénat congolais


Le président du Sénat de la RDC, Alexis Thambwe Mwamba (à g.), au Palais du peuple, Kinshasa, RDC, 23 novembre 2020. (Twitter/Sénat RDC)

Le président du Sénat de la République démocratique du Congo, Alexis Thambwe Mwamba, fait face à une double offensive judiciaire et politique, quatre jours après la démission forcée du Premier ministre issu du FCC, sa famille politique, a-t-on appris mardi des source judiciaire et parlementaire.

Lundi, le procureur de la Cour de cassation a sollicité le bureau du Sénat pour qu'il "autorise l'instruction" à charge contre le président du Sénat Alexis Thambwe Mwamba "pour détournement des deniers publics et lui permettre ainsi de présenter ses moyens de défense", selon une lettre dont une copie est parvenue à l'AFP.

Le présumé détournement concerne "deux millions d'euros" et "un million de dollars" que le sénateur Thambwe Mwamba, 77 ans, s'est fait remettre "à sa résidence" le 6 janvier, affirme le procureur Victor Mumba dans cette lettre adressée "aux membres du Bureau du Sénat".

Cette requête contre l'élu de la province du Maniema, proche de l'ancien président Joseph Kabila, intervient quatre jours après la déchéance du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, à l'issue d'un vote contre son gouvernement à l'Assemblée nationale.

En pleine vacances parlementaires, les sénateurs ont été convoqués mardi par M. Thambwe Mwamba pour l'examen et l'adoption du projet de loi autorisant la ratification par la RDC de l'accord portant création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), voulue par le président Félix Tshisekedi.

Le même jour, une motion de censure signée par 64 sénateurs sur 109 au total, a été déposée contre l'ensemble des membres du bureau du sénat, sauf son vice-président Samy Badibanga, un pro-Tshisekedi.

Le sénat reste majoritairement contrôlé par les partisans de l'ex-président Kabila.

Pendant la période des vacances parlementaires, le bureau du Sénat est habilité à autoriser ou à s'opposer à des poursuites contre un sénateur.

Jeanine Mabunda, ancienne présidente de l'Assemblée nationale de la RDC, à Beni, au Nord-Kivu, RDC, le 18 février 2020. (Twitter/Assemblée nationale de la RDC)
Jeanine Mabunda, ancienne présidente de l'Assemblée nationale de la RDC, à Beni, au Nord-Kivu, RDC, le 18 février 2020. (Twitter/Assemblée nationale de la RDC)

Le chef de l'État Félix Tshisekedi a signé sa première victoire le 10 décembre en retournant en sa faveur la majorité à l'Assemblée nationale, ce qui a conduit à la destitution de sa présidente pro-Kabila, Jeannine Mabunda et son bureau.

Mandaté par le président Tshisekedi pour identifier une nouvelle majorité à la chambre basse du parlement, le sénateur Modeste Bahati a indiqué le 28 janvier dans un son rapport qu'il existait désormais une majorité pro-Tshisekedi de 391 députés sur les 500.

M. Tshisekedi avait été proclamé vainqueur des élections du 30 décembre 2018, qui avaient permis à M. Kabila de garder le contrôle du Parlement. Les résultats officiels avaient été largement contestés par une partie de l'opposition.

Martin Fayulu, arrivé en deuxième position selon les résultats officiels, continue de réclamer "la vérité des urnes".

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